Un media
marocain a présenté un article consacré aux archives de Vincennes et aux
événements d'El Arja et de Ksar Ich qui relève d'une opération de communication
bien rodée : instrumentaliser la complexité des archives coloniales et la
détresse de quelques exploitants agricoles pour remettre en cause des réalités
géopolitiques intangibles. Une note parlementaire d'un député colonial
(Sabattier) n'a jamais représenté un acte juridique ou un traité international.
C'était un document de travail parlementaire reflétant les débats internes aux
factions coloniales françaises (certains plaidant pour l'extension de
l'Algérie, d'autres pour des accords avec le Sultan.
L'auteur s'appuie sur une note de 1886 d'un député français (Sabattier)
pour affirmer que la France "savait" que ces terres étaient
marocaines. Une note parlementaire d'un député colonial (Sabattier) n'a
jamais représenté un acte juridique ou un traité international. C'était un
document de travail parlementaire reflétant les débats internes aux factions
coloniales françaises (certains plaidant pour l'extension de l'Algérie,
d'autres pour des accords avec le Sultan
La
réouverture récurrente de la question des frontières par la presse marocaine ne
relève pas de la quête historiographique, mais d'une stratégie d'agitation
politique. Face à cette tentative d'altération des faits, une mise au point
ferme et argumentée s'impose
Une
idéologie expansionniste dangereuse : Cette rhétorique s'inscrit en droite ligne avec la
vieille doctrine du « Grand Maroc », un projet expansionniste qui a
historiquement prétendu englober des territoires algériens, mauritaniens et
sahraouis.
Une menace
pour la stabilité régionale : Tenter d'entretenir un irrédentisme territorial à
partir d'archives coloniales tronquées fragilise l'équilibre sécuritaire déjà
précaire du Maghreb et viole l'esprit de coexistence pacifique entre les
peuples de la région.
La narration
victimaire autour d'El Arja (2021) et de Ksar Ich procède d'un déni des
réalités sécuritaires frontalières.
De la
tolérance unilatérale à la souveraineté : Pendant des décennies, l'Algérie a fait preuve d'une
tolérance de bon voisinage en laissant des agriculteurs marocains accéder de
fait à des terres situées sur le sol souverain algérien. Une tolérance n'a
jamais valant droit acquis.
Impératifs
de sécurité nationale : La décision de fermer l'accès à ces zones s'inscrit dans le cadre de la
protection des frontières nationales contre la contrebande, les infiltrations
et le narcotrafic transfrontalier. Tout État souverain possède le droit
inaliénable de contrôler l'accès à son territoire et d'y appliquer ses lois.
Rejeter la manipulation de
l'histoire coloniale et l'inversion des rôles
Accuser
l'Algérie de perpétuer une « dépossession coloniale » constitue un contresens
historique majeur et une provocation inacceptable. L'Algérie, fille de ses
œuvres et de son sang : L'Algérie contemporaine n'est pas l'héritière
passive de « l'Algérie française », mais le fruit d'une Guerre de Libération
Nationale héroïque qui a arraché son territoire au prix de lourds sacrifices
dans les limites territorialement établies. Insulte aux luttes anticoloniales : Présenter l'État algérien
souverain comme un « colonisateur » poursuivant l'œuvre de l'administration
française de 1886 est une inversion coupable des rôles. Cette dialectique tente
absurdement de transformer les libérateurs d'hier en oppresseurs d'aujourd'hui
pour justifier des prétentions territoriales illégitimes.
Conclusion
La
souveraineté de l'Algérie sur l'ensemble de son territoire national n'est ni
négociable, ni sujette aux interprétations opportunistes de notes
parlementaires du XIXᵉ siècle. Le respect des traités signés et le strict
alignement sur le droit international restent les seules voies valables pour
garantir la sécurité et la stabilité de la région.
A/Kader Tahri /
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. »
https://kadertahri.blogspot.com/
