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La « croisade du garage » : quand Valeurs Actuelles découvre le martyre en banlieue d’Oran : (Archives)

En réponse à cet article de Valeurs Actuelles, je tiens à préciser que ces personnes se sont réunis dans un lieu non conforme pour pratiquer un culte (Garage) dans un Douar el Ayaïda (Aïn El Bia, Bethioua, wilaya d’Oran) est une localité. Douar el Ayaïda se trouve à proximité de la localité d'Aïn el Bya, ainsi que de la petite ville de Hassi Mefsoukh.  

On constate depuis fort longtemps que les missionnaires  chrétiens en terre musulmane exercent le prosélytisme avec coercition, persuasion malhonnête, ou simplement peu loyale avec un manque au respect de la liberté autrui, dans l’annonce de leur Évangile supposé apporté une vérité toute relative alors que  la religion chrétienne avec une foi émotionnelle, superficielle semble à se  réclame avoir le monopole de la vérité.  Des ONG s’inquiètent  et apportent l’aide aux plus vulnérables, sans distinction de race ou de religion, au nom des catholiques du monde entier sauf en Territoire Occupée de la Palestine, les palestiniens ne sont pas donc considérés comme des personnes vulnérables. Comme c’est beau la Charité catholique.

Ah, Valeurs Actuelles ! Toujours en première ligne quand il s’agit de verser une larme sélective sur la « persécution » des chrétiens à l’autre bout du monde, tout en expliquant du lundi au vendredi que les lois de la République française doivent s'appliquer sans concession chez nous. Mais attention : dès qu'il s'agit de l'Algérie, le respect des règles d’urbanisme et du droit local devient soudain un « crime contre l'esprit », et le moindre contrôle de police dans un garage transformé en temple clandestin prend des airs de grand martyre sous l'Empereur Néron.

Accrochez-vous à vos rosaires : l’article nous sort le grand jeu. « En Algérie, terre de Saint-Augustin... » Rien que ça ! On nous convoque le théologien du IVe siècle pour légitimer douze illuminés du XXIe siècle réunis en catimini dans un garage de Douar el Ayaïda, à côté d'Aïn el Bya et de Hassi Mefsoukh. On repassera pour le prestige architectural de la cathédrale.

Car de quoi parle-t-on exactement ? D'un obscur "House of Refuge", fermé administrativement depuis 2019 par la justice locale — sans doute par pure méchanceté tebbounienne —, mais où l'on continue poliment de braver les lois en pratiquant le culte clandestin dans la pièce à côté. En France, un lieu de prière clandestin ou un commerce non conforme fermé par la préfecture qui rouvre dans le garage d'à côté s'appelle une infraction. À Oran, sous la plume de nos grands défenseurs de la civilisation judéo-chrétienne, cela devient une « cellule de résistance de la foi ».

Mais la vraie farce est ailleurs.

On nous vend ces officines évangéliques comme de saintes ONG pleines de bonté, venues distribuer des sourires, de l'amour et des Bibles aux « femmes vulnérables ». C’est tellement beau qu’on en sortirait son mouchoir. Ce qu’on oublie juste de vous dire, c’est que sous le masque de la charité chrétienne se cache trop souvent le bon vieux prosélytisme des familles : de la persuasion peu loyale, un ciblage cynique de la misère humaine et un zèle missionnaire agressif pour rallier du fidèle à la chaîne. La foi émotionnelle version "Gospel & Business", où l'on prétend détenir le monopole de la Vérité absolue en distribuant des colis alimentaires.

Curieusement, cette même charité « universelle » et ces grandes ONG internationales qui s'émeuvent du sort d'un garage oranais perdent mystérieusement leur voix quand il s'agit des chrétiens ou des civils de Palestine. Là-bas, sous les bombes en Territoire Occupé, la vulnérabilité semble tout de suite beaucoup moins télévisuelle. On ne repère plus aucun martyr à honorer dans les colonnes de la droite rance. Comme c'est commode !

Personne n'a de problème avec le chrétien lambda qui vit sa foi dans le respect et la discrétion. Mais en Algérie, jusqu'à preuve du contraire, la liberté de conscience n'a jamais été un permis de chasser les âmes dans la clandestinité juridique. On a encore le droit souverain de dire NON à la croisade évangélique en kit et à l'imposture des marchands de temple.

Alors, messieurs les scribes de Valeurs Actuelles, gardez vos sanglots de commande pour vos lecteurs du XVIe arrondissement. Le 4 septembre à Bethioua, la police n'a pas arrêté des martyrs de la Chrétienté : elle a simplement rappelé à des missionnaires du dimanche qu'un garage privé n'a jamais fait office de cathédrale, et que la souveraineté d'un pays ne se dissout pas dans le zèle d'une ONG.

En Algérie, Nous avons bien le droit de refuser l’évangélisation !

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça.