Le Zèle des Juifs : Quand la Diaspora se rêve plus Royale que le Roi :

Une citation d’Albert Camus afin d’illustrer le propos : « La liberté est un droit, mais elle n’est jamais complète tant que la parole est muselée. »

Il y a quelque chose de fascinant, presque clinique, dans le spectacle de cette « élite » hexagonale qui s’agite autour de la loi Yadan. On présente au citoyen français un texte censé traquer « l’hydre » antisémite, mais qui ressemble surtout à une muselière dorée, forgée dans les salons parisiens par des zélotes qui, manifestement, n’ont pas reçu les dernières nouvelles du front de la réalité.

Le Paradoxe du Miroir Déformant

Le texte que nous analysons souligne une vérité presque comique : en France, une poignée d’intellectuels en charentaises et de politiciens en quête de boussole défendent une ligne plus rigide que l’état-major de Tsahal. C’est le syndrome du « plus royaliste que le roi », ou plutôt du « plus sioniste que le Sabra ».

Pendant qu’à Tel-Aviv, on manifeste, on hurle, on critique l’occupation et on dissèque les failles du gouvernement sans finir au fer rouge, les « gardiens de la vertu » parisiens, Caroline Yadan en tête, veulent imposer une police de la pensée. Leur concept ? L’antisionisme serait le cache-sexe de l’antisémitisme. Pratique. C’est le couteau suisse de la censure : une lame pour couper la parole, une pince pour extraire la nuance, et un poinçon pour marquer au front quiconque ose suggérer que Benjamin Netanyahu n’est pas un saint laïc mais un criminel de guerre.

La Sainte Alliance de la Carpe et du Lapin

Le spectacle devient franchement grotesque quand on observe la valse-hésitation entre le Rassemblement National et les promoteurs de cette loi. Voir Jordan Bardella jouer les pèlerins de la sécurité à Jérusalem pour faire oublier l’odeur de soufre de son héritage politique, c’est un peu comme voir un loup se faire refaire les dents pour mieux vendre du dentifrice bio.

Et que dire de leurs médias « mainstream », ces choristes du consensus qui, derrière Laurence Ferrari ou d’autres pyromanes de plateau, transforment l’information en catéchisme ? On ne discute plus, on communie. On n'analyse pas, on excommunie. Le refus de voir la réalité de Gaza n'est plus une opinion, c'est une cécité volontaire érigée en vertu journalistique.

L’Hydre et le Pompier-Pyromane

Le point d’orgue est atteint avec la figure de Jupiter-Macron. En invoquant « l’hydre » à tout bout de champ, le Président ne fait pas que de la sémantique ; il prépare le bûcher. En amalgamant tout, l’extrême gauche, l’islamisme, la critique politique dans un grand chaudron de « haine », il vide le mot « antisémitisme » de sa substance historique pour en faire une matraque électorale.

C’est là que le bât blesse, et que la brûlure commence à se faire sentir. À force de crier au loup (ou à l’hydre) dès qu’un citoyen s’inquiète du sort d’un enfant à Khan Younès, on ne protège pas les juifs de France ; on crée un climat d’asphyxie. On transforme un combat noble  la lutte contre le racisme en une entreprise de surveillance de masse où le simple fait de lire un rapport de B’Tselem pourrait bientôt vous valoir une visite de la patrouille idéologique.

Conclusion : Le Rire de Camus contre le Silence des Agneaux

Le texte initial se conclut par une citation de Camus sur la liberté. Quelle ironie ! Camus, l’homme de la mesure, utilisé pour justifier une loi de démesure.

Si la loi Yadan passe, ce ne sera pas une victoire contre la haine, mais le triomphe du ridicule tragique. La France sera ce pays étrange où l'on a plus de liberté de critiquer Israël à Jérusalem qu'à la Sorbonne. Un pays où la « protection » rime avec « extinction des feux » de l’intelligence.

Alors, rions. Rions de ce zèle de diaspora qui confond le débat avec le combat, et la critique avec le crime. Car si la France perd le droit de critiquer, elle  perd celui de penser. Et une démocratie qui ne pense plus n’est plus qu’un cadavre encombrant, parfumé aux bons sentiments de salon.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

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