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Miracle à Washington : le FMI découvre le pétrole (et la presse marocaine découvre le FMI) Archives

 

Quand la presse marocaine s'enflamme pour trois paragraphes tronqués du FMI sur l'économie algérienne, elle oublie bizarrement de jeter un coup d'œil à son propre relevé de compte. Retour sur un grand numéro d'amnésie sélective et de prestidigitation budgétaire.


Le grand frisson du diagnostic tronqué

C'est la grande frousse de la rentrée. Du côté de Rabat, la presse en fait ses choux gras, salive aux lèvres et tambour battant : l'Algérie serait au bord du gouffre, asphyxiée, ruinée, prête à vendre ses meubles et ses derniers coussins d'airbags ! La preuve ? Le FMI a parlé. Et quand le FMI parle, il paraît qu'il faut trembler en rythme.

On lit les tribunes enflammées avec des larmes plein les yeux. Des chiffres à faire blêmir un comptable sous perfusion : une dette publique projetée à 79 % en 2031, une planche à billets qui tourne à plein régime, et des réserves de change qui fondent comme neige sous le soleil du Sahara. Mon Dieu, quelle horreur ! On en oublierait presque de regarder ce que dit vraiment la fameuse note de Washington.

Car pour lire le FMI version « éditorialiste aux abois », il faut pratiquer l'art très sélectif du hachoir à texte. Casser le rapport en deux, jeter les morceaux gênants à la poubelle, et ne garder que la sauce piquante.

« Pour lire le FMI version éditorialiste aux abois, il faut pratiquer l'art très sélectif du hachoir à texte : jeter les morceaux gênants et ne garder que la sauce piquante. »

Oubliée, la croissance estimée « solide et dynamique » à 3,8 % ! Trappée, la mention d'une dette extérieure publique insignifiante (moins de 1 % du PIB) qui ferait rêver n'importe quel ministre des Finances occidental ! Amnésié, le coup de chapeau sur la sortie de la liste grise du GAFI, ou le matelas de réserves qui couvre encore plus de 12 mois d'importations ! Non, ce qu'il faut retenir, c'est que l'Algérie va fermer boutique en 2031. Précis, le calendrier de l'apocalypse.

Donneurs de leçons pieds et poings liés

Mais le sommet du comique troupier réside dans l'émetteur de la panique. Voir des gazettes s'extasier sur les sermons du FMI adressés au voisin algérien, c'est un peu comme regarder un naufragé pieds et poings liés à sa banque donner des cours de natation à un type qui a de l'eau jusqu'aux genoux.

Rappelons aux amnésiques du crédit que l'Algérie, aussi perfectible soit sa gestion budgétaire et aussi urgente soit la diversification de ses ressources, n'a aucune dette auprès du FMI. Elle ne passe pas ses trimestres à quémander des rallonges, à faire valider son budget par des fonctionnaires internationaux ou à cumuler une Ligne de Crédit de Flexibilité de 5 milliards de dollars complétée par une rallonge de 1,3 milliard, comme le fait le Royaume voisin dont la dette publique frôle les 70 % du PIB, avec 25 à 30 % de dette extérieure directement exposée aux marchés financiers.

La dette algérienne dont s'inquiète le FMI est une dette intérieure, libellée en dinars, contractée auprès de sa propre banque centrale. Un problème d'apothicaire national, de tuyauterie interne. Bref, un arbitrage souverain — discutable, dangereux si mal maîtrisé, mais strictement domestique. Pendant ce temps, d’autres font la queue au guichet du FMI depuis des décennies pour rembourser les intérêts des prêts précédents au prix d'une austérité féroce. Mais de cela, motus : le FMI n’est un « oracle » que lorsqu’il critique le voisin.


Moralité : Vérifiez votre propre compte courant !

La caricature est grosse, le trait est épais, mais la ficelle est usée. Faire passer une alerte technique sur la gestion de la rente pétrolière pour un certificat de décès économique relève de la prestidigitation de foire.

Quand la presse marocaine s'enflamme pour trois paragraphes tronqués du FMI sur l'économie algérienne, elle oublie bizarrement de jeter un coup d'œil à son propre relevé de compte. Retour sur un grand numéro d'amnésie sélective et de prestidigitation budgétaire.


Le grand frisson du diagnostic tronqué

C'est la grande frousse de la rentrée. Du côté de Rabat, la presse en fait ses choux gras, salive aux lèvres et tambour battant : l'Algérie serait au bord du gouffre, asphyxiée, ruinée, prête à vendre ses meubles et ses derniers coussins d'airbags ! La preuve ? Le FMI a parlé. Et quand le FMI parle, il paraît qu'il faut trembler en rythme.

On lit les tribunes enflammées avec des larmes plein les yeux. Des chiffres à faire blêmir un comptable sous perfusion : une dette publique projetée à 79 % en 2031, une planche à billets qui tourne à plein régime, et des réserves de change qui fondent comme neige sous le soleil du Sahara. Mon Dieu, quelle horreur ! On en oublierait presque de regarder ce que dit vraiment la fameuse note de Washington.

Car pour lire le FMI version « éditorialiste aux abois », il faut pratiquer l'art très sélectif du hachoir à texte. Casser le rapport en deux, jeter les morceaux gênants à la poubelle, et ne garder que la sauce piquante.

« Pour lire le FMI version éditorialiste aux abois, il faut pratiquer l'art très sélectif du hachoir à texte : jeter les morceaux gênants et ne garder que la sauce piquante. »

Oubliée, la croissance estimée « solide et dynamique » à 3,8 % ! Trappée, la mention d'une dette extérieure publique insignifiante (moins de 1 % du PIB) qui ferait rêver n'importe quel ministre des Finances occidental ! Amnésié, le coup de chapeau sur la sortie de la liste grise du GAFI, ou le matelas de réserves qui couvre encore plus de 12 mois d'importations ! Non, ce qu'il faut retenir, c'est que l'Algérie va fermer boutique en 2031. Précis, le calendrier de l'apocalypse.

Donneurs de leçons pieds et poings liés

Mais le sommet du comique troupier réside dans l'émetteur de la panique. Voir des gazettes s'extasier sur les sermons du FMI adressés au voisin algérien, c'est un peu comme regarder un naufragé pieds et poings liés à sa banque donner des cours de natation à un type qui a de l'eau jusqu'aux genoux.

Rappelons aux amnésiques du crédit que l'Algérie, aussi perfectible soit sa gestion budgétaire et aussi urgente soit la diversification de ses ressources, n'a aucune dette auprès du FMI. Elle ne passe pas ses trimestres à quémander des rallonges, à faire valider son budget par des fonctionnaires internationaux ou à cumuler une Ligne de Crédit de Flexibilité de 5 milliards de dollars complétée par une rallonge de 1,3 milliard, comme le fait le Royaume voisin dont la dette publique frôle les 70 % du PIB, avec 25 à 30 % de dette extérieure directement exposée aux marchés financiers.

La dette algérienne dont s'inquiète le FMI est une dette intérieure, libellée en dinars, contractée auprès de sa propre banque centrale. Un problème d'apothicaire national, de tuyauterie interne. Bref, un arbitrage souverain — discutable, dangereux si mal maîtrisé, mais strictly domestique. Pendant ce temps, d’autres font la queue au guichet du FMI depuis des décennies pour rembourser les intérêts des prêts précédents au prix d'une austérité féroce. Mais de cela, motus : le FMI n’est un « oracle » que lorsqu’il critique le voisin.


Tableau comparatif : Ce que révèlent les chiffres du FMI

Indicateur clé Algérie (Rapport FMI) Maroc (Données FMI)
Dette extérieure publique Quasi nulle (< 1 % du PIB) ~25 % à 30 % du PIB
Dette publique globale ~50 % à 55 % du PIB (100 % interne) ~67 % à 70 % du PIB
Programmes FMI actifs Aucun (Souveraineté budgétaire) LCF (5 Mds $) + FRD (1,3 Md $)
Couverture des importations > 12 mois de réserves Modérée (~5 à 6 mois)

Moralité : Vérifiez votre propre compte courant !

La caricature est grosse, le trait est épais, mais la ficelle est usée. Faire passer une alerte technique sur la gestion de la rente pétrolière pour un certificat de décès économique relève de la prestidigitation de foire.

Messieurs les cassandres : avant de prophétiser la faillite du voisin sur la base de trois paragraphes tronqués, vérifiez donc le solde de votre propre compte courant. Ça évitera de faire rire les banquiers.

Le mirage de Versailles : Quand la diplomatie française se prend pour un fast-food de luxe:

I. Le théâtre des vanités : Des dorures pour masquer la reculade

Emmanuel Macron vient d’offrir les ors du château de Versailles à Donald Trump sous prétexte de célébrer l’indépendance américaine. Le décor était somptueux, digne des plus grandes heures de la monarchie. Problème : si le plateau de cinéma était impeccable, le scénario, lui, a été écrit à la va-vite sur un coin de table par l'Oncle Sam.

Derrière les embrassades, la presse internationale ne s'y trompe pas : le fameux accord en 14 points signé avec l'Iran directement au milieu des dorures ressemble fort à une capitulation en habit de lumière. En figeant les positions au Liban et en ouvrant la voie à la levée du blocus, Washington efface ses propres lignes rouges. C'est le triomphe du cynisme transactionnel. Applaudir ce texte comme « un pas dans la bonne direction » relève d'une flagornerie pathétique envers un président américain qui a traité Versailles de « vrai truc, pas de la feuille d'or », tout en menaçant la veille de taxer le vin français à 100 %.

L'ombre des Gilets jaunes : Pour la presse anglo-saxonne, la véritable boussole de cette rencontre ne se trouvait pas dans les traités d'histoire, mais à la pompe à essence. Éviter un embrasement social en France grâce à la réouverture du détroit d'Ormuz valait bien toutes les courbettes du monde à Versailles.

II. Du Traité de 1919 au comptoir du McDo : L'ironie de l'histoire

À moins d'un an de la fin de son mandat, Emmanuel Macron cherche désespérément à sculpter sa statue pour la postérité. Les correspondants étrangers s'en amusent follement : il faut un sens de l'humour très particulier pour faire signer à Trump un accord de désengagement à Versailles, lieu historique par excellence de la capitulation et de la négociation forcée.

Mais les mises en scène ne dateront pas le bilan. Des promesses d'éthique balayées par l'affaire Benalla aux caisses de l'État vidées par une dette record, la réalité nationale est têtue. Cette manie d'utiliser les hauts symboles de la France pour "se faire mousser" auprès d'hôtes étrangers frise le ridicule. C'est l'histoire d'un chamelier qui montre les pyramides à un riche touriste américain en lui faisant croire que son grand-père a posé les pierres...

La presse de gauche a beau crier à l'attitude « obséquieuse », la vérité est encore plus cruelle : la cantine officielle de la Start-up nation, ce n'est pas Versailles, c'est le fast-food. Cela tombe bien, l'hôte américain adore les hamburgers !

En fin de compte, la diplomatie française aura joué le rôle de garçon de café de luxe. Le grand succès revendiqué par l'Élysée ? Avoir réussi à retenir Trump jusqu'à la fin du G7 d'Évian grâce à la promesse d'un bon dîner. À part avoir servi de resto et réglé l'addition, cette diplomatie du spectacle n'aura strictement servi à rien.

À lire, à partager et à méditer (sans majuscules d'État) ! sur https://wahrani31.substack.com/

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  

https://kadertahri.blogspot.com/