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Conseil de paix : critique marocaine, diplomatie algérienne

Depuis la publication de certains médias marocains, il semble nécessaire de remettre les pendules à l’heure. Critiquer l’Algérie pour son absence à une invitation ponctuelle relève moins d’une lecture objective que d’une tentative de transformer la visibilité en légitimité. La réalité, elle, est beaucoup plus simple : l’Algérie agit sur le terrain, avec constance et sérieux, tandis que certains cherchent la lumière pour masquer leurs frustrations.

Oui, l’administration américaine a constitué un Conseil de paix destiné à accompagner la stabilisation de Gaza. Mais être invité ne confère ni crédit moral absolu, ni autorité sur les solutions politiques. Critiquer l’Algérie pour sa non-participation ponctuelle est un tour de passe-passe médiatique : il transforme la présence en reconnaissance et la non-présence en prétendue faiblesse. Or l’Algérie a voté le plan américain à l’ONU et soutient activement les initiatives de dialogue et d’aide humanitaire. Elle agit, sans fanfare, sans besoin de gesticulations ni de campagnes de communication.

Le Maroc, dans son empressement à se poser en médiateur exclusif, oublie un principe fondamental de la diplomatie : l’action réelle prime sur la visibilité médiatique. Critiquer Alger pour sa discrétion, c’est confondre mise en scène et efficacité. La diplomatie algérienne ne mesure pas son influence aux invitations ponctuelles mais à la constance et à la crédibilité sur le long terme. Elle ne transforme pas chaque initiative en tribune médiatique et ne cherche pas à instrumentaliser le conflit pour gagner un capital symbolique.

Les médias marocains dénoncent une « manœuvre ambiguë » et estiment le Royaume voisin de supplanter l’Algérie, sans pour autant mentionné le prix du siège occupé. Mais ces accusations occultent la vérité : ce n’est pas l’Algérie qui est absente du dossier palestinien, ni qui cherche la controverse. C’est au contraire une lecture partiale et politisée, qui confond ego et stratégie, visibilité et légitimité.

Le Maroc se vante de son rôle historique et de sa reconnaissance internationale, mais il oublie qu’un Conseil de paix ne peut pas remplacer la constance d’une diplomatie responsable. Critiquer l’Algérie pour sa discrétion revient à inverser les valeurs : la constance et l’efficacité ne se mesurent pas aux caprices médiatiques.

En réalité, l’Algérie reste un acteur central dans le dialogue régional et dans le soutien au peuple palestinien. Elle agit sur le terrain, maintient la cohérence de sa politique et préserve son influence internationale. Les accusations marocaines révèlent moins un déficit algérien qu’un besoin de légitimation médiatique. L’Algérie, elle, construit sa diplomatie avec sérieux et pragmatisme. Elle ne répond pas aux campagnes de bruit, mais aux défis réels.

Moralité : critiquer l’Algérie pour ne pas être sous projecteur, c’est ignorer que la diplomatie se mesure à l’action, pas à l’image. Et sur ce terrain, l’Algérie continue d’avancer, silencieuse mais déterminée, pendant que certains s’épuisent à hurler dans les colonnes. Le problème, une fois encore, n’est pas l’Algérie. Le problème, c’est le Maroc et ses propres contradictions.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

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