Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Mohamed Ziane : Le Makhzen emprisonne ses propres défenseurs des droits humains :

À 83 ans, malade et détenu à l’isolement, Mohamed Ziane mène une grève de la faim dans les prisons marocaines. Ancien ministre des droits de l’homme, avocat et bâtonnier, il incarne aujourd’hui une vérité dérangeante : au Maroc, la justice est devenue une arme politique au service de la répression des voix critiques.

À 81 ans, Mohamed Ziane, ancien ministre délégué aux droits de l’homme, ancien bâtonnier du barreau de Rabat et figure majeure de la vie politique marocaine, a entamé une grève de la faim. Son état de santé est alarmant. Sa détention, elle, est accablante pour l’image d’un État qui se revendique réformateur tout en piétinant les principes les plus élémentaires de l’État de droit.

Le Comité des droits de l’homme des Nations unies a demandé au Maroc d’aménager sa peine pour des raisons humanitaires et médicales, dans l’attente d’un examen au fond de la plainte déposée en son nom par l’ONG AlKarama. Cette requête, fondée sur les engagements internationaux du Royaume, n’a pas seulement été ignorée : elle a été suivie d’une nouvelle procédure judiciaire, opportunément ressortie, portant sur un supposé détournement de fonds datant de 2015. Une manœuvre révélatrice d’un acharnement judiciaire assumé.

La condamnation à trois ans de prison que purge actuellement Mohamed Ziane ne peut être comprise indépendamment de son parcours et de ses prises de position. Longtemps proche du pouvoir, il devient indésirable lorsqu’il accepte de défendre des figures emblématiques de la contestation et du journalisme indépendant. En 2017, il assure la défense de Nasser Zefzafi, leader du Hirak du Rif, mouvement social violemment réprimé. Il se tient également aux côtés de journalistes poursuivis pour avoir exercé leur métier.

En novembre 2021, Mohamed Ziane accuse publiquement Abdellatif Hammouchi, chef tout-puissant de la police et des services de renseignement marocains, d’être à l’origine d’une campagne de diffamation contre lui. Peu avant, un média proche du pouvoir diffuse une vidéo à caractère sexuel censée l’impliquer. La mécanique est connue : utiliser les accusations dites de mœurs pour salir, humilier et disqualifier les opposants aux yeux de l’opinion.

La riposte institutionnelle est rapide. Le ministère de l’Intérieur porte plainte. Mohamed Ziane est convoqué à de multiples reprises par la Brigade nationale de la police judiciaire, parfois pour des faits sans lien avec la plainte initiale. Une autre accusation, déposée par une ancienne cliente, vient alourdir le dossier. Le 30 novembre 2021, il est inculpé pour onze chefs d’accusation, amalgamant des dossiers hétérogènes dans une même procédure, en violation des principes fondamentaux d’un procès équitable.

La suite judiciaire confirme la dérive. En février 2022, Mohamed Ziane est condamné à trois ans de prison sans motivation claire des faits retenus. En appel, l’affaire est expédiée en une seule audience, sans la présence de l’accusé ni de son avocat, faute de convocation. La condamnation est confirmée le 21 novembre 2022. Mohamed Ziane est arrêté le jour même, sans mandat de dépôt conforme. L’ordonnance d’incarcération ne sera émise que plusieurs jours plus tard, en contradiction flagrante avec le droit marocain et les standards internationaux.

Depuis, Mohamed Ziane est détenu à l’isolement. Une heure de sortie quotidienne, seul, dans une petite cour. Un régime de détention qui, au regard de son âge et de son état de santé — pathologies cardiaques, rénales, vertébrales et prostatiques — s’apparente à un traitement cruel, inhumain et dégradant. Les soins médicaux adaptés lui sont refusés dans des conditions dignes, l’administration pénitentiaire exigeant qu’il soit menotté et revêtu d’une tenue carcérale lors des consultations externes. Sa grève de la faim est devenue un acte de survie autant qu’un acte politique.

Le cas de Mohamed Ziane n’est pas une anomalie : il est un symptôme. Depuis plusieurs années, le Maroc s’enfonce dans une spirale répressive. Après l’illusion d’ouverture née du mouvement du 20 février 2011, l’espace public s’est progressivement refermé. Médias indépendants muselés, journalistes emprisonnés, blogueurs et défenseurs des droits humains poursuivis pour leurs opinions, accusations d’atteinte au roi ou de mœurs instrumentalisées : la dissidence est criminalisée.

Emprisonner Mohamed Ziane, ancien ministre des droits de l’homme, revient à envoyer un message glaçant : nul n’est à l’abri, pas même ceux qui ont servi l’État, dès lors qu’ils refusent de se taire. Ce n’est pas seulement un homme que l’on cherche à briser, mais un avertissement adressé à toute la société.

Aménager sa peine, garantir son accès aux soins et mettre fin à l’acharnement judiciaire ne relèvent pas d’un geste humanitaire, mais d’une obligation légale. À défaut, le Maroc devra assumer pleinement ce qu’incarne désormais Mohamed Ziane : le visage d’un régime qui emprisonne ses propres défenseurs des droits humains pour préserver l’impunité du pouvoir.

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                   « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme https://kadertahri.blogspot.com/

Banque d’Algérie : quand c’est la coercition, c’est l’échec bancaire :

Interdire les dépôts en cash sans alternative bancaire : une décision qui pénalise les commerçants, nourrit l’informel et met le feu aux tensions sociales
Il n’y a plus d’ambiguïté possible.
La décision du 23 décembre 2025 de la Banque d’Algérie, interdisant de fait les dépôts en espèces dans les comptes commerciaux, n’est pas une erreur technique ni un excès de zèle administratif. C’est un acte politique. Un acte de violence institutionnelle assumée. Une déclaration de guerre froide à l’économie réelle.
Sous couvert de « gestion du risque » et de « conformité », l’État financier algérien a choisi de criminaliser une pratique qu’il a lui-même produite. Pendant plus de dix ans, il a laissé l’économie fonctionner presque exclusivement en cash, refusant d’investir sérieusement dans les paiements électroniques, sabotant la bancarisation par la bureaucratie, l’arbitraire et l’humiliation quotidienne des usagers. Aujourd’hui, il transforme cette défaillance systémique en faute sociale, et fait porter le coût de son échec à ceux qui travaillent.
Il faut le dire clairement : ce ne sont pas les commerçants qui ont choisi le cash, c’est l’État qui leur a refusé toute alternative crédible. Dans un pays où l’électronique bancaire est instable, rare, coûteuse et peu fiable, interdire le dépôt d’espèces revient à interdire l’activité économique elle-même. C’est une strangulation administrative.
Cette mesure ne s’attaque pas à l’économie informelle prédatrice, organisée, hors de portée de l’administration. Elle frappe les plus visibles, les plus vulnérables, les plus contrôlables : petits commerçants, artisans, prestataires, micro-entreprises. Ceux qui payent déjà impôts, taxes, amendes, et qui servent de variable d’ajustement permanente à un État incapable de réformer ses propres structures.
En réalité, l’objectif n’est pas la formalisation. C’est la discipline.
Discipliner une société soupçonnée par principe. Discipliner des acteurs économiques considérés non comme des partenaires, mais comme des suspects. Cette décision s’inscrit dans une longue tradition algérienne de gouvernance punitive, où l’État préfère punir les pratiques sociales plutôt que les comprendre, les accompagner et les transformer.
Ibn Khaldûn décrivait déjà ce moment précis de la trajectoire des États : lorsque le pouvoir, coupé de la société réelle, multiplie les interdits et les prélèvements, croyant renforcer son autorité, il accélère en réalité la destruction de la richesse et la désagrégation du lien social. La Banque d’Algérie est aujourd’hui exactement à ce stade : celui où la rigidité remplace l’intelligence, et la contrainte remplace la politique économique.
Mohamed Harbi l’a analysé sans détour : l’État algérien s’est construit dans une méfiance structurelle envers sa propre société. Il gouverne par circulaires, par soupçon, par injonction, jamais par contrat. Cette note bancaire est l’expression chimiquement pure de cette culture : aucun dialogue, aucune phase transitoire, aucune alternative opérationnelle. Juste l’ordre.
Pierre Bourdieu parlerait ici d’une violence symbolique maximale : l’État impose sa domination non par la force physique, mais en redéfinissant la légitimité même de l’activité économique. Le message est brutal : travailler ne suffit plus, il faut être conforme à un système volontairement inadapté. Ceux qui ne peuvent pas s’y plier sont renvoyés à l’illégalité.
Pierre Clastres, lui, rappellerait une vérité que l’État algérien feint d’ignorer : plus le pouvoir cherche à contrôler la société, plus celle-ci se réorganise hors de lui. Cette décision ne supprimera pas le cash. Elle le rendra clandestin. Elle ne réduira pas l’informel. Elle l’étendra. Elle ne restaurera pas la confiance. Elle l’anéantira.
Les conséquences sont parfaitement prévisibles : explosion des circuits parallèles, thésaurisation, recul de la bancarisation, hausse des prix, pression accrue sur le dinar, et, surtout, radicalisation sociale. Dans un contexte déjà marqué par la fatigue économique, la perte de pouvoir d’achat et la colère silencieuse, cette décision agit comme un accélérateur de crise.
Empêcher des citoyens de déposer l’argent qu’ils gagnent légalement, tout en exigeant d’eux qu’ils paient impôts et charges, ce n’est pas gouverner. C’est provoquer. Ce n’est pas réformer. C’est rompre le pacte minimal entre l’État et la société.
La vérité est brutale : la Banque d’Algérie et le ministère des Finances ne luttent pas contre l’informel. Ils tentent de masquer leur faillite stratégique en punissant l’économie vivante. Incapables de moderniser le système bancaire, ils choisissent la solution la plus dangereuse : la répression administrative de la survie sociale.
Un État qui agit ainsi ne se renforce pas. Il s’isole. Il se fragilise et il entraîne avec lui un pays déjà sous tension.
Ibn Khaldûn, Harbi, Bourdieu et Clastres n’y verraient pas une surprise. Ils y reconnaîtraient un symptôme classique : celui d’un pouvoir qui, ayant perdu la capacité de réformer, se contente de contraindre — jusqu’à l’asphyxie

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                  « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

Quand la presse française fabrique un fantasme sur l’Algérie : de l’information à la propagande :

La presse française parle du « régime de Tebboune » et accuse l’Algérie de « refouler 24 000 migrants ». Mais le rapport officiel parle uniquement d’appréhensions, et jamais de refoulements massifs. Cette rhétorique idéologique nie la souveraineté algérienne, falsifie les faits et applique un double standard européen. Voici pourquoi il est temps de dire stop à la propagande et de rétablir la vérité.

Parler du « régime de Tebboune » n’est pas informer. C’est insulter un pays souverain, réduire l’Algérie à l’image d’un seul homme, et nier l’existence de ses institutions. Cette rhétorique, employée à répétition par certains médias français, est idéologiquement chargée, infantilisante et profondément coloniale. L’Algérie n’est pas un décor pour fantasmes occidentaux : c’est un État avec un gouvernement, des institutions, une armée nationale et une histoire de souveraineté. Ignorer cela relève d’un mépris assumé.

Le cœur de la manipulation repose sur un faux chiffre et un verbe falsifié : « 24 000 migrants refoulés ». Le rapport officiel du ministère algérien de la Défense nationale parle d’appréhensions, mot précis et neutre. Appréhender ≠ refouler. Transformer une donnée administrative en accusation politique est un mensonge volontaire, une technique classique de sensationnalisme : prendre un fait exact, y coller un verbe faux, et créer une indignation artificielle. C’est exactement ce que fait cet article, qui confond information et propagande.

La suite est tout aussi révélatrice : le texte s’appuie sur des ONG occidentales et des médias français, sans jamais citer les autorités algériennes ni contextualiser la situation sahélienne. On passe sous silence que l’Algérie protège des milliers de kilomètres de frontières sahariennes dans un contexte de guerre, d’insécurité et d’effondrement étatique dans le Sahel. Contrôler ces frontières est un acte de souveraineté et de sécurité nationale, pas un choix moral ou idéologique à critiquer pour faire sensation.

Le contraste avec l’Europe est édifiant et révèle un double standard indéfendable. Quand Frontex, l’Espagne ou l’Italie refoulent des centaines de milliers de migrants chaque année, aucun titre alarmiste n’accuse « le régime Macron » ou « le régime Meloni » de brutalité. La même presse qui vilipende l’Algérie ferme les yeux sur des expulsions massives, des renvois en mer ou vers des pays tiers, souvent dans des conditions inhumaines. Mais dès que l’Algérie applique sa souveraineté sur son propre territoire, c’est une « violence d’État » inacceptable. Cette indignation sélective est non seulement hypocrite, mais totalement raciste et postcoloniale.

Plus encore, la rhétorique médiatique nie les réalités humaines et géopolitiques de la région. Les migrants interceptés par l’Algérie ne sont pas expulsés vers nulle part : ils sont pris en charge dans le cadre de la législation nationale et des capacités disponibles. La presse qui raconte l’inverse ignore volontairement la complexité de la situation : routes migratoires périlleuses, criminalité organisée, zones désertiques dangereuses, trafic d’êtres humains, instabilité des États voisins. Réduire cela à « des refoulements massifs » est une falsification grossière des faits, destinée à nourrir un récit moraliste et sensationnaliste.

L’utilisation d’un vocabulaire idéologisé ne s’arrête pas au titre. Parler de « vague de refoulement » ou de « politique inhumaine assumée » est une construction rhétorique qui transforme des faits administratifs en accusation morale, tout en niant le droit d’un État à protéger ses frontières et ses citoyens. L’Algérie est ainsi présentée comme irrationnelle, brutale et arbitraire, quand elle ne fait que appliquer les principes élémentaires de souveraineté nationale que n’importe quel État du monde appliquerait dans la même situation.

Enfin, cette couverture médiatique participe d’une instrumentalisation politique des migrants, qui masque la responsabilité européenne dans la crise migratoire. L’Algérie est accusée de brutalité, pendant que l’Europe externalise massivement ses expulsions vers la Libye, le Maroc ou la Méditerranée, avec des milliers de morts. La presse occidentale, en refusant ce miroir, impose une morale sélective : les Africains doivent être parfaits, les Européens peuvent tout.

En résumé, cet article n’informe pas. Il ment, manipule les faits, utilise un vocabulaire idéologisé, nie la souveraineté algérienne et applique un double standard scandaleux. Il ne s’agit pas de journalisme : c’est un récit hostile, politique et moraliste, conçu pour culpabiliser l’Algérie tout en la déshumanisant. C’est un récit hostile et politique, qui transforme l’information en propagande. L’Algérie n’est pas une marionnette pour satisfaire les fantasmes des extrémistes. Elle est un État souverain, et sa souveraineté n’est pas négociable.

Assez de ce journalisme colonialiste d’une France vassale: la vérité, les faits et le respect des États africains doivent primer. Sinon, on n’aura plus jamais d’information, seulement des récits idéologiques et moralisateurs.

L’Algérie mérite d’être respectée comme un État souverain, capable de protéger ses frontières et ses citoyens, plutôt que caricaturée et condamnée par une presse obsédée par ses fantasmes postcoloniaux. Assez de ce journalisme idéologique qui vient d’un état vassal : la vérité, les faits et la souveraineté ne sont pas négociables.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                            Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça https://kadertahri.blogspot.com/

 


Crise diplomatique Algérie-Émirats : vers un tournant historique dans le Golfe et le Maghreb

La question centrale est la protection de l’intégrité nationale face à des ingérences extérieures. Une rupture diplomatique totale serait un signal fort pour la région et la scène internationale

Les récentes dépêches évoquant une possible rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et les Émirats arabes unis (EAU) ne sont pas simplement le reflet d’un différend bilatéral. Elles illustrent une dynamique régionale plus profonde, où souveraineté nationale, intérêts stratégiques et équilibres géopolitiques se confrontent de manière directe et souvent inattendue. Si Alger devait concrétiser cette rupture, ce serait un geste d’une portée historique, non seulement pour les deux pays concernés, mais pour l’ensemble du Maghreb et du Moyen-Orient.

Une menace perçue contre la souveraineté nationale

Selon les autorités algériennes, cette escalade trouve son origine dans des actions émiraties considérées comme hostiles. Le soutien présumé à des mouvements séparatistes, tels que le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, classé organisation terroriste, constitue une ligne rouge. Des enquêtes sont en cours sur des financements étrangers et sur des démarches visant à protéger et soutenir certaines figures séparatistes. Pour Alger, il s’agit d’une tentative d’internationalisation d’une question interne — perçue comme une atteinte directe à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’État.

À ce stade, l’affaire dépasse le cadre d’un différend diplomatique classique. Elle est désormais vue comme une menace stratégique pour la sécurité nationale, imposant une réévaluation complète des relations avec Abou Dhabi.

Une rupture qui serait historique

Les relations diplomatiques restent officiellement en place, mais leur état est décrit comme extrêmement tendu. Les options à l’étude vont du simple rappel d’ambassadeurs à une rupture totale, ce qui constituerait un précédent notable dans la politique étrangère algérienne. Les conséquences, tant diplomatiques qu’économiques, seraient considérables et pourraient modifier durablement certains équilibres régionaux. Plus qu’un geste symbolique, cette décision serait une affirmation claire : l’Algérie ne transigera pas sur son intégrité nationale.

Un contexte régional en mutation

Cette crise ne peut se comprendre sans considérer les rivalités au sein du Golfe. Les relations entre l’Arabie saoudite et les Émirats montrent que les ambitions locales peuvent entrer en conflit avec les intérêts stratégiques collectifs. Riyad, désormais moins disposé à tolérer ce qu’elle considère comme un « aventurisme stratégique » émirati, a choisi une diplomatie plus assertive. Toute action concurrente ou hostile dans les zones où l’Arabie saoudite dispose d’intérêts stratégiques sera désormais contestée de manière ouverte.

Dans ce contexte, l’Algérie est confrontée à un acteur dont l’expérience diplomatique et l’ancrage historique semblent limités, rendant le dialogue stratégique difficile et les tentatives de médiation largement infructueuses.

Les limites structurelles des modèles du Golfe

Cette crise illustre aussi les fragilités systémiques des États du Golfe. Leur modèle social, fondé sur un contrôle étroit des populations et sur la dépendance aux puissances extérieures, ne favorise ni le développement intellectuel autonome ni la construction d’une société capable de produire durablement savoir et idées. La puissance économique et militaire des EAU repose sur une dépendance stratégique : protégés par des alliés puissants, mais soumis à leurs exigences et contraintes.

Cette contradiction est au cœur de l’instabilité régionale. Si les Émirats disposent de moyens financiers et militaires considérables, leur capacité à conduire une politique étrangère véritablement autonome reste limitée. Tout bouleversement interne, tout changement de leadership, pourrait avoir des conséquences immédiates et imprévisibles pour le Golfe et le Maghreb.

L’Algérie face à un test stratégique

Pour l’Algérie, cette crise est un test de souveraineté et de capacité à protéger ses intérêts nationaux. La rupture éventuelle avec les Émirats ne serait pas un acte impulsif, mais un choix stratégique réfléchi. Elle constituerait un signal clair adressé à ses partenaires régionaux et internationaux : la souveraineté et l’intégrité nationale demeurent non négociables.

Au-delà des seuls enjeux bilatéraux, cette situation souligne l’importance d’une diplomatie réaliste et fondée sur l’analyse des rapports de force régionaux et globaux. Elle rappelle que la stabilité et la cohérence dans les relations internationales ne sont pas des acquis, mais le résultat d’une vigilance constante et d’une capacité à défendre ses intérêts avec détermination.

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Makhzen est sa croissance en trompe-l’œil : quand la presse marocaine abuse de la crédulité du citoyen :

La presse marocaine déforme les prévisions de Standard Chartered. Analyse critique d’une croissance en trompe-l’œil et d’une désinformation économique assumée.

Il faut désormais appeler les choses par leur nom. Le traitement médiatique des dernières prévisions de Standard Chartered sur l’économie marocaine ne relève ni de l’optimisme, ni de la simplification pédagogique. Croissance économique Maroc, Standard Chartered Maroc, presse marocaine économie, manipulation médiatique, désinformation économique, HCP Maroc croissance, FMI Maroc rapport, Banque mondiale Maroc économie, pouvoir d’achat Maroc, investissement public Maroc, Coupe du monde 2030 économie

À force de titres flatteurs et de reprises sans esprit critique, une partie de la presse marocaine ne désinforme plus par ignorance, mais par choix.

Une manipulation par sélection : l’art de dire vrai en mentant

Le chiffre de 4,5 % de croissance en 2026 est martelé comme une victoire. Pourtant, Standard Chartered précise noir sur blanc que cette croissance est inférieure à celle estimée pour 2025 (4,8 %). Il s’agit donc d’un ralentissement, pas d’une accélération.

Ce simple fait, vérifiable par n’importe quel lecteur, est soit passé sous silence, soit volontairement neutralisé par un vocabulaire creux : « trajectoire solide », « position favorable », « dynamique soutenue ». Le procédé est connu : on ne ment pas sur les chiffres, on ment sur leur signification.

Ce que la presse ne dit pas mais que les institutions disent clairement

Contrairement au récit enjolivé, aucune grande institution internationale ne parle de décollage économique du Maroc. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) rappelle régulièrement que la croissance reste volatile, fortement dépendante des chocs climatiques, et insuffisante pour absorber le chômage structurel, notamment celui des jeunes diplômés. Le FMI souligne, dans ses consultations au titre de l’article IV, que la croissance marocaine demeure tirée par la demande et l’investissement public, avec des marges limitées en matière de productivité et de création d’emplois de qualité. La Banque mondiale insiste sur les faiblesses persistantes du capital humain, les inégalités territoriales et la faible contribution de l’industrie à la valeur ajoutée.

Ces constats sont publics, documentés et récurrents. Pourtant, ils disparaissent mystérieusement lorsque la presse décide de transformer un rapport prudent de Standard Chartered en bulletin de victoire économique.

Une croissance portée par l’État, pas par l’économie réelle

La croissance mise en avant repose essentiellement sur : des investissements publics massifs, liés à des événements exceptionnels comme la Coupe du monde 2030, une résilience du tourisme et des transferts des Marocains résidant à l’étranger, une désinflation conjoncturelle, plus subie que maîtrisée.

Autrement dit, il s’agit d’une croissance administrée, contextuelle et peu inclusive. Rien n’indique une transformation structurelle profonde, ni une amélioration tangible du pouvoir d’achat pour la majorité des ménages — un point pourtant central pour le citoyen.

Le silence coupable sur les risques majeurs

Standard Chartered évoque clairement : un creusement du déficit courant, une hausse des importations de biens d’équipement, des tensions sociales potentielles, une dépendance persistante aux financements extérieurs.

Ces alertes sont soit minimisées, soit reléguées en fin d’article, comme si elles étaient accessoires. Ce choix éditorial n’est pas neutre. Il contribue à désarmer intellectuellement le citoyen, à l’empêcher de comprendre les arbitrages économiques réels et à étouffer toute culture du débat.

Une presse qui abdique sa mission

Informer, ce n’est pas rassurer. Informer, ce n’est pas accompagner la communication officielle. Informer, c’est expliquer, contextualiser, comparer et parfois déranger.

En reprenant sans distance critique des analyses internationales pour leur faire dire ce qu’elles ne disent pas, une partie de la presse marocaine trahit sa mission fondamentale. Elle ne joue plus le rôle de contre-pouvoir, mais celui de courroie de transmission d’un optimisme institutionnel fabriqué.

Le coût démocratique du mensonge optimiste

Tromper le citoyen par excès d’optimisme est une faute grave. Elle prépare des désillusions, nourrit la défiance et fragilise le lien entre la société et ses institutions. Une économie ne se juge pas à un chiffre isolé, mais à sa capacité à créer de l’emploi, réduire les inégalités et améliorer durablement les conditions de vie.

Le citoyen marocain n’a pas besoin qu’on lui vende une illusion de prospérité. Il a besoin qu’on lui dise la vérité même lorsqu’elle est inconfortable.

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France-Algérie : Réparations coloniales, pour les 132 années de colonisation française

Les revendications algériennes en matière de réparations pour les 130 années de colonisation française suscitent régulièrement une objection présentée comme symétrique : l’Algérie aurait elle-même participé à la traite et à l’esclavage, notamment sous la Régence d’Alger à l’époque ottomane. Cette objection, fréquemment mobilisée dans le débat public français, repose pourtant sur une confusion conceptuelle et historique majeure. Elle assimile des ordres politiques discontinus, des temporalités hétérogènes et des formes de domination sans rapport structurel, au prix d’une neutralisation politique du passé colonial.

Cet article soutient que cette comparaison relève d’une fausse symétrie, et qu’elle empêche de penser rigoureusement la question des réparations coloniales. En mobilisant les notions de continuité étatique, de structures persistantes et de domination postcoloniale, il s’agit de montrer que la responsabilité historique ne se fonde ni sur une culpabilité abstraite ni sur une analogie morale, mais sur l’existence d’effets présents, mesurables et institutionnellement produits.

Continuité étatique et responsabilité historique

Toute réflexion sur la responsabilité historique suppose une théorie implicite du temps politique. Comme l’ont montré les travaux d’histoire conceptuelle, la simple succession chronologique des régimes ne suffit pas à fonder une imputabilité contemporaine : celle-ci repose sur la continuité des structures de pouvoir, des institutions et des effets sociaux¹.

À cet égard, il n’existe aucune continuité institutionnelle, juridique ou symbolique entre la Régence d’Alger des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles  entité politique intégrée à l’Empire ottoman et l’État algérien issu de la guerre de libération nationale en 1962. Les cadres normatifs, les élites dirigeantes, les bénéficiaires sociaux et les formes de domination propres à cet ordre ancien ne se prolongent pas dans l’Algérie contemporaine.

À l’inverse, la France revendique explicitement une continuité étatique ininterrompue, qui traverse la monarchie restaurée, le Second Empire, les IIIᵉ et IVᵉ Républiques jusqu’à la Ve République actuelle. La colonisation de l’Algérie (1830–1962) s’inscrit pleinement dans cette continuité. L’État qui a mis fin formellement à l’empire est le même que celui qui en a organisé, administré et justifié la domination.

D’un point de vue strictement méthodologique, il serait dès lors plus cohérent d’interroger la responsabilité contemporaine de la France pour les guerres napoléoniennes que d’exiger de l’Algérie actuelle qu’elle réponde d’un ordre politique ancien sans survivance institutionnelle.

Réparations : du crime passé aux structures persistantes

La question des réparations ne saurait être réduite à une logique de compensation morale des crimes passés. Comme l’a formulé la philosophe Magali Bessone,*« ce qui exige d’être réparé, ce ne sont pas les crimes du passé, irréparables, mais les structures persistantes qu’ils ont produites »*². Cette perspective permet de déplacer le débat de la culpabilité vers la responsabilité structurelle.

Dans cette optique, la comparaison entre l’esclavage ancien pratiqué dans la Régence d’Alger et la colonisation française de l’Algérie se révèle conceptuellement inopérante. Si l’esclavage relève d’une histoire condamnable, il ne produit plus aujourd’hui de champ de contraintes sociales, ni d’inégalités systémiques observables dans les sociétés concernées. Aucun État esclavagiste algérien n’existe, aucune institution contemporaine n’en hérite, aucune population identifiable n’en subit les effets structurels.

La colonisation française, en revanche, a engendré des structures durables de dépossession, de hiérarchisation raciale et de domination politique, dont les effets se prolongent bien au-delà de la fin formelle de l’empire.

Domination coloniale et gouvernement postcolonial des populations

La colonisation ne doit pas être comprise comme une simple parenthèse historique, mais comme un laboratoire de la modernité politique, où se sont expérimentées des formes intensifiées de gouvernement, de classification raciale et de violence légitime³. Ces dispositifs n’ont pas disparu avec l’indépendance ; ils se sont recomposés dans l’espace postcolonial.

Les populations issues de l’ex-colonisation se trouvent ainsi prises dans des rapports différenciés à l’État, caractérisés par une exposition accrue à la violence policière, à la discrimination institutionnelle et à la stigmatisation symbolique. Cette situation correspond à ce que l’on peut qualifier, à la suite des travaux postcoloniaux, de gouvernement différentiel des corps et des existences⁴.

La persistance de ces inégalités ne relève pas de comportements individuels déviants, mais de structures incorporées, de routines administratives et d’habitus institutionnels qui orientent durablement les pratiques⁵.

Héritages idéologiques et continuité postcoloniale en France

Les recherches historiques ont montré que la fin de la colonisation algérienne ne s’est pas accompagnée d’une rupture idéologique nette en France. Les réseaux, les discours et les catégories de pensée issus du colonialisme ont continué à structurer le champ politique et médiatique⁶.

L’OAS, organisation terroriste explicitement fondée sur la défense de l’ordre colonial et de la hiérarchie raciale, constitue un point nodal de cette continuité. Si elle a été militairement vaincue, ses héritiers idéologiques ont poursuivi leur action dans l’espace politique, contribuant à la normalisation de discours hostiles aux anciens colonisés, en particulier aux Algériens.

Les violences policières récurrentes visant les populations nord-africaines s’inscrivent dans cette généalogie longue de la violence d’État. Le meurtre de Nahel ne peut être compris comme un fait isolé, mais comme l’un des symptômes d’une économie politique de la violence historiquement située⁷.

Conclusion

Refuser la question des réparations au nom d’une fausse symétrie historique revient à neutraliser politiquement le passé colonial, en le privant de sa capacité à éclairer les inégalités du présent. Il ne s’agit ni de juger l’histoire à l’aune d’une morale anachronique, ni de réduire la réparation à un geste symbolique.

La réparation constitue une exigence démocratique contemporaine, fondée sur la reconnaissance et la transformation de structures postcoloniales toujours opérantes. Tant que ces structures continueront de produire des effets mesurables d’inégalité, la question des réparations demeurera non seulement légitime, mais politiquement incontournable.

Notes

  1. Reinhart Koselleck, Le futur passé, Éditions de l’EHESS.
  2. Magali Bessone, Sans distinction de race ?, Vrin.
  3. Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme.
  4. Achille Mbembe, De la postcolonie.
  5. Pierre Bourdieu, La domination masculine ; Esquisse d’une théorie de la pratique.
  6. Benjamin Stora, La gangrène et l’oubli.
  7. Frantz Fanon, Les damnés de la terre.

Bibliographie sélective

  • Arendt, Hannah. Les origines du totalitarisme.
  • Bessone, Magali. Sans distinction de race ? Une analyse critique du concept de discrimination.
  • Bourdieu, Pierre. Esquisse d’une théorie de la pratique.
  • Fanon, Frantz. Les damnés de la terre.
  • Koselleck, Reinhart. Le futur passé.
  • Mbembe, Achille. De la postcolonie.
  • Stora, Benjamin. La gangrène et l’oubli.

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Propagande, framing et cherry-picking : la machine médiatique du Makhzen marocain à l’œuvre :

Sahara occidental : comment la presse marocaine instrumentalise les propos américains et détourne les résolutions de l’ONU au service d’une propagande politique.

Il arrive un moment où l’on ne peut plus parler de biais, d’erreur d’analyse ou même de militantisme journalistique. Le traitement par une partie de la presse marocaine de l’interview de Massad Boulos accordé à la presse Libanaise, relève désormais d’un dispositif de propagande parfaitement identifiable, mobilisant sans complexe les techniques classiques de manipulation de l’opinion : agenda-setting, framing, cherry-picking et inversion accusatoire.

Nous ne sommes plus face à une information orientée, mais face à une fabrication narrative délibérée, destinée à imposer une vérité politique artificielle là où les faits résistent. Les médias royalistes du Makhzen ne sont qu’une misérable caricature de propagandiste d’une monarchie répugnante qui s’est illustrée régulièrement par la torture de ses opposants. Le régime du Makhzen a annexé par la force un pays pour ses richesses minières et halieutiques et par des attaques, contre ceux que disent non à cette agression, ni le tweet, ni une lettre sioniste ne changeront rien à ce constat de base. Mais pour le Makhzen Marocain, il ne perd jamais une occasion de se ridiculiser

L’agenda-setting : imposer le Sahara comme grille unique de lecture

Première manœuvre : l’agenda-setting. L’interview de Massad Boulos aborde les relations américano-algériennes dans leur globalité, avec un langage diplomatique standard, prudent et volontairement équilibré. La presse marocaine choisit pourtant de réduire l’ensemble de l’entretien à un seul prisme obsessionnel : le Sahara occidental.

Tout est relu, filtré, interprété à travers ce prisme unique, comme si la politique étrangère américaine se résumait à un seul dossier. Cette focalisation artificielle vise à donner l’illusion que : toute relation avec l’Algérie serait subordonnée au Sahara, toute déclaration américaine serait un message codé adressé à Alger. C’est faux, mais c’est efficace sur le plan de la mobilisation interne. C’est l’escroquerie intellectuelle insultante d’un Makhzen à ses sujets non-voyants.

Le framing : transformer un discours diplomatique en menace politique

Deuxième procédé : le framing, ou cadrage narratif. Les propos de Massad Boulos sont neutres, consensuels, classiques. La presse marocaine les reconditionne en : « relance », «avertissement », « rappel à l’ordre » et « absence de gestes concrets de l’Algérie ».

Aucun de ces éléments ne figure dans les propos cités. Ils sont injectés dans le commentaire pour transformer un discours diplomatique banal en ultimatum imaginaire. Le lecteur n’est plus informé, il est guidé émotionnellement vers une conclusion prédéfinie : l’Algérie serait isolée, sous pression, sommée de céder. C’est une mise en scène, pas une analyse.

Le cherry-picking : sélectionné, amplifié, occulté :

Troisième instrument : le cherry-picking. On sélectionne soigneusement : les phrases favorables au plan marocain, les qualificatifs flatteurs (« historique », « partenariat profond »), les références répétées au soutien américain.

Et l’on occulte délibérément : l’absence de toute reconnaissance de souveraineté, le maintien du cadre onusien, la séparation explicite des dossiers algérien et sahraoui, la nature non contraignante des résolutions du Conseil de sécurité.

Cette sélection biaisée permet de fabriquer une continuité fictive : celle d’un alignement total, irréversible et juridiquement décisif des États-Unis sur la position marocaine. Une continuité qui n’existe que dans la narration médiatique du Makhzen

La falsification juridique : une transformée en verdict résolution

Qualifier la résolution 2797 de « consécration » du plan marocain d’autonomie n’est pas une approximation : c’est une falsification. Aucune résolution du Conseil de sécurité ne règle le statut du Sahara occidental. Aucune ne reconnaît une souveraineté. Aucune ne clôt le conflit.

Mais la presse marocaine agit comme si le droit international était une variable d’ajustement narratif. La résolution devient un verdict, le processus devient un résultat, l’attente devient une victoire. C’est une réécriture assumée du réel.

L’inversion accusatoire : criminaliser la constance algérienne

Dernier ressort, et non des moindres : l’inversion accusatoire. L’Algérie est présentée comme : passive, récalcitrante, responsable de l’absence de paix.

Or, l’Algérie n’est liée par aucun engagement juridique l’obligeant à soutenir une solution unilatérale. Elle maintient une position constante, fondée sur le droit international et le principe d’autodétermination. La transformer en faute diplomatique est une opération de culpabilisation politique, destinée à masquer l’impasse réelle du dossier.

C’est le procédé classique du propagandiste : accuser l’autre de bloquer ce que l’on n’a pas su résoudre.

Une presse devenue outil de persuasion, non d’information

Ce texte n’informe pas, il persuade. Il ne décrit pas, il oriente. Il ne rapporte pas, il fabrique. En cela, il s’inscrit pleinement dans une logique de communication politique, où la presse cesse d’être un contre-pouvoir pour devenir un relais discipliné de la narration officielle.

Cette dérive est dangereuse. Non pas pour l’Algérie — qui n’a rien à perdre à la constance — mais pour la crédibilité même du discours marocain, enfermé dans une auto-affirmation permanente, déconnectée des réalités juridiques et diplomatiques.

Conclusion : la réalité résiste à la propagande

La position américaine n’est ni un ultimatum, ni un diktat, ni une pression sur Alger. Elle est favorable au Maroc, certes, mais encadrée, nuancée et non décisive. Tout le reste relève d’un récit construit pour la consommation politique interne.

On peut répéter une narration à l’infini. On peut la durcir, la marteler, la scénariser. Mais à terme, la réalité diplomatique finit toujours par rattraper la propagande. Et aucun procédé médiatique, aussi sophistiqué soit-il, ne peut remplacer une solution politique réelle. Je crois que cette presse n’arrive pas à se rendre compte ni à admettre que le royaume du Maroc n’a jamais existé tel que la propagande du Makhzen l’a façonné à jamais dans les esprits marocains, ceci dans le but de vendre une image qui ne reflète ni la réalité historique ni l’honnêteté morale.

Le Makhzen avec ses théories farfelues se perfectionne à vouloir créer un ennemi permanent afin de se régénérer et endoctriner le peuple. Totalement falsifiée par la propagande mensongère et stupide, l'histoire du Royaume du Maroc actuel demeure méconnue des Marocains, au point de devenir un ensemble de grandes énigmes et de nombres évènements importants de l’histoire du Royaume du Maroc sont restés trop longtemps tabous par un régime du Makhzen féodal. C’est des historiens que le disent

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                           Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça https://kadertahri.blogspot.com/