Il ne s’agit
plus ici de sport, ni même d’analyse politique, mais d’un exercice de
propagande à peine maquillé. Sous couvert de célébrer la CAN organisée au
Maroc, certains textes versent dans une rhétorique agressive où l’Algérie sert
de bouc émissaire commode, et le football de prétexte idéologique.
Dans la presse Marocaine, Ça sent la vassalisation ! Les personnes ayant les
mauvaises opinions sur l’Algérie (uniquement) seront donc autoriser de les exprimer, On se demande bien
pourquoi ?
Une tartine d'émotion, une légère distorsion qui pourrait nous faire croire
que l’Algérie pour les Algériens va très mal, sans une grande Prière collective
à Palais royale du Makhzen ?
Bravo mesdames et messieurs les sujets du Makhzen (y compris les
auto-proclamés) ! Vous ne pouviez pas faire moins et vous ne ferez pas plus ! Bien
évidemment, rien ! Un point de détail, une peccadille, une poutre dans l'œil ça
aussi, ça fait pleurer
Dès la première
ligne, le ton est donné : la CAN « révèle plus qu’un événement sportif
». Traduction : le football ne sera pas analysé, il sera exploité. Le ballon
rond devient un outil narratif, un décor utile pour rejouer une rivalité
politique régionale déjà saturée de clichés.
L’organisation
marocaine est décrite comme une réussite incontestable, unanimement saluée,
presque miraculeuse. Mais cette unanimité proclamée repose sur du vide : aucun
observateur nommé, aucune source indépendante, aucun rapport vérifiable. Le
compliment devient auto-certification. Ce n’est pas de l’information, c’est de
l’autosatisfaction éditoriale.
En face, la «
presse algérienne » est convoquée comme un bloc hostile, uniforme,
caricatural. Aucun média cité, aucune analyse de contenu, aucune nuance. On ne
critique pas des articles, on condamne un pays. Ce procédé n’est pas
journalistique : il est idéologique.
La défaite
sportive de l’Algérie est ensuite érigée en faute morale et politique. Perdre
ne serait pas seulement perdre, mais révéler une incapacité structurelle à
accepter l’échec, un trait culturel, presque anthropologique. Le raisonnement
est grotesque, mais assumé : la défaite devient preuve, le score devient
diagnostic.
Le plus
ironique est que le texte reproche précisément à l’Algérie ce qu’il fait
lui-même : politiser le sport. Il dénonce la transformation d’un match en
affaire politique tout en livrant, ligne après ligne, une lecture
obsessionnellement politique de l’événement. L’accusation est un aveu.
Les mots « propagande
», « falsification », « acharnement » sont
répétés comme des mantras. Ils remplacent les faits. Ils dispensent de
démontrer. À ce stade, le vocabulaire sert de matraque, pas d’outil analytique.
L’argument sécuritaire, lui, frôle l’indécence : 800 caméras de surveillance brandies comme trophée. Comme si la quantité de dispositifs de contrôle devenait une preuve de supériorité morale. Comme si la surveillance était synonyme de vertu. Ce glissement est révélateur.
Les
accusations de violences contre arbitres et journalistes sont lancées sans la
moindre source, sans enquête, sans décision officielle citée. Dans n’importe
quel autre contexte, on parlerait de rumeur ou de désinformation. Ici, cela
passe pour une vérité auto-évidente, car elle sert le récit exhibitionniste
obscène des faiseurs de phrases sur une scène où seuls les actes comptent.
Puis vient
le sommet de l’absurde : le football comme révélateur de la « nature d’un
régime ». On atteint là le degré zéro de la pensée politique. Si cette
logique tenait, il faudrait réécrire l’histoire mondiale à chaque Coupe du
monde, classer les États selon leurs tirs cadrés et mesurer la démocratie au
nombre de corners.
Enfin,
l’isolement régional de l’Algérie est asséné comme une conclusion naturelle,
sans aucun indicateur diplomatique, sans données concrètes, sans analyse
géopolitique sérieuse. Le verdict précède l’enquête. La sentence remplace
l’argument. Tout ça est très beau et très vertueux.
Conclusion
Ce texte ne
célèbre pas une réussite sportive : il instrumentalise un événement pour
nourrir une narration hostile, simpliste et agressive. Il accuse la propagande
tout en en adoptant les ressorts les plus grossiers : généralisation,
moralisation, absence de sources, disqualification de l’adversaire.
La réussite
d’un pays n’a jamais eu besoin d’abaisser son voisin pour exister.
Et le football africain mérite mieux que d’être transformé en champ de bataille
idéologique par des plumes qui confondent opinion, militantisme et information. Mais
ressemble plus à un exercice pour se donner bonne conscience, et est surtout
pour beaucoup qui travaillent dans les médias et la presse une occasion de
donner des gages au reste de la profession pas trop loin du Palais.
A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur
inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/

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