Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

On, Two, Three ! Mohamed VI joue si bien au foot et emporte la Coupe !!!!


Un parti pris idéologique évident sous couvert d’analyse par un auteur un sujet du Makhzen en service à l’extrême droite de France, se présente (ou est présenté) comme un « spécialiste de la violence et de l’identité ». Or,  pour accumuler des clichés, son texte révèle surtout une lecture unilatérale et orientée, où la violence est systématiquement projetée sur l’Algérien, jamais interrogée comme phénomène universel, contextuel ou partagé.

Les débordements de supporters sont sélectivement interprétés : ils deviennent non pas des actes individuels ou circonstanciels, mais l’expression d’une “âme algérienne malade”. Cette généralisation est un procédé classique de stigmatisation collective : on part de faits isolés (réels ou amplifiés) pour pathologiser tout un peuple.

Un spécialiste sérieux de la violence aurait au contraire rappelé que : Le hooliganisme existe partout, les CAN, les Coupes du monde et les derbys européens regorgent d’exemples similaires et que le football est précisément un espace où les pulsions collectives se déchaînent indépendamment des nationalités. Lorsqu’en Europe des supporters brûlent des villes entières, on parle de violences urbaines ou de hooliganisme. Lorsqu’il s’agit d’Algériens, vous parlez de folie nationale. Ce n’est pas une différence d’analyse. C’est un deux poids deux mesures idéologique.

À la lecture de sa prose, une évidence s’impose pourtant : la violence qu’il prétend analyser, il la produit lui-même, par le verbe, par l’amalgame, par la stigmatisation collective. Et l’identité qu’il prétend interroger, il la réduit, la pathologise, la méprise — toujours du même côté de la frontière.

Car sous couvert d’un commentaire sur la CAN et l’organisation marocaine, ce texte se transforme rapidement en un réquisitoire contre l’Algérie et les Algériens, pris dans leur ensemble, essentialisés, psychiatrisés, renvoyés à une supposée déficience morale et mentale. Ce glissement n’a rien d’accidentel : il est idéologique.

Une indulgence asymétrique : le Maroc absous, l’Algérie condamnée, le déséquilibre saute aux yeux :

Côté algérien : hystérie, folie, maladie mentale, cas clinique, besoin de fatwa et de rééducation morale.

Côté marocain : organisation impeccable, hospitalité, baraka, succès mérité… puis seulement des critiques techniques et économiques dépolitisées.

Même lorsque l’auteur critique le Maroc (stades vs hôpitaux), il le fait :

  • sans jamais attaquer l’“âme marocaine”,
  • sans jamais parler de maladie collective,
  • sans jamais convoquer la religion ou la psychiatrie.

Cela révèle un double standard évident, incompatible avec toute prétention à l’objectivité.

Une obsession algérienne mal dissimulée :

Ce qui frappe, c’est que dans un texte censé analyser la CAN au Maroc : l’Algérie occupe une place centrale, devient le miroir négatif permanent, sert de repoussoir identitaire.

Cela dit quelque chose non pas de l’Algérie, mais du rapport obsessionnel qu’une partie de l’élite médiatique marocaine entretient avec elle. La violence ici n’est pas seulement dans les tribunes, elle est dans le discours, dans la manière de dire l’autre, de le réduire, de l’humilier symboliquement

Ce texte parle beaucoup de football marocain, mais il parle surtout de l’Algérie. Elle est partout : comme menace, comme contre-modèle, comme repoussoir identitaire. Cette obsession trahit une chose simple : l’Algérie n’est pas un objet d’analyse, elle est un problème à régler symboliquement.

Or, l’hostilité répétée, la caricature permanente, la négation de la complexité de l’autre sont elles-mêmes des formes de violence. La violence ne se manifeste pas seulement dans les stades ; elle se niche aussi dans les tribunes médiatiques, dans les mots qui humilient, dans les phrases qui enferment des millions d’êtres humains dans une pathologie imaginaire.

Car sous couvert d’un commentaire sur la CAN et l’organisation marocaine, ce texte se transforme rapidement en un réquisitoire contre l’Algérie et les Algériens, pris dans leur ensemble, essentialisés, psychiatrisés, renvoyés à une supposée déficience morale et mentale. Ce glissement n’a rien d’accidentel : il est idéologique.

Il y a des textes avec lesquels on ne débat pas. On les démolit. Celui-ci en fait partie.

Ce qui est présenté comme une analyse lucide n’est rien d’autre qu’un acte d’hostilité idéologique, un texte de mise en accusation collective, un pamphlet anti-algérien qui ne dit pas son nom mais qui s’assume dans ses mots. Parler d’« âme algérienne mentalement malade », de « cas clinique », de peuple à soigner, ce n’est pas dépasser les bornes : c’est changer de nature. On n’est plus dans l’opinion. On est dans la désignation d’un ennemi anthropologique.

Ce texte ne critique pas des comportements. Il condamne une identité.

La psychiatrisation comme méthode de domination

Transformer un peuple en pathologie est l’une des plus vieilles armes du mépris politique. Ce procédé permet tout : l’humiliation, la hiérarchisation morale, la négation de la dignité. Ce que l’on ne veut pas comprendre, on le déclare fou. Ce que l’on ne veut pas reconnaître comme égal, on le rend malade.

Ce langage n’a rien d’innocent. Il appartient à une tradition lourde, sale, déshonorante. Celle qui expliquait hier que certains peuples n’étaient pas mûrs pour la liberté. Celle qui aujourd’hui explique que certains peuples ne savent pas se tenir dans un stade sans relever de la psychiatrie.

Faudrait encore une fois rappeler à notre sujet du Makhzen qu’une enquête nationale marocaine a révélé que 48,9 % des Marocains âgés de 15 ans et plus présentent des signes de troubles mentaux. Malgré ce chiffre significatif, la maladie mentale reste encore méconnue chez le grand public, et fait l'objet de rejet ou de peur. Jamais l’auteur ne parle d’“âme marocaine malade”, jamais il n’appelle les imams marocains à émettre des fatwas pour calmer leurs concitoyens, jamais il ne suggère que la société marocaine serait un « cas clinique ». Ce deux poids deux mesures n’est pas une erreur d’analyse : c’est un parti pris.

Le football comme prétexte, l’Algérie comme obsession

Ne nous mentons pas. Le football n’est qu’un décor. Ce texte aurait pu être écrit à propos de n’importe quel événement. L’important n’est pas la CAN. L’important, c’est l’Algérie. Toujours l’Algérie. Comme problème. Comme gêne. Comme anomalie.

Tout y passe : la dictature éternelle, la haine de la France, l’incapacité morale, l’hystérie collective. L’Algérie n’est pas décrite : elle est chargée, empilée, accablée. Elle sert de miroir négatif pour flatter une auto-image nationale propre, rationnelle, civilisée.

Ce n’est pas une comparaison régionale. C’est une construction hiérarchique.

“Le peuple algérien vaut mieux que ça” : la phrase la plus toxique

Il faut s’arrêter sur cette phrase, car elle est centrale. Elle est la clé du dispositif. Dire qu’un peuple « vaut mieux que ça », tout en expliquant qu’il est malade, fou, incapable de se contrôler, c’est le dépouiller de sa souveraineté morale.

C’est parler comme un tuteur parle d’un mineur. Comme un médecin parle d’un patient. Comme un colon parlait d’un indigène.

Cette phrase n’est pas bienveillante. Elle est paternelle, arrogante, insultante. Elle autorise tout ce qui suit. Elle permet de frapper en prétendant aimé.

La haine travestie en lucidité

Le procédé est connu : commencer par dire que « le peuple algérien vaut mieux que cela », pour ensuite expliquer qu’il est malade, fou, égaré et incapable de se sauver sans tutelle morale. C’est le masque le plus hypocrite du mépris. Celui qui prétend aimer un peuple tout en lui niant sa pleine humanité.

Un véritable discours responsable aurait rappelé que : les peuples ne sont pas des blocs homogènes, les comportements de supporters ne définissent pas une nation et que la rivalité politique entre États ne justifie jamais la stigmatisation des populations.

L’auteur prétend analyser la violence. Il ne la voit pas lorsqu’elle sort de sa propre plume. Or il faut le dire clairement : ce texte est violent. Plus violent que des chants de stade. Plus violent que des billets brûlés. Parce qu’il vise plus haut et plus large : l’existence morale d’un peuple entier. Les cris s’éteignent. Les mots, eux, restent. Et ceux-ci disent : les Algériens sont un problème.

Et tant que cette haine se déguisera en analyse, il faudra la briser, sans détour, sans précaution, sans politesse.

Ce texte ne dénonce pas la violence : il la reproduit sous une forme symbolique.
Il ne cherche pas à comprendre l’Algérie : il la réduit. Il ne contribue pas au débat maghrébin : il l’empoisonne.

À force de voir la violence uniquement chez le voisin, on finit par oublier celle que l’on exerce soi-même par la plume. Et à force de parler d’identité comme d’une essence malade ou saine, on finit par trahir ce que devrait être le rôle premier de l’intellectuel : complexifier, humaniser, relier, plutôt que diviser, humilier et exclure.

Conclusion, l’auteur en question en bon sujet du Makhzen  avait très certainement oublié de nous dire que   Mohamed VI, roi du Maroc, était absent  du premier match de la Coupe d’Afrique des nations qui s’est lancée au Maroc. Le roi raréfie ses apparences, Pourtant, Mohamed VI, souverain et architecte de ce Maroc tourné vers le football et ses instances, le foot a toujours été très politique au Maroc,  le Roi aime passionnément ce sport et reste un bon joueur de foot aura très certainement Mohamed VI aura sa coupe, ce serait une excellente nouvelle pour le moral des Marocains, mais il faut nuancer l’image du Maroc moderne, avec la face cachée derrière la carte postale. Les Marocains vont faire une parenthèse pendant cette CAN, pour profiter de ce moment festif, parce que le football est la deuxième religion du Maroc. Si vous mettez tout ça bout à bout, ça vous donne un récit triomphaliste, dont le football est une pièce du puzzle.

Mais ça reste conjoncturel. Après la fête, la réalité reviendra, celle de la situation politique, économique et sociale" C’est un pays qui a évolué, qui a lutté contre la pauvreté extrême, mais les inégalités sont toujours là.

 A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

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