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Guerre contre l’Iran : L’Empire du mensonge aux « experts » qui réinventent l'Iran :

Il existe une vieille règle d'or dans le journalisme : quand on ne sait pas, on se tait. Mais à l’ère du commentaire permanent, de la sentence instantanée et de l'opinion déguisée en analyse, cette rigueur est devenue trop austère. Aujourd’hui, l'ignorance n'est plus un frein : c'est une matière première. On la malaxe, on l'orne de références historiques, on la saupoudre d'ironie, et on sert au public une fiction présentée comme une démonstration implacable.

Le traitement médiatique de l’Iran relève précisément de cette étrange alchimie.

Pourtant, le constat de départ est souvent juste : nous ne savons presque rien des secrets du pouvoir iranien. Entre les communications perturbées, la propagande et les informations fragmentaires, nous devrions avancer avec prudence.

Le grand cirque des « sachants » de plateaux

Or, le miracle médiatique opère. En Occident, que l’on allume la télévision ou que l’on ouvre la presse, le refrain est écrit d'avance : l’Iran est systématiquement réduit au prisme de la violence et de la répression. Regarder ce pays à travers les yeux des médias français, c’est accepter une caricature grossière taillée pour justifier une hostilité politique.

L’Iran de 2026 reste un grand inconnu. Alors, nos braves médias, épaulés par des philosophes de comptoir et des militaires de salon, décident d'inventer le leur. Ces « experts » ne savent rien, mais comblent le vide par leurs fantasmes, leurs émotions, ou tout simplement par le besoin de meubler l'antenne pour gagner leur croûte. Combien de fois a-t-on entendu ces sachants parler avec autorité de l'île de Kharg en la situant « au milieu du détroit d'Ormuz », alors qu'il s'agit de l'île de Qeshm ?

Le pire, c'est que certains prétendent dénoncer cette inculture tout en tombant dans le même piège. On voit ainsi des critiques s'insurger contre les clichés occidentaux, pour finir par nous servir une conclusion d'une niaiserie affligeante, digne d'un roman à l'eau de rose : « Un jour, nous verrons un film dans un Téhéran libéré, avec une histoire d’amour entre une jolie Iranienne et un petit gars du Middle West ». Un niveau d'analyse d'une bêtise absolue.

Remettre les pendules à l'heure : L'histoire face à l'hypocrisie

Il est temps de rétablir les faits. Ces mêmes médias accusent la République islamique de pratiquer la peine de mort comme s'il s'agissait d'une exception mondiale. Rappelons que les exécutions n'ont pas commencé avec le régime actuel. Sous la monarchie du Chah, ce système était bien plus féroce : on estime à plus d'un million le nombre d'Iraniens pendus pour « trahison ». Pourtant, lorsque le gouvernement actuel applique cette sentence pour punir les ennemis de la République, le monde crie au scandale.

Prenons l'exemple des émeutes de décembre 2025. Ces violences ont été déclenchées par des individus armés par Donald Trump lui-même, qui a publiquement admis avoir armé les Kurdes pour renverser le pouvoir. Ces insurgés ont semé le chaos, assassiné des civils et des centaines de policiers, et incendié des biens publics. Arrêtés et jugés, certains ont été condamnés à la peine capitale. Doit-on pour autant fermer les yeux sur leurs massacres au nom d'une fausse indignation occidentale ?

Aucun pays n'est parfait. Chaque nation traverse ses propres crises. Cependant, l'Histoire montre que lorsque l'Occident s'immisce dans les affaires d'un État sous prétexte de « libérer » sa population, cela se solde toujours par le chaos. La Libye, l'Irak et l'Afghanistan en sont les preuves sanglantes. Critiquer les Mollahs est légitime. Mais leur régime reste dix fois préférable à la dictature de la dynastie du Chah.

Le théâtre d'ombres de la spéculation

Face aux mensonges de ces apôtres de la confusion, je le dis haut et fort : n’accordez jamais le moindre crédit aux insinuations des médias mainstream. L'Empire du Mensonge porte bien son nom, et face à lui, la riposte est un devoir.

Le procédé de ces manipulateurs est toujours le même. Pas de preuves ? Aucun problème. Il suffit d'utiliser le conditionnel comme un passe-partout : « Il est possible que... », « Sans doute... », « On peut imaginer que... ».

C’est ainsi que naît le journalisme moderne, où l'absence d'information justifie toutes les inventions. On prétend combattre les stéréotypes sur le peuple iranien, mais à peine la phrase écrite, on construit son propre théâtre d'ombres. Les dirigeants iraniens deviennent des personnages de roman de gare : des comploteurs de palais dont on décrit les alliances secrètes, les haines et les ambitions avec une assurance qui ferait rougir un voyant extralucide.

Nous ne sommes plus dans l'analyse géopolitique. Nous sommes dans un concours d'hypothèses gratuites. Le plus fascinant, c'est que cette spéculation permanente se donne des airs de grand réalisme. C'est le vieux numéro du prestidigitateur qui dénonce les illusions des autres pour mieux vous faire avaler les siennes.

Le problème est qu'il présente ses intuitions comme des observations, ses préférences comme des diagnostics et ses scénarios comme des analyses.

Ce n'est pas de l'information. Ce n'est même pas de l'expertise. C'est un roman politique qui a oublié de signaler qu'il relevait de la fiction et dans cette affaire, l'Iran n'est qu'un décor. Le véritable sujet du texte n'est pas ce qui se passe à Téhéran. Le véritable sujet est ce qui se passe dans certaines têtes occidentaux lorsqu'elles regardent Téhéran sans parvenir à distinguer le monde réel du miroir de leurs propres désirs.


À lire, à partager et à méditer (sans majuscules d'État) ! sur https://wahrani31.substack.com/

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
«
Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  

https://kadertahri.blogspot.com/

 

 


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