Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Colonisation française et Algérie : le déni médiatique à l’épreuve de l’histoire

 


Plus de soixante ans après l’indépendance de l’Algérie, la colonisation française continue de structurer le débat public — souvent sur le mode du déni. Cette tribune analyse comment certains discours médiatiques transforment une question historique majeure en arme idéologique, au détriment de la mémoire et du dialogue.

Il existe une illusion tenace dans le débat public français : celle selon laquelle le déni colonial serait marginal, excessif, réservé à quelques polémistes outranciers. En réalité, il est profondément banal, intégré, réutilisé, presque invisible tant il structure une partie du discours médiatique dominant. L’article de la presse française décrivant « un État algérien à la rue réclamant excuses et milliards » n’est pas une aberration. Il est un symptôme. Un concentré chimiquement pur de ce que produit une société qui n’a jamais fait le travail politique de décolonisation de son propre récit.

Ce texte ne cherche pas à comprendre, ni même à contester sérieusement. Il cherche à neutraliser. Neutraliser une parole algérienne. Neutraliser une demande historique. Neutraliser l’idée même que la colonisation puisse encore produire des droits, des obligations, des conséquences. Pour cela, il déploie un arsenal rhétorique ancien, éprouvé, redoutablement efficace.

Tout commence par le mépris. « À la rue ». Deux mots, et tout est dit. Il ne s’agit pas d’un constat économique, aucun indicateur sérieux n’est mobilisé, mais d’une assignation symbolique. Tout y est. Le ton goguenard, la posture de supériorité, l’inversion morale, la stigmatisation, la peur de l’autre et surtout cette obsession : faire taire la question coloniale en ridiculisant ceux qui la posent.

Commençons par le titre, ce petit bijou de mépris. « À la rue ». Deux mots qui condensent toute une vision du monde. L’Algérie n’est pas un pays, encore moins un peuple avec une histoire. C’est un clochard géopolitique. On ne lui parle pas, on le repousse. Le procédé est vieux comme la domination elle-même : rabaisser pour ne pas répondre, humilier pour éviter de penser.

Ensuite, le texte fait semblant de concéder l’évidence. Oui, bon, il y a eu torture. Oui, des exécutions. Oui, des essais nucléaires. Mais attention, pas trop longtemps. Il ne faudrait pas que cela prenne de la place. On glisse vite vers le vocabulaire anesthésiant : « dommages collatéraux ». Comme si la colonisation avait été un chantier un peu brutal, une opération mal maîtrisée, et non un système politique fondé sur la violence, le racisme juridique et la dépossession.

L’Algérie est placée en position d’infériorité morale. Elle n’est plus un État souverain qui débat de son histoire avec une ancienne puissance coloniale ; elle devient un gêneur, un quémandeur, presque un parasite. Ce cadrage est fondamental : on ne discute pas avec quelqu’un qu’on méprise. On le renvoie à sa supposée indignité.

Car c’est bien cela qu’il s’agit d’effacer. Pas les faits — ils sont trop documentés pour être niés frontalement — mais leur sens. La colonisation n’est plus un crime, elle devient une période regrettable, un malentendu historique, presque un accident. Et surtout : une histoire terminée, classée, sans conséquences.

                                                                                              

La reconnaissance minimale des crimes coloniaux — torture, exécutions, essais nucléaires — ne constitue pas une avancée. C’est un alibi. Une concession formelle destinée à mieux vider ces faits de leur portée politique. Le vocabulaire employé est révélateur : « dommages collatéraux ». Comme si la colonisation avait été un projet fondamentalement légitime, entaché d’excès regrettables. Comme si la violence n’en avait pas été la condition même.

Or la colonisation de l’Algérie n’est pas une succession de bavures. C’est un système structuré, reposant sur la dépossession foncière, la hiérarchisation raciale, l’exclusion juridique et la violence militaire. La torture n’en est pas une dérive : elle en est un outil. Les exécutions ne sont pas des accidents : elles sont une méthode. Les essais nucléaires ne sont pas des erreurs : ils sont l’expression ultime d’un rapport de domination où certains corps comptent moins que d’autres.

Face à cela, l’argument « les Français d’aujourd’hui ne sont pas responsables de 1830 » agit comme un rideau de fumée. Il détourne la question pour mieux l’annuler. Personne ne réclame une culpabilité individuelle. La question est celle de la responsabilité historique et politique de l’État, qui ne disparaît pas avec le temps. La France reconnaît cette continuité quand cela l’arrange — pour Vichy, pour la Shoah, pour certaines victimes — mais la refuse dès qu’il s’agit de la colonisation. Ce n’est pas un principe, c’est un choix.

Quand le sol historique devient trop instable, le texte se replie sur un terrain jugé plus sûr : l’immigration. Et là, le masque tombe. L’Algérien cesse d’être un sujet historique pour devenir un problème social. Délinquant. Fraudeur. Faux mineur. Faux vieux. Les mots s’accumulent, les soupçons aussi. Les chiffres, eux, brillent par leur absence. Peu importe : le but n’est pas d’informer, mais de contaminer. Contaminer la question coloniale par l’angoisse sécuritaire.

Ce glissement n’est pas innocent. Il permet une opération idéologique centrale : si l’Algérien pose problème aujourd’hui, alors il ne peut pas être légitime à se plaindre d’hier. Le passé est invalidé par le présent, soigneusement caricaturé. La colonisation disparaît derrière le fantasme du migrant ingrat.

Le raisonnement du « donnant-donnant » parachève cette inversion. La France aurait investi. L’Algérie devrait rembourser. Voilà la colonisation transformée en contrat commercial mal équilibré. On oublie commodément que ces investissements visaient l’exploitation des ressources, l’enrichissement de la métropole et l’installation durable d’une population européenne privilégiée. On oublie que l’Algérie a payé ces infrastructures par la spoliation de ses terres, la destruction de ses structures sociales et une guerre de libération d’une violence extrême.

Mais dans ce récit, la France est généreuse, presque naïve. L’Algérie, elle, est ingrate. Le colon devient mécène, le colonisé débiteur. C’est le cœur du révisionnisme colonial : inverser les rôles pour rendre toute réparation absurde, voire obscène.

L’affirmation selon laquelle la France aurait souffert économiquement de son empire pousse cette logique jusqu’à l’absurde. À ce stade, la colonisation n’a plus seulement cessé d’être un crime ; elle devient un fardeau injustement porté par la métropole. La France n’est plus responsable : elle est victime. Le monde à l’envers devient la norme discursive.

Et puis vient l’aveu. Brutal. Décomplexé. Ce type de revendication « pousse les électeurs à voter RN ». Ce n’est pas une dérive regrettable. C’est une justification implicite. Le texte ne cherche pas à empêcher cette radicalisation ; il l’alimente. La colonisation devient un champ de bataille culturel, un outil de mobilisation identitaire, un prétexte pour rendre toute reconnaissance historiquement correcte politiquement toxique.

La conclusion sur la fraternité des peuples est alors d’un cynisme achevé. Après avoir passé le texte à humilier, stigmatiser, soupçonner et inverser les rôles, on se drape dans l’universalisme de façade. C’est le vernis humaniste posé sur une mécanique de rejet.

Il faut cesser de se raconter des histoires. Ce type de tribune n’est ni iconoclaste ni courageuse. Elle est prévisible, paresseuse, et profondément réactionnaire. Elle recycle les vieux réflexes coloniaux pour protéger un récit national incapable d’assumer ses zones d’ombre.

Reconnaître les crimes de la colonisation ne mettrait pas la France à genoux. Ce qui l’affaiblit, en revanche, c’est cette incapacité chronique à regarder son histoire autrement qu’à travers le prisme de l’autojustification. Ce besoin compulsif de se poser en victime dès que les faits dérangent.

La vérité est simple : tant que la colonisation sera traitée comme une provocation plutôt que comme un fait historique majeur, tant que les anciens colonisés seront sommés de se taire ou d’être reconnaissants, le débat restera pollué. Et la France continuera à confondre mémoire, identité et peur.

Mais au fond, c’est peut-être cela que cherchent ces tribunes. Non pas clore le débat, mais l’empoisonner durablement. Pour que surtout, rien ne change. En tout cas ce n’est pas une affaire algérienne.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

Le Makhzen du Maroc dans la réinvention et djihad cartographique des Frontières !

 

L’essentiel, c’est que ce soit celui qui parle qui a fait ce dont il parle. Le Maroc, ce qu’il a dit, ce qu’il a fait, ne doit pas être rendu tel quel stricto sensu. Ce n’est pas à moi de juger qu’est-ce qui mérite d’être retenu, transmis, et qu’est-ce qui ne le mérite pas. L’affaire de  Frontières n’est plus entre les mains de l’historien. Elle est entre les mains des Algériens.

Avec son djihad cartographique le Maroc devra essayer de ne pas prendre de coups, au lieu de s'attarder sur d’anciennes cartes ou de documents "déclassifiés", qu’ils n’ont aucun poids déterminant sinon de conforter des opinions, mais les réalités sont de faits non des opinions même si elles peuvent être justes.

Ce n’est pas l’Algérien qui fait le tableau, c’est le Marocain qui dresse son propre tableau. J’insiste là-dessus. L’histoire ne se fait pas par le politique placé en surplomb, au-dessus du réel, en essayant de le redéfinir et de le reconstruire. L’histoire s’écrit à partir de celui qui la fait, par ses actes.

En effet l’Algérie n’est pour le Maroc qu’un front avancé dans sa stratégie d'expansionnisme, de cache poussière de ses échecs et surtout avoir une position victimaire pour obtenir un grand écho au sein d'une population maltraitée par cette idéologie managériale, idéologie monarchique des despotismes héréditaires totalement inepte intellectuellement. Partout où le Makhzen peut nuire à l’Algérie qu'il déteste, il y trouve son compte. Ce ne sont que des alliances d'hypocrites basées sur l'intérêt et la détestation. Mais certains semblent se réjouir que le Makhzen alimente cette haine contre nous en pactisant avec ceux que nous vomissons.

Et cette question me rappelle une autre d'il y a environ plus de 100 ans. Qui veut prendre les territoires Algériens ?

Et c'est un souvenir qui me hante : La France coloniale avec la monstrueuse convention de Tanger, oblige le Maroc à reconnaître la colonisation de l’Algérie, sans oublier que le Makhzen Marocain expansionniste avait également sorti sa fameuse carte du Grand Maroc qui s’étend jusqu’au fleuve Sénégal et englobe un quart du Sahara algérien à l’Ouest, ce pamphlet bâti sur une fausse interprétation de l’histoire. On connait la suite: le Sultan reçu au retour par des foules enthousiastes pour avoir sauvé son trône, les moutons de Panurge sont tous tombés dans le précipice, surtout avec le mythe de l’apparition du visage du souverain sur la Lune est certainement le plus spectaculaire au Maroc.

Comble d'ironie, une majorité de Marocains sont convaincus que le monarque exilé à Madagascar avait effectivement foulé le sol lunaire! Décidément, le cannabis produit des dégâts psychiques irréversibles. En effet, provoquer l'anéantissement de sa population reste un acte courageux, pour le Makhzen à la recherche la pérennité et l'équilibre.

Pour moi, simple citoyen, mais ayant une idée de la moralité, ce ne fut pas uniquement une honte, mais aussi une énorme trahison, surtout que la vérité a tout de même ses droits !

Ce n’est pas une spécifiée marocaine la fluctuation frontalière est l’apanage des prétendus empires en perte d’histoire, alors il faudrait expliquer que les frontières de l’Algérie ont été reconnues internationalement. Il faudrait aussi expliquer que l'on peut débattre, à la condition de ne pas travestir les faits et de ne pas affirmer des contre-vérités.

Aujourd'hui nous sommes devant ce Makhzen qui essaie de recréer un empire, une morbidité singulière et une mégalomanie narcissique, celle d’un roi qui a trouvé le rôle de sa vie, encouragé par une alliance avec le diable et un air du temps propice aux divergences Arabes, voudrai lancer sa guerre contre un pays souverain, l’Algérie, pour le vassaliser. Et certains de ces bons sujets du Makhzen qui relayent à qui mieux aux mieux les fakes news produites par l’ingéniosité du mensonge du makhzen. Photos truquées, articles  bidonnés, qu'ils savent tout, qu'ils ont raison. Or le plus souvent, précisément, ils en perdent leur honneur. Tout est bon ! Même le plus grotesque !

Alors, que les Marocains, dont le rapport à l'information est on ne peut plus chaotique depuis 1999 (je ne vais pas remonter plus loin) sont soumis à une pensée orientée, c'est une chose que l'on peut concevoir, il reste ahurissant que la machine de propagande du Makhzen reste aussi performante, après la population devient un dommage collatéral.

On se demande encore aujourd’hui pourquoi des gens prétendument intelligents, brillants même, ont-ils pu un jour croire aux fadaises du makhzen ?

Qu’avait donc cette idéologie de si subtil, pour intoxiquer tant de grands esprits, informés déjà de tous les crimes commis pour le maintien coute que coute du Royaume du Makhzen.
Mystère, hélas ?

Est-il possible d’émettre des doutes justifiés sur ces revendications du Grand Maroc, tout en déplorant ce fantasme total, du même tabac que le protocole des sages de Sion. La candeur de certains journalistes et l'orientation politique ou sociétale qu'ils donnent à cette non-affaire en dit bien long sur le mal qui les gangrène.

Historiquement, le Maroc ne faisait valoir, aucune particularité qui le distinguait des autres pays de la zone de l’Afrique du nord, sauf un prétendu empire fermé, possédait un caractère particulier, conçut dans une étendue de mythes et de clichés livrant des images approximatives, douteuses voire extrêmement fantaisistes.

L’unité politique du prétendu empire marocain est une fiction imaginée par certains diplomates et géographes. Les territoires contrôlés par les sultans alaouites étaient d'ailleurs divisés en Bled Al Makhzen (territoires soumis à l’administration militaire) et Bled Siba (territoires insoumis). Le Maroc est comparé à l’Europe du Moyen-âge, aux structures hyper-féodales, aux mœurs farouches et à l’accès verrouillé pour l’étranger.

Il y avait une multitude de royaumes : Fès, Marrakech et Tafilet. Les habitants de ses royaumes étaient complètement étrangers à l'idée de patrie et n’avaient pas même de nom pour désigner leur nation. Il n’est pas rare que ces royaumes nomment un souverain particulier et se livraient à des batailles entre eux

le Maroc a connu une succession de dynasties instables et discontinues. Le Maroc en tant que nation moderne est apparu après la colonisation française, le reste n'est que fiction. C'est là tout le synopsis de Maroc.

Cette représentation était largement inspirée par une littérature visant à développer une image d’un pays aux frontières extensibles et où les lois et les coutumes régissant l’ordre social étaient tributaires d’un système féodal profondément ancré dans les mœurs,  Le royaume était, en effet, perçu comme un champ de combat permanent entre tribus violentes et altières, 

Je ne peux résister à citer cette approche de Voltaire dans son Candide :

Maroc nageait dans le sang quand nous arrivâmes. Cinquante fils de l’empereur Moulay Ismail avaient chacun leur parti : ce qui produisait en effet cinquante guerres civiles. Des noirs contre noirs, des noirs contre basanés, des basanés contre basanés […] c’était un carnage continuel dans toute l’étendue de l’empire".

Ne pas humilier les Marocains, évidemment, mais humilier le Makhzen, ce système de gouvernance d’allégeance forcée  et, si possible, quelle bonne idée!

Il est fatiguant d'écouter les discours du Roi, précautionneux et sans perspective juste des délires pédo-satanistes, applaudis par  ces élites et journalistes convaincus que le makhzen représente quelque chose, la meute hurle au phantasme autre que donner au tyran ce qu'il réclame.

Le pouvoir du makhzen marocain a asservi de nombreuses tribus berbères et Arabes, ils ne se sont pas pour la plupart libérés. Le Rif avait bel et bien son histoire comme entité autonome et indépendante, l’ignorer serai à la limite de l’utopie, le Rif est réellement une entité historiquement autonome et craint en tant que telle, il suffit de suivre l’actualité, de voir et de savoir que c’est la seule région homogène dans sa culture et dans son espace géographique, à subir le charcutage de découpage régional de la réforme de régionalisation initier par le Makhzen pour garder une plus forte main mise  !

En final il reste  à libérer le peuple Marocain, et lui-seul peut y parvenir. A chaque peuple ses constantes et le choix de ses maîtres. Le peuple Marocain, devenu frileux, timoré, velléitaire, a fait le choix qui lui convient: un sultan prétentieux, présomptueux et égocentrique.

Le jour où les Marocains auront compris, ceci ils arrêteront leurs monarchismes exacerbés et saisir qu’ils ne sont pas vraiment bien placés pour donner des leçons, alors on pourra effectivement avancer que le peuple Marocain à quitter l’ère du moyen-âge.  

Et donc maintenant, le Makhzen Marocain veut continuer à jouer à son Monopoly et bien sur les Rifains et les Sahraouis ne sont pas d'accord. On les comprend !!!!!

En tout cas ce n’est pas une affaire algérienne.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/


Rif : mémoire d’un peuple debout, face au silence du Makhzen

 Rif : mémoire d’un peuple debout, face au silence du Makhzen

Il y a dans les montagnes du Rif une mémoire que nul pouvoir central n’a réussi à effacer. Une mémoire rebelle, forgée dans la résistance contre l’occupation, contre l’autoritarisme, et contre l’effacement politique. Une mémoire qui dit : dignité, justice, liberté.
C’est cette mémoire qui a donné naissance, en 1923, à la République du Rif, sous la direction de l’émir Abdelkrim El Khattabi — première tentative moderne d’autodétermination dans le Maghreb. Elle fut écrasée par les puissances coloniales, avec la complicité du Makhzen. Mais elle n’a jamais cessé d’exister dans les consciences.

Aujourd’hui, le Rif n’a pas oublié.

Un peuple marginalisé dans son propre pays

Depuis l’indépendance, la région du Rif est traitée non comme une composante du pays, mais comme un sujet à surveiller.
Les investissements y sont faibles, l’accès aux infrastructures limité, le chômage massif, l’émigration presque une nécessité.
Dans les villages de l’arrière-pays, l’école manque, l’hôpital manque, l’avenir manque.

Et lorsque les jeunes demandent simplement d’être traités comme des citoyens, on leur répond par les tribunaux, la prison ou l’exil forcé.

Le Hirak n’était pas une révolte : c’était un verdict C’était pour réclamer la vie. C’était un cri de dignité pour des hôpitaux, pour des universités, pour le droit de vivre et de rester chez soi

Ce cri a été accueilli par le silence, puis par la répression. Le droit de ne pas mourir écrasé dans un camion à bennes et l’État a répondu par : les arrestations, les procès politiques, les peines interminables.

Ce cri a été accueilli par le silence, puis par la répression Des dizaines de jeunes croupissent encore en prison pour avoir demandé la dignité. Voilà la vérité.

Amazigh : l’homme libre

Les Rifains ne demandent pas des privilèges. Ils demandent la reconnaissance de ce qu’ils sont : un peuple amazigh, héritier d’une histoire anticoloniale, porteur d’une vision de justice et d’égalité. Dire Amazigh, ce n’est pas un slogan identitaire.
C’est affirmer le principe fondateur de toute société moderne :
un peuple ne peut vivre digne que lorsqu’il participe à décider de son destin.

Ce qui se joue dépasse le Rif

Les crises sociales qui frappent le Maroc aujourd’hui — chômage massif, inégalités extrêmes, corruption, fuite de la jeunesse — ne sont pas des problèmes régionaux.
Elles révèlent une fracture nationale profonde.

Le Rif n’est pas en marge :
il est le miroir où se reflètent les contradictions du pays.

Et tant que la question du Rif restera traitée comme un dossier sécuritaire, tant que la parole populaire sera considérée comme une menace, tant que l’histoire d’Abdelkrim sera tue,
le Maroc restera avec une partie de lui-même brisée.

Pour une justice historique et politique

Il est temps : de reconnaître officiellement la République du Rif comme chapitre fondateur de l’histoire moderne du Maghreb, de libérer les prisonniers du Hirak, symbole d’une jeunesse refusant l’humiliation, de mettre fin à la marginalisation structurelle de la région, d’ouvrir enfin un dialogue politique national authentique sur la décentralisation, l’égalité territoriale, la dignité économique.

Parce qu’aucune construction politique durable ne peut s’appuyer sur le silence, la peur ou l’oubli.

Conclusion : le Rif est debout

Le Rif n’attend pas d’être sauvé. Le Rif n’attend pas la permission d’exister. Le Rif ne demande qu’une chose : la reconnaissance de sa place dans une histoire qu’il a contribué à construire. Le Rif ne se taira pas. Parce que le silence, c’est déjà une tombe.
Et ce peuple-là n’est pas né pour être enterré. Ce peuple porte   la mémoire.
Ce peuple porte la dignité.
Ce peuple porte la preuve qu’un autre avenir est possible. Et il  continuera.
Jusqu’à ce que justice soit faite. La dignité  d’un peuple n’est pas une revendication. C’est un droit. Et c’est ce droit que le Rif continue de défendre, debout.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Pour l’extrême droite : L’immigration, un bouc émissaire commode


Le débat sur l’immigration en France est aujourd’hui traversé par une forte charge émotionnelle. Certains médias et tribunes engagées, particulièrement proches de l’extrême droite, construisent un récit alarmiste où l’immigration serait à l’origine de l’ensemble des difficultés sociales, économiques ou culturelles du pays. Un exemple récent illustre ce glissement : un texte virulent dénonçant la politique étrangère française, les coopérations culturelles avec l’Afrique, et prêtant à l’immigration des intentions hostiles, voire destructrices. Mais ce type de discours ne cherche pas à éclairer : il vise à inquiéter, à diviser et à désigner des ennemis intérieurs.

Un discours qui ne repose pas sur des faits mais sur des émotions

Ce type de texte utilise plusieurs procédés rhétoriques bien identifiés :

Généralisation abusive : quelques comportements d’individus sont étendus à des millions de personnes.

Amalgame identitaire : immigration = islam = délinquance = menace civilisationnelle.

Sélection orientée d’exemples : on ne retient que des cas négatifs pour créer une impression de danger.

Absence de données vérifiables : jamais de chiffres complets, jamais de sources neutres.

L’objectif n’est pas de débattre de politique migratoire, mais de fabriquer un récit d’invasion et de chaos qui entretienne la peur.

Ce que montrent réellement les données sur l’immigration

Contrairement à ce que ces discours laissent entendre :

90% des titres de séjour délivrés en France sont légaux (études, travail, regroupement familial, asile).

La majorité des immigrés travaille, cotise et contribue à l’économie.

80% des migrations africaines restent sur le continent africain : il n’y a pas « d’invasion ».

Les enquêtes sociologiques (INED, CNRS) montrent que la grande majorité des Français musulmans adhère aux lois de la République.

Reconnaître ces réalités ne signifie pas nier les difficultés. Il existe des enjeux d’intégration, de logement, de ségrégation urbaine, de discriminations. Mais la simplification brutale « immigration = problème » empêche de les résoudre.

Une vision erronée de l’identité française

On lit souvent que la France se « dissoudrait » au contact d’autres cultures. C’est oublier une évidence historique :
La France s’est toujours construite par apports successifs.

Romains, Gaulois, Celtes, Francs,

Apports méditerranéens, caraïbes, africains, asiatiques…

Christianisme, laïcité républicaine, Lumières…

La France est une nation qui intègre, transforme et crée, pas une forteresse qui se fige.
Dire que la France a une part d’africanité n’est pas une provocation : c’est une réalité historique, linguistique, culturelle et humaine.

Le vrai risque n’est pas l’immigration, mais la fragmentation politique

La société française ne souffre pas d’un excès d’altérité, mais d’un excès de méfiance.
La fracture ne vient pas de la diversité, mais du refus de la reconnaître comme fait social durable.

Plus on entretient l’idée d’un « eux contre nous », plus on fabrique précisément ce que l’on prétend craindre : des sociétés parallèles, de l’incompréhension, de la défiance.

Ce dont la France a besoin, ce n’est pas d’un ennemi intérieur, mais : d’une politique migratoire claire et transparente, d’une lutte résolue contre les discriminations, d’un projet d’intégration ambitieux, d’un langage public responsable et apaisé

Conclusion : choisir l’intelligence politique plutôt que la peur

Critiquer une politique migratoire est légitime. Instrumentaliser des populations entières ne l’est pas.

La France ne gagnera rien à se replier sur elle-même, à s’enfermer dans la défiance ou à essentialiser des millions de citoyens ou de résidents.
Elle ne cessera d’être la France que le jour où elle renoncera à son idéal universaliste, à sa capacité à intégrer, à sa foi dans l’intelligence collective.

L’immigration n’est pas la cause de leurs fractures. C’est leur manière d’en parler qui peut en créer — ou les apaiser.

 A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Le Makhzen Marocain et ses interprétations médiatiques courtisanes

À les entendre, dans l’espace médiatique du Makhzen, la question du Sahara occidental demeure l’un des sujets les plus chargés symboliquement, politiquement et historiquement. Elle cristallise passions, identités et représentations de souveraineté. Un dernier argument de propagande est désormais propagé avec force : Le Maroc constituerait par une autonomie verticale avec son Sahara marocain.

L’autre argument de propagande répété ad nauseam par les cajoleurs du Makhzen consiste à dire que le Sahara Occidental, tout bien pesé, n’existerait pas, né d’un mythe fondateur. Qu’il serait depuis toujours une terre Marocaine. 

Mais au-delà des émotions, il existe une réalité juridique et diplomatique qui ne devrait ni être ignorée, ni instrumentalisée.
Or, on observe aujourd’hui, dans une partie significative de la presse marocaine, une tendance à affirmer que les Nations unies auraient désormais adopté le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme unique cadre de règlement. Cette affirmation se répand, se répète, s’enracine – mais elle ne correspond pas aux textes.

Il est donc important de rappeler ce que disent réellement les résolutions du Conseil de sécurité, c’est-à-dire le seul cadre reconnu par la communauté internationale. Ce sont toujours les mêmes qui font aujourd’hui mine de croire que le Roi du Maroc pourrait respecter le droit international. L’expérience nous enseigne qu’aucun dictateur, saisi par l’hubris, par l’ivresse d’un pouvoir sans limite, n’est à l’abri de décisions défiant la raison. Ce vertige a conduit Hassan 2 avec sa marche verte jusqu’au Sahara Occidental 1971 pour un faire son bien. Je ne me souviens pas que les causes du conflit aient été expliquées autrement que par le désir agressif de conquête du Roi

Le langage du Conseil de sécurité : le cœur du dossier

Depuis plus de quinze ans, les résolutions du Conseil de sécurité du maintien de la paix au Sahara ont adopté une formule désormais stable.
La résolution 2703 (30 octobre 2024), comme celles qui l’ont précédée (2602, 2654, 2685), affirme :

« Le Conseil de sécurité réaffirme la nécessité d’une solution politique réaliste, pragmatique et durable, mutuellement acceptable, fondée sur le compromis. »

Cette phrase est centrale. Elle constitue le cadrage diplomatique du conflit. Elle signifie trois choses essentielles : Aucune solution ne peut être imposée unilatéralement. Aucune solution n’est considérée comme acquise. Le résultat final doit être négocié.

En d’autres termes, l’ONU n’a pas tranché et ne déclare pas que le Sahara a été ou serai marocain. Elle ne déclare pas non plus qu’il doit devenir indépendant c’est au peuple Sahraoui d’en décider) Elle demande un processus, pas un verdict.

La reconnaissance du plan d’autonomie : une appréciation diplomatique, pas une validation juridique Les résolutions saluent la proposition marocaine : « Le Conseil de sécurité prend note des efforts sérieux et crédibles du Maroc. »

Cette formule signifie que le Maroc : a présenté une proposition solide, cohérente et compatible avec l'idée de compromis. Cela n’a rien d’anodin. Mais cela ne signifie pas que : le plan d’autonomie est la seule base de négociation, que l’indépendance est exclue par principe, ou que l’ONU adopte la vision marocaine du conflit.

Dire le contraire, comme le font certains éditorialistes, revient à passer de la reconnaissance de la valeur d’une proposition à l’affirmation de sa supériorité exclusive.
C’est un glissement politique, pas juridiquement fondé.

Le référendum : toujours inscrit,  Il est essentiel de rappeler que le référendum d’autodétermination n’a jamais été supprimé du cadre onusien.
Il demeure une option, théoriquement ouverte.

Mais dans les faits, l’ONU elle-même a constaté son impossibilité opérationnelle, en raison du blocage technique, non tranchable, qui a conduit l’ONU à substituer la logique du vote à celle de la négociation politique.

Ainsi : L’indépendance n’est pas juridiquement abandonnée, mais n’est plus le scénario opérationnel privilégié à ce stade.

La question du rôle de l’Algérie

Un élément évolue néanmoins dans le discours onusien récent : la mention explicite des quatre parties. Les résolutions ne parlent plus seulement de « deux parties », mais : « Le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie. »

L’Algérie n’est donc plus considérée comme simple « pays voisin », mais comme un acteur nécessaire du processus politique. Cela ne veut pas dire : qu’elle doit accepter l’autonomie, ni qu’elle endosse le rôle de belligérant.

Cela veut dire : qu’aucune solution durable ne peut être trouvée sans l’Algérie. Reconnaître cela relève du réalisme, non de la concession.

Le danger du triomphalisme discursif

Que certains États soutiennent la proposition marocaine, notamment plusieurs pays africains, arabes et européens, est un fait.
Que la dynamique diplomatique évolue dans le sens d’une solution négociée plutôt qu’un référendum binaire est également un fait.

Mais transformer ces tendances en victoire définitive est un raccourci dangereux.

Pourquoi ? Parce que : Une position exagérée est aisément démontée. La crédibilité se construit sur l’exactitude, pas sur l’affirmation. La diplomatie se joue dans la nuance, jamais dans le slogan.

Le conflit du Sahara souffre déjà suffisamment de la surinterprétation, de la communication identitaire et de la simplification stratégique. L’heure n’est pas au spectacle politique, mais au travail patient et lucide.

Conclusion

Le Conseil de sécurité n’a ni tranché en faveur de l’autonomie, ni maintenu la centralité du référendum : il a installé la recherche du compromis comme seule voie crédible.

Cela implique : écouter, négocier, reconnaître les contraintes de l’autre.

Il me semble que la presse du Makhzen est appelée à faire la politique internationale, pas du récit national. La paix, la stabilité et la coopération maghrébine méritent mieux que des certitudes proclamées cela demande une maîtrise du langage diplomatique, le respect du cadre juridique, et une honnêteté intellectuelle face aux faits. Sans cela, le conflit continuera moins parce qu’il est insoluble que parce qu’il est mal raconté.

Une même fuite en avant s’observe au Maroc dans le camp royaliste. C’est un fait : le Makhzen ne sait plus argumenter autrement que par le mépris, l’injure, la diabolisation. Ce manichéisme bas de gamme est également utilisé par une partie de la politique  Il suffit d’entendre les arguments anti-Algérie rudimentaires Bourita ou de Omar Hilale  pour s’en convaincre.

A leur décharge, les courtisans du royaume qui ont une très forte impression qu'ils contribuent pour beaucoup dans le cout politique du Makhzen. Un peu comme pense le Français moyen avec le cout social de l'immigration! A chacun son ressentiment.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Le Makhzen Marocain s’offre l’article d’Elliott Abrams, ancien conseiller américain comme un verdict diplomatique :

Un article d’Elliott Abrams, ancien conseiller américain, relayé par plusieurs médias comme un constat objectif de la situation au Sahara occidental, défend en réalité une lecture biaisée et alignée sur les intérêts stratégiques des États-Unis. Il ne reflète ni la position du Conseil de sécurité, ni le droit international, encore moins la voix du peuple sahraoui.

Tribune : On a pu lire, ces derniers jours, que le Maroc aurait remporté une « victoire décisive » au Conseil de sécurité de l’ONU concernant le Sahara occidental. À l’origine de cette affirmation, un article signé par Elliott Abrams, ancien conseiller spécial à la Maison Blanche, et publié par le Council on Foreign Relations (CFR). Présenté dans la presse marocaine comme un verdict diplomatique ou une analyse autorisée, ce texte n’est en réalité qu’une opinion personnelle. Et, surtout, une opinion portant un parti pris idéologique clair en faveur de la position marocaine.

Il est essentiel de rappeler que le CFR est un think tank pluraliste : il publie des contributions reflétant des perspectives diverses, parfois contradictoires. Aucun texte signé par un individu n’y vaut position institutionnelle. Or, dans certains médias, l’opinion d’Abrams a été présentée comme si les États-Unis, le Conseil de sécurité ou la communauté internationale avaient définitivement tranché la question. C’est inexact. Et c’est politiquement lourd de conséquences.

Car ce texte opère une simplification radicale du conflit. Abrams décrit le Maroc comme la partie « raisonnable » et « moderne », tandis que le Front Polisario serait un mouvement « anachronique » issu de la guerre froide, soutenu par une Algérie forcément hostile. Ce récit efface totalement la dimension fondamentale du dossier : le Sahara occidental reste un territoire non autonome selon l’ONU. À ce titre, les Sahraouis disposent d’un droit inaliénable à l’autodétermination, principe central du droit international, et reconnu par toutes les résolutions du Conseil de sécurité depuis près de cinquante an.

Ce droit n’est pas une revendication marginale, ni une lubie idéologique : il est la clé juridique du conflit.

Pourtant, dans l’article d’Abrams, ce droit disparaît. La population concernée disparaît. Le conflit devient exclusivement géopolitique : Maroc contre Algérie, sécurité contre instabilité, modernité contre archaïsme. Ce glissement n’est pas seulement discutable : il est dangereux. Car il nie l’existence du peuple sahraoui comme sujet politique de son propre destin.

Par ailleurs, Abrams prétend que la récente résolution du Conseil de sécurité consacrerait la proposition marocaine d’autonomie comme la seule solution crédible. Or, c’est une lecture sélective et incomplète. La résolution réaffirme qu’une solution doit être politique, négociée et mutuellement acceptable. Elle ne reconnaît ni souveraineté marocaine, ni indépendance sahraouie. Elle demande aux parties de reprendre les négociations. Autrement dit : rien n’est réglé.

Que l’ancien conseiller américain omette ce point n’est pas un oubli. C’est une construction.
Elle permet de présenter comme acquis ce qui ne l’est pas, et de transformer un rapport de force diplomatique en vérité finale.

La justification que donne Abrams est d’ailleurs explicite : les États-Unis soutiennent Rabat parce que le Maroc est un allié stratégique stable, notamment depuis la normalisation de ses relations avec Israël. Le raisonnement est clair : ce qui importe, ce n’est ni la volonté des Sahraouis, ni le droit international, mais l’alignement géopolitique.

Autrement dit, ce texte n’explique pas ce qui est juste. Il explique ce qui arrange. Il ne dessine pas une solution. Il défend une préférence diplomatique américaine.

Enfin, l'article dévoile, malgré lui, l’argument déterminant : le soutien américain au Maroc découle de considérations stratégiques, notamment depuis la signature des accords de normalisation avec Israël en 2020. Ce n’est donc ni un soutien « moral », ni un soutien « historique », mais un soutien d’intérêts, inscrit dans le repositionnement américain au Maghreb. Ainsi, ce texte ne dit pas : « le Maroc a raison ». Il dit : « le Maroc nous est utile ».

C’est là toute la différence entre la diplomatie et l’instrumentalisation.

Pour la partie marocaine, Il s’agit d’un commentaire qui reflète une lecture pro-marocaine de la diplomatie américaine. Cette sélection de faits vise à créer l’impression d’une victoire diplomatique totale, Mais ne reflète ni la complexité du conflit, ni l’ensemble des positions internationales, ni les revendications sahraouies au titre de l’autodétermination.

Le Conseil de sécurité ne statue pas sur la base des alliances géopolitiques, mais sur la base du droit international. Et le droit international, lui, reste clair :
Le Sahara occidental n’est pas marocain. Son peuple doit choisir.

La seule question demeure, et elle est simple :
Quand permettra-t-on au peuple sahraoui d’exercer son droit légitime à l’autodétermination ?

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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