Israël, Sionisme et autres contes pour adultes crédules :

Il faut parfois commencer par l’évidence, surtout quand elle a été piétinée avec autant d’assurance : non, l’islamisme n’est pas le “fils spirituel du nazisme”. Chronologiquement, déjà, c’est compliqué. À moins d’imaginer une causalité rétroactive, une sorte de voyage idéologique dans le temps où Nazisme engendrerait ce qui le précède, l’argument relève moins de l’analyse que du réflexe pavlovien.

Mais ce genre de contresens n’est pas une erreur.
C’est une méthode.

Fabriquer l’ennemi : mode d’emploi simplifié

Le mécanisme est désormais bien huilé :

  1. On choisit un adversaire.
  2. On le diabolise.
  3. On le compare à Hitler, étape obligatoire, sinon l’émotion ne prend pas.
  4. On conclut que toute action contre lui devient légitime.

C’est pratique. C’est rapide. Et surtout, cela évite de réfléchir. Car si tout est “nazisme”, alors plus rien ne l’est vraiment mais tout devient attaquable.

La morale à géométrie variable

On nous explique ensuite, avec un sérieux admirable, que l’Iran constitue une menace existentielle pour le monde.

Très bien.

Mais alors une question simple, presque naïve :
combien de guerres offensives l’Iran a-t-il déclenchées récemment contre des puissances occidentales ?

Silence.

En revanche, les opérations clandestines, les sabotages, les assassinats ciblés,  eux  sont documentés. Et ils ne viennent pas tous de Téhéran.

Imaginons un instant — exercice de pensée interdit mais salutaire — qu’un État étranger envoie des agents éliminer des ingénieurs français sur le sol national.

Appellerait-on cela de la “prévention” ?
Ou du terrorisme d’État ?

Tout dépend, visiblement, de qui appuie sur la gâchette. Je pense d'ailleurs que, pour suivre les conseils, je vais aller buter mon voisin dont je soupçonne qu'il veut ma disparition. Vaut mieux être prudent.

 

Le conflit que tout le monde voit… sauf quand il faut le nommer

On nous parle d’un Iran agressif.
Mais on admet dans le même souffle qu’il subit infiltrations, sabotages et opérations clandestines depuis des décennies.

Donc il y a bien un conflit.

Mais un conflit où l’un agit ouvertement, et l’autre… devrait rester immobile pour rester moralement acceptable. C’est un drôle de définition de la légitime défense.

Le grand théâtre des motivations nobles

Puis viennent les justifications nobles :

la démocratie,
les droits humains,
la condition des femmes.

Un triptyque désormais classique. Mais derrière le décor, les objectifs réels apparaissent à peine dissimulés : contrôle des ressources, équilibres régionaux, rapports de force. Même Donald Trump a parfois l’élégance brutale de le dire sans fard.

Le reste ?
Du vernis.

Du langage pour consommation médiatique. Des “graines pour pigeons”, comme dirait l’autre.

L’obsession utile : détourner le regard

Pendant ce temps, on nous invite à concentrer notre peur sur un ennemi désigné.

Pourquoi lui ?
Pourquoi maintenant ?

Pourquoi pas d’autres États, tout aussi problématiques, parfois bien plus directement impliqués dans des dynamiques violentes ?

La réponse est simple :
certains ennemis sont utiles, d’autres sont… utiles autrement.

La dissuasion, cette vérité qu’on préfère taire

Il existe une leçon que tout le monde connaît mais que personne n’aime formuler : les pays qui possèdent l’arme nucléaire sont rarement attaqués.

Les autres… beaucoup plus. Demandez à Muammar Guadafi ce qu’il en pense, enfin, ce qu’il en penserait.

Le message est limpide :
renoncez à vous défendre, et vous serez “fréquentables”.
Résistez, et vous deviendrez une menace.

Le mensonge comme politique étrangère

Et puis il y a ce détail gênant : la narration change. Un jour, on nous explique que la menace est neutralisée. Le lendemain, qu’elle est imminente.
Entre les deux, aucune contradiction apparente, du moins, pas pour ceux qui ne regardent pas de trop près. Les services de renseignement eux-mêmes peinent parfois à suivre le scénario.

Mais peu importe.

L’important n’est pas la cohérence. L’important est l’effet.

Qu'on raconte ce qu'on veut sur l’uranium et d'autres choses, par principe je n’y prête pas attention. Le péril existe, c'est tout. Quant à la diplomatie, aux négociations, aux traités et aux compromis, quand on a affaire à des fanatiques, ce sont des foutaises, et des foutaises dangereuses.

Tous ceux qui se sont fiés aux traités passés avec les sionistes l' ont regretté. Et le sionisme reste le fils spirituel du nazisme. Je n'emploie pas ce mot comme une injure politique envers des gens que je n'aime pas.

Nazisme, fascisme, sionisme, totalitarisme, génocide sont pour moi des mots avec un sens précis, et je ne les emploie pas à la légère. Bien sûr que si il existe des similitudes. Dans le mensonge, dans les prétextes invoqués, dans le silence quant aux objectifs réels même si Trump les cache de moins en moins dans ses posts avides de pétrole. Ceux des Israéliens sont d'ailleurs différents, mais vont bien au-delà d'une légitime protection dont on nous avait dit pourtant qu'elle été assurée depuis les bombardements de juin dernier.

On nous aurait menti ?

Quand en fait, en juin ou en mars ? Les deux peut-être ? Quand de hauts responsables des services américains proclament qu'il n'y avait pas de danger de ce côté-là, ça la fout encore plus mal. Au moins en 2003 ils ne se contredisaient pas entre eux.

La stratégie israélienne : survivre ou dominer ?

Pour les Israéliens j'avais évoqué il y a quelque temps cette notion de profondeur stratégique dont ils étaient en quête en fait depuis leur création, la vulnérabilité du pays étant évidemment liée à sa taille; ça peut se faire par la conquête mais ça reste difficile faute de monde pour occuper le terrain, ça se limitera donc à l'annexion de la Cisjordanie, celle déjà de facto du Golan et celles du Sud-Liban qui sera amputé joyeusement sans grandes protestations.

Pour le reste il s'agit donc, non pas de saisir, mais de neutraliser les grandes puissances. Il ne s'agit pas de changer le régime de l'Iran mais de détruire ce pays, d'en faire un champ de ruine durable. ça se comprend quand on est Israélien voire Juif, mais je ne vois pas pourquoi en tant que Français, je devras applaudir à ça, à la prédation du pétrole, en fait un retour vers le passé, et la destruction d'un pays dont certes le régime qui le dirige actuellement n'est pas terrible, c'est un euphémisme, mais qui sert assez bien finalement de prétexte à la réalisation d'objectifs qui n'ont rien, mais alors rien à voir, avec la "libération" du peuple iranien du joug des mollahs.

La conclusion qui dérange

Au fond, tout cela est d’une simplicité presque brutale.

On construit un ennemi.
On fabrique une menace.
On ajuste le récit.
Et on agit.

Ensuite, on explique. Toujours après coup. Et pendant ce temps, une idée continue de circuler, lente, persistante, corrosive :

si les justifications changent en permanence,
si les ennemis sont interchangeables,
si les principes s’adaptent aux circonstances…

Alors peut-être juste peut-être que le problème n’est pas seulement du côté de ceux que l’on désigne. Et c’est là que le rire devient noir. Parce qu’à force de voir du nazisme partout,
on finit surtout par banaliser les méthodes qu’on prétend dénoncer. Et ça, pour le coup, ce n’est plus une analogie.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

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