Comme l’a dit Todd, les Etats-Unis
ne sont plus des producteurs, mais des voleurs. Le mandat de Trump ne fait
guère exception à la règle…
Enfin une
bonne nouvelle pour la diplomatie internationale : la paix mondiale a un prix.
Et mieux encore, elle est négociable.
Un milliard
de dollars pour un siège permanent, l’offre émanant de la Maison-Blanche a le
mérite d’une chose rare en politique internationale : la clarté. Plus besoin de
sommets interminables, de communiqués creux, de poignées de main chorégraphiées
devant des drapeaux. Désormais, on passe à la caisse. Carte bancaire
acceptée. Chèques internationaux aussi. L’ONU peut ranger ses grands mots.
Elle est devenue une place de marché.
Trump, ou le manager qui a viré le service
communication :
Donald Trump
n’a pas détruit l’ordre international. Il a supprimé le service après-vente
idéologique. Il a compris que le storytelling coûtait plus cher
que le cynisme assumé. Alors il parle comme un chef d’entreprise en difficulté
: brutal, comptable, obsédé par le rapport coût/bénéfice.
Les
diplomates européens hurlent au scandale. Quelle indécence ! Quelle vulgarité !
Mais ils continuent, eux, à vendre des armes au nom de la paix, à imposer
l’austérité au nom de la solidarité, à détruire des économies au nom de la
stabilité.
La
différence ?
Trump ne prétend plus que c’est vertueux.
L’Europe : une puissance morale sans pouvoir réel
L’Union
européenne adore donner des leçons. Elle est le premier exportateur mondial de
normes, de résolutions et de « valeurs ». Malheureusement, aucune de ces
marchandises n’a encore arrêté un char, dissuadé une puissance ou empêché un
pillage.
450 millions
d’Européens vivent dans ce que l’on pourrait appeler une démocratie sous
cloche : on vote, mais dans un cadre déjà verrouillé. On débat, mais jamais
des sujets centraux. On s’indigne, mais toujours trop tard. La souveraineté a été
externalisée, la responsabilité diluée, et la colère canalisée vers des débats
sociétaux sans danger systémique.
Résultat :
le plus grand braquage financier de l’histoire occidentale s’est déroulé sans
cagoules ni fusils, sous les applaudissements polis des institutions.
Et Trump
regarde ça avec un sourire de commerçant : vous appelez ça gouverné
?
Davos : théâtre d’ombres et leaders en mousse
À Davos, les
dirigeants européens se succèdent pour expliquer doctement un monde qu’ils ne
contrôlent plus. Ils parlent de transitions, de résilience, de gouvernance
inclusive. Trump, lui, parle de territoires, de ressources, de leviers.
Il ne croit
pas à leurs récits. Il sait qu’ils n’ont plus de prise sur le réel. Il les
traite comme ce qu’ils sont devenus : des gestionnaires de contraintes, des
intendants d’un ordre décidé ailleurs. Quand Trump se moque, il ne ridiculise
pas : il classe.
Et l’Europe est reléguée au rang de marché captif.
Trump
produit ainsi des tensions, des peurs, des doutes, des inquiétudes, notamment
chez les dirigeants européens qui sont prisonniers de leur paradigme moderne
qui consiste à lire le réel et à agir sur lui par des catégories abstraites et
rigides les unes des autres
La démocratie comme produit dérivé
La
démocratie occidentale n’est plus un régime politique. C’est un argument
marketing. On l’exporte quand elle sert, on l’oublie quand elle gêne. Elle
sert à justifier des sanctions, jamais à les subir.
Trump ne
croit pas à ce fétiche. Il voit ce que c’est devenu : une façade commode pour
masquer la domination économique et militaire. Alors il l’ignore. Et ce mépris
est insupportable pour ceux qui ont fait carrière en y croyant — ou en faisant
semblant.
Ce que Trump
propose n’est pas la guerre permanente. C’est mieux que ça : une stabilité
tarifée.
Tu veux la paix ? Paie.
Tu veux la sécurité ? Aligne-toi.
Tu veux parler ? Montre ce que tu apportes.
Le reste, le
droit international, la morale universelle, les grands principes est relégué au rayon décoration. Utile pour
les discours, inutile pour les décisions.
Les États-Unis : empire en liquidation contrôlée
Les
États-Unis ne dominent plus par la production, mais par l’extraction. Ils ne
créent plus autant qu’ils captent. Leur monnaie tient par la contrainte, leur
influence par la peur de l’exclusion, leur puissance par la capacité de
nuisance. Trump gère cette fin de cycle comme on gère une entreprise
surendettée : il vend ce qui peut encore l’être, il menace les créanciers, il
sécurise les actifs. Il ne promet rien. Il encaisse.
Le vrai scandale : l’adaptation générale
Le plus
inquiétant n’est pas l’offre indécente. C’est la rapidité avec laquelle le
monde s’y habitue. Un siège permanent contre un milliard ?
Après tout, pourquoi pas.
Le réel est brutal, dit-on.
Il faut être pragmatique, ajoutent les mêmes qui hier parlaient de valeurs non
négociables.
Nous avons changé d’époque sans le dire. Le grotesque est devenu normal. L’inacceptable est devenu discutable. Et le cynisme, une preuve de lucidité.
Trump n’est pas une anomalie. Il est le miroir.
Il renvoie
aux élites occidentales l’image qu’elles évitent soigneusement de regarder :
celle d’un monde qu’elles ont vidé de sens, puis abandonné au marché. Trump ne
construit rien. Il liquide. Mais il liquide à visage découvert, et pendant que
l’Europe continue de disserter sur l’État de droit, ils sont fucked.
Ils cuisent dans leur peur. En prenant fait et cause pour Trump contre l’Europe
on ne joue pas contre la France ou l’Europe, mais bien contre l’oligarchie
mondialiste qui a confisqué l’UE, et notre pays, et les sous qui vont avec. .
Les Européens, qui
jour après jour, piétinent allègrement la souveraineté outrepassent leurs
prérogatives pour imposer tout et n'importe quoi aux autres (les autres tous
dictatures), ces Européens auraient la notion chevillée au corps du respect de
la souveraineté de chacun de ses membres, cette Europe, j'allais dire
démocratique, ce qu'elle n'est pas, a justement été conçue pour priver de leur
souveraineté les Etats la constituant sans jamais en acquérir une qui lui soit
propre. Et on la voit aujourd'hui en train de gigoter dans le vide parce que
précisément celui qui l'a conçue pour devenir ce qu'elle est, un vaste ensemble
économique sans âme propre, lui signifie un congé proche. C'est franchement
pitoyable !
Leur
république ne vaut plus rien, et leur démocratie européenne qui sert de masque
à l’OTAN est de la merde en barre mais il se trouve que ça libère d’un grand
poids, celui de la tyrannie Européenne. La caisse de la paix mondiale clignote encore : Insérez
votre milliard.
A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur
inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/

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