Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Iran : une révolte populaire confisquée par la guerre idéologique des Occidentaux:

 

La révolte du peuple iranien contre le régime des mollahs mérite mieux que les tribunes hypocrites qui prétendent la défendre tout en la détournant. Car ce qui se joue aujourd’hui dans certains médias occidentaux n’est pas un débat honnête sur la solidarité internationale, mais une opération de récupération politique : utiliser une lutte réelle, sanglante, courageuse, pour régler des comptes idéologiques en Europe.

Sous couvert de dénoncer un prétendu « silence de la gauche », ces discours fabriquent une fiction commode : celle d’une gauche occidentale lâche, aveugle, prisonnière de ses obsessions, incapable de soutenir les Iraniens sans arrière-pensée. Cette fiction est fausse. Et surtout, elle est dangereuse.

Un silence qui n’a jamais existé :

Il n’y a jamais eu de silence sur la révolte iranienne.
Depuis 2022, les mobilisations « Femme, Vie, Liberté » ont été largement relayées, commentées, soutenues. Des manifestations ont eu lieu, des sanctions ont été prises, des collectifs militants se sont mobilisés.

Ce que certains appellent « silence », c’est en réalité le refus de l’alignement.
Refus d’utiliser la révolte iranienne pour légitimer l’ordre géopolitique occidental.
Refus de transformer une lutte populaire en argument de propagande civilisationnelle.

Ce refus-là est intolérable pour ceux qui veulent un monde simple, divisé en camps, où toute critique doit servir un agenda.

Une gauche fantôme pour les besoins de l’accusation :

Pour que le procès tienne, il faut inventer un coupable collectif : « la gauche occidentale ». Un bloc imaginaire, homogène, caricatural. Une gauche réduite à quelques slogans, accusée de fermer les yeux sur les crimes des mollahs par obsession anti-américaine ou anti-israélienne.

La réalité est toute autre.
De nombreuses forces militantes soutiennent la révolte iranienne tout en refusant sa récupération. Elles refusent de choisir entre théocratie et impérialisme. Elles ne refusent que la liberté des femmes iraniennes serve à blanchir d’autres crimes ailleurs.

Ce n’est pas de l’aveuglement.
C’est une position politique cohérente.

Israël, la Palestine et le chantage moral

Là où le texte dévoile son vrai visage, c’est lorsqu’il suggère que soutenir la révolte iranienne deviendrait problématique parce que la chute du régime pourrait affaiblir les ennemis d’Israël.

Ce raisonnement est indécent.
Ce que beaucoup refusent, ce n’est pas la critique du régime iranien — elle est évidente — mais l’instrumentalisation de cette critique pour relativiser les crimes de l’État israélien et délégitimer toute solidarité avec le peuple palestinien.

On ne choisit pas quelles vies méritent d’être défendues.
On ne hiérarchise pas les luttes.
On refuse les chantages.

Le Hamas comme arme de disqualification

Comme souvent, le Hamas est convoqué pour clore le débat. Il ne sert pas à comprendre, mais à disqualifier. Toute tentative d’analyse est assimilée à une apologie, toute nuance à une complicité.

Cette logique est autoritaire.
Elle interdit de penser. Elle impose un alignement moral sous peine d’excommunication.

L’anti-américanisme n’est pas une maladie

Autre accusation récurrente : l’anti-américanisme serait un réflexe idéologique empêchant toute lucidité. C’est oublier un peu vite l’histoire.

L’Iran a connu le coup d’État de 1953.
Le monde a connu l’Irak, l’Afghanistan, la Libye.

Refuser que les luttes populaires servent de prétexte à de nouvelles ingérences n’est pas un dogme. C’est une leçon apprise dans le sang.

Le vrai cœur du discours : l’islam comme ennemi

Derrière la défense affichée des Iraniens se cache une thèse plus profonde : l’islam serait une civilisation intrinsèquement oppressive, incompatible avec la liberté. La révolte iranienne devient alors une preuve à charge contre une religion, une culture, des populations entières.

C’est une falsification.
La révolte iranienne n’est pas une guerre contre l’islam. Elle est portée par des croyants, des non-croyants, des féministes musulmanes, des laïques, des athées. Elle vise un régime, pas une civilisation.

Transformer cette lutte en argument islamophobe est une trahison pure et simple.

La fausse posture de la censure

Enfin vient la plainte finale : la pensée serait empêchée, la critique bâillonnée, le milieu oppressif.
C’est une posture bien rodée. Des discours omniprésents, invités sur les plateaux, publiés sans entrave, se présentent comme persécutés.

Cette victimisation est une imposture.

Conclusion : le passé qu’on tente de nous vendre comme avenir

Je vois, sur plusieurs chaînes de télévision, les appels de Reza Pahlavi, fils aîné de feu le shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi.
Il est sans doute utile de rappeler — ce que ne font pas les chaînes télé qui relaient très complaisamment ses appels — que son père s’est imposé au pouvoir en 1953 grâce à un coup d’État.

Le Premier ministre légitime, le Dr Mossadegh, coupable d’avoir nationalisé l’Anglo-Iranian Oil Company, fut renversé, jugé, puis assigné à résidence jusqu’à sa mort en 1965.

Le régime du Shah s’est appuyé sur la SAVAK, police politique organisée par la CIA : censure, arrestations, tortures, exécutions. La peur régnait, y compris parmi les étudiants iraniens à l’étranger. Les crimes de la SAVAK ont été dénoncés internationalement, y compris aux États-Unis.

C’est la révolution islamiste de 1979 qui a mis fin à ce régime.
Son fils, Reza Pahlavi, n’a jamais reconnu le caractère dictatorial ni la corruption du pouvoir de son père. Héritier de sa fortune, exilé aux États-Unis, il affirme être guidé par une « mission divine ».

C’est cet homme que certains médias européens tentent aujourd’hui de présenter comme une alternative crédible, en profitant d’une révolte qui ne lui doit rien.

Beaucoup d’opposants au régime des mollahs ne veulent ni des mollahs, ni du retour du fils du Shah. Le peuple iranien n’a pas renversé une dictature pour qu’on décide à sa place de son avenir.

La solidarité réelle commence ici :
soutenir la révolte iranienne sans la confisquer,
sans la vendre aux puissances,
sans ressusciter les fantômes du passé.

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                                           « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Le Makhzen en charge : autopsie d’un pamphlet anti-algérien

Sous couvert d’analyse sportive et géopolitique, un texte violemment hostile à l’Algérie a récemment circulé, franchissant toutes les lignes rouges : amalgames, mensonges, pathologisation d’un peuple entier. Cette tribune démonte méthodiquement un discours de haine qui ne dit rien de l’Algérie, mais beaucoup de ceux qui l’emploient.

Il y a des textes qui ne méritent pas le débat mais la mise à nu. Celui qui circule actuellement à propos de l’élimination de l’équipe d’Algérie à la CAN n’est ni une analyse sportive, ni une réflexion politique, ni même une opinion argumentée. C’est un pamphlet de ressentiment, un déferlement de mépris, un exercice de déshumanisation collective qui utilise le football comme alibi.

Derrière une indignation feinte se cache une réalité beaucoup plus simple : la haine a remplacé la pensée.

Des mensonges répétés ne deviennent pas des faits

Le texte empile des accusations graves sans jamais s’embarrasser de preuves : violences généralisées, complots internationaux, sanctions américaines ciblées, chaos diplomatique permanent. Tout y passe, sans source, sans rigueur, sans vérification.
Ce procédé est connu : répéter une contre-vérité jusqu’à lui donner l’apparence du réel.

En réalité, ce texte ne décrit pas des faits, il fabrique un récit. Un récit où l’Algérie est coupable par essence, où chaque incident devient une confirmation, et où toute contradiction est balayée comme faisant partie du “complot”.

Ce n’est pas de l’analyse. C’est de la propagande émotionnelle.

L’amalgame comme méthode, l’insulte comme conclusion

À aucun moment l’auteur ne distingue : des supporters de tout un peuple, des journalistes de millions de citoyens, des plateaux télévisés d’un État, des émotions sportives d’une trajectoire historique. Tout est volontairement confondu. Pourquoi ?
Parce que l’amalgame est indispensable à la stigmatisation. Sans lui, le discours s’effondre.

Ce n’est plus “certains supporters”, mais “les Algériens”.
Ce n’est plus “des débordements”, mais une “nature”.
Ce n’est plus un problème ponctuel, mais une “tare”.

On ne critique plus : on condamne collectivement.

La pathologisation d’un peuple : un seuil moral franchi

Le moment le plus abject du texte est atteint lorsque l’auteur évoque la psychiatrie, la schizophrénie collective, l’asile pour un peuple entier.
Qu’on ne s’y trompe pas : ce vocabulaire n’est jamais innocent. Historiquement, il a toujours servi à retirer leur humanité à des groupes entiers, à les présenter comme irrationnels, dangereux, incurables.

C’est exactement le même mécanisme que l’on retrouve dans les pires pages de l’histoire politique moderne, simplement recyclé avec un vernis pseudo-géopolitique.

À partir de cet instant, toute prétention à la rationalité s’effondre.

Le football n’est pas un tribunal civilisationnel

Les violences de supporters existent sur tous les continents.
Les débordements existent dans les stades anglais, italiens, français, argentins, brésiliens.
Les nationalismes sportifs existent partout.

Mais seuls certains peuples sont sommés de s’expliquer comme s’ils étaient anthropologiquement défaillants.

Ce deux-poids-deux-mesures trahit moins un souci d’ordre public qu’un regard hiérarchisant, où certains pays auraient droit à l’excuse de la complexité, et d’autres seraient condamnés à la caricature.

La réputation du tempérament des Algériens était reconnue à travers le monde. Ils sont conscients que nous ne tolérons ni la fraude, ni l’irrespect. Ils ont exploité le stress, la colère et le langage corporel pour nous inciter à encaisser des cartons (jaunes, heureusement pas rouges !) et ils ont gagné la partie comme anticipé grâce au soutien de leur arbitre. C’est ce qu’on appelle de la truanderie dans le monde du sport. J’aurais parié sur la défaite de ma propre équipe, mais malheureusement même si elle affronte les meilleurs teams du monde, je choisirais l’Algérie en vainqueur!

Informez-vous sur le mode de vie de tous les arbitres africains impliqués dans des rencontres truquées suite à une compromission. Ils mènent une vie de princes malgré des retraites très modestes.

La presse du Makhzen ne parle pas de l’Algérie, il parle de ses obsessions

En réalité, l’Algérie n’est ici qu’un écran de projection. Cette presse texte parle : d’une obsession politique, d’un ressentiment régional, d’une incapacité à penser le voisin autrement que comme un ennemi, d’un besoin compulsif de disqualification morale.

Il ne cherche pas à comprendre, il cherche à humilier.
Il ne vise pas la vérité, mais la confirmation d’un préjugé.

La vraie faillite est intellectuelle

On peut critiquer un État. On peut critiquer des dirigeants.
On peut critiquer des médias. On peut même critiquer une culture politique.

Mais quand on commence à parler d’un peuple comme d’un corps malade, on a déjà perdu le débat.

Cette presse n’est pas courageuse. Elle est lâche, n’est pas lucide elle est caricaturale.
Elle n’est pas rationnelle. Elle est pulsionnelle.

Conclusion

L’Algérie n’a pas besoin de leçons de dignité de la part de ceux qui confondent colère et intelligence, critique et haine, analyse et injure.
Les peuples ne sont pas des maladies. Les nations ne sont pas des pathologies. Et le football n’est pas une excuse pour recycler les discours les plus méprisants.

Ceux qui prétendent incarner la raison feraient bien de commencer par se regarder dans le miroir de leurs propres excès.

Voilà exactement ce qui arrive lorsqu’on confie un événement sportif continental à un Etat voyou. La Coupe d’Afrique des nations organisée au Maroc restera dans l’histoire non pas pour le talent des joueurs ou la ferveur populaire, mais comme l’une des plus grandes impostures du football moderne, disait un journaliste algérien.

Dès le premier coup de sifflet, la messe était dite. Arbitrages scandaleux, décisions grossièrement orientées, fautes ignorées, buts refusés sans justification, pression manifeste sur les officiels. Cette CAN n’est pas une compétition, c’est une mise en scène. Une mascarade où la tricherie, la manipulation et la corruption  à la fois matérielle et morale s’étalent sans la moindre retenue, sous les yeux d’un public médusé."

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                                                   « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme

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CAN 2025 au Maroc : L’imposture du "Roi Bâtisseur" et le sport comme paravent d’un Makhzen corrompu :

Découvrez comment le Makhzen instrumentalise la CAN 2025 pour masquer l’accaparement
des richesses par une minorité. Entre détournement des fonds publics, corruption des médias
européens et fabrication d'une menace algérienne imaginaire, plongez dans les
coulisses d'un régime qui sacrifie la santé et l'éducation de son peuple au
profit d'une propagande de prestige. Un éclairage sans concession
sur un Maroc devenu une 'terre hostile' pour ses voisins

Pour les Algériens, les Marocains restent de mauvais voisins tant qu'ils accumulent des gouvernants comme H.2 et M.6  qui pratiquent avec cynisme une politique continue d'affaiblissement politique, militaire et économique du Maroc qui va vers l’obscurantisme amené par une culture étrangère  juive et moyenâgeuse. Relativisme, cynisme, égoïsme, haine de soi, font le lit de sa destruction. Le bien-être du peuple Marocain ne viendra pas d’un pouvoir corrompu et conçu pour l’accaparement des richesses par une minorité de possédants, le bilan du Makhzen (largement favorisée par la France à la fin du protectorat) n’a jamais été brillant par l’étroitesse d’esprit, de l’égoïsme et des magouilles.

Cependant il n'appartient qu'aux Marocains de s'en sortir, désigner les Algériens coupables de leurs échecs semble un aveu sournois de faiblesse, de manière générale, le Maroc est agacé par l’engagement algérien en Afrique, qui marque son retour sur le continent africain. Le souverain du Makhzen voit par exemple d’un mauvais œil l’implication de l’Algérie au Niger, en Mauritanie et au Mali. Cet exemple est assez révélateur de la guerre médiatique que mènent depuis des années les médias du Makhzen Marocain, des attaques plus virulentes que les discours officiels, censées forger l’opinion publique mené dans une surenchère médiatique et diplomatique à l’encontre de l’Algérie.

Dans le cas du Maroc, l’opposition avec l’Algérie est un moyen de légitimer le makhzen en donnant le sentiment d’une menace extérieure, pourtant les demandes de la population Marocaines portent surtout sur la politique interne, et les citoyens ne considèrent donc pas les rivalités contre l’Algérie comme une priorité et ont trop d’intérêt à ce que des budgets disproportionnés soient consacrés à la gestion du Palais, à la défense et à la corruption pour l’achat des députés et des médias européens, ces sommes colossaux auraient pu être utilisées pour des services publics essentiels comme la santé ou l’éducation. On peut mesurer précisément l’impact sur l’opinion marocaine, bien que l’on puisse observer sur les réseaux sociaux la volonté de certains citoyens marocains de réaffirmer leur fraternité avec leurs voisins algériens. Pourtant plus de 45 à 55.000 ouvriers Marocains travaillent en Algérie, ce que les autorités du Makhzen forcent de garder en silence, ce qui  peut donc passer aux yeux de la société pour de la propagande.

Je suis Algérien, et nous sommes fiers du parcours de nos jeunes. Nous, Algériens  avons l’habitude de jouer dans l’adversité et de gagner,. Nous ne sommes pas des pleureurs et nous reviendrons plus forts. Nous avons perdu parce que l’adversaire était plus fort que nous et les polémiques sur l’arbitrage ne sont que des détails, Nous avons vu d’autres provocations en ce qui concerne l’arbitrage, et cette fois-ci l’Algérie a été en terre hostile au Maroc.  L’Algérie  c’est le pays de la jeunesse et d’hommes, pas de vulgaires madeleines.

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                                         « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme https://kadertahri.blogspot.com/

Le Mirage du Makhzen : Presse de Caniveau d’une Monarchie Ubuesque


Plongez dans une analyse sans concession de la presse du Makhzen, qualifiée de « vieillarde poissonnière » dévouée à la gloire d’une monarchie du Moyen Âge. Ce texte dénonce l'usage de la diffamation envers l'Algérie et des diversions comme la Coupe d’Afrique pour masquer l'extraordinaire incurie, la médiocrité et le laxisme de la classe politique entourant le Palais. Découvrez comment un climat politique ubuesque et une armada de « fainéants baise-main » maintiennent le pays dans une forme de paralysie, loin des illusions de modernité servies aux sujets

Dans l’organisation de la CAN 2025, le e système du Makhzen fonctionne comme une scène de théâtre décrépite : la presse joue le rôle du rideau bruyant et coloré (diversion algérienne) pour empêcher le public (le peuple) de voir que les acteurs en coulisses sont incapables et que le metteur en scène a abandonné son poste, tout cela pour maintenir l'illusion d'une pièce de théâtre moderne.

Avec des mensonges étalés à la face du monde à travers une armada de sa propagande stérile, sans faire rougir le Makhzen malgré les scandales de corruption, l’opprobre et la honte qui s’en sont suivis, s’en est trouvé dans un isolement international insoutenable, persiste en se faisant « hara kiri » en insultant son « Chaabi Aziz ».

Cette presse courtisane du Makhzen, véritable vieillarde aux méthodes de poissonnière, s’acharne dans une dérive infâme pour tenter de discréditer l’Algérie tout en encensant une monarchie du Moyen Âge en pleine déliquescence. Ce n'est plus du journalisme, c'est une machine à applaudissements servile, un bazar de bric et de brac qui s’abreuve de ragots de caniveau et de diffamations pour masquer sa propre putrescence.

Le spectacle est pathétique : ces mercenaires de la plume s’enfoncent dans une victimisation à outrance, non par dignité, mais pour finir comme un « préservatif usagé » au service des caprices du Palais. Pendant que le peuple est maintenu dans l'illusion, le pouvoir s'enferme dans un climat politique ubuesque où personne ne sait même où se cache un Souverain décrépit, sans doute égaré dans ses couches.

La réalité que cette presse tente d'étouffer est sanglante : le Maroc est paralysé par l'incompétence crasse, le laxisme et la médiocrité d'une classe politique de « bons à rien » et de « fainéants baise-main ». Cette armada d'arriérés, uniquement préoccupée par les subsides de l’Occident, entretient une véritable guerre civile larvée dans les rapports humains.

L’Algérie, parfaitement souveraine, n’est qu'un épouvantail agité pour faire oublier l’extraordinaire incurie du Palais. En offrant une Coupe d’Afrique en pâture, le Makhzen espère que ses sujets, les « Mrarka », continueront d’applaudir aveuglément la fable d'un Maroc moderne, alors qu’ils ne sont dirigés que par l’hypocrisie et le mépris.

Cette presse agit comme un nuage de fumée toxique : elle cherche à aveugler le peuple avec des querelles de voisinage pour l'empêcher de voir que le toit de sa propre demeure est en train de s'effondrer sous le poids de la corruption et de l'arrogance de ses maîtres.

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Gara Djebilet : économie politique de la défiance et conditions institutionnelles du développement industriel en Algérie

 

La relance du projet minier de Gara Djebilet a suscité un débat public intense en Algérie, marqué par une forte polarisation et une tendance à la disqualification anticipée de l’action publique. Cet article propose une lecture en économie politique de ces réactions, en mobilisant les apports de la théorie institutionnelle, de l’analyse du développement industriel et des travaux d’Albert O. Hirschman sur l’action collective et l’apprentissage. Il soutient que le cas de Gara Djebilet révèle moins les limites intrinsèques du projet que les fragilités du débat public algérien face à l’incertitude, au temps long et à l’expérimentation institutionnelle. L’article plaide pour une critique productive, orientée vers l’amélioration des politiques publiques plutôt que vers leur invalidation a priori.

La décision de relancer l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet, identifié depuis plusieurs décennies comme l’un des plus importants d’Afrique, constitue un moment significatif dans l’évolution de la politique industrielle algérienne. Longtemps cantonné au registre de la potentialité géologique, ce projet est récemment entré dans une phase opérationnelle, impliquant investissements publics, partenariats techniques et planification d’infrastructures lourdes. Cette transition de l’abstraction à l’action a cependant déclenché une réaction critique immédiate et largement négative dans l’espace public.

Cette réaction ne peut être comprise uniquement à travers l’évaluation du projet lui-même. Elle s’inscrit dans un cadre plus large, relevant de l’économie politique de l’action publique en Algérie, marqué par une défiance structurelle envers les capacités institutionnelles de l’État. Une partie du débat repose implicitement sur l’hypothèse selon laquelle les projets industriels complexes seraient, par nature, voués à l’échec dans un contexte institutionnel perçu comme fragile. Cette posture s’apparente à ce que North (1990) décrit comme une naturalisation des institutions existantes, considérées comme immuables plutôt que comme des objets de transformation politique.

Pourtant, la littérature sur le développement industriel souligne que l’incertitude, les erreurs initiales et les ajustements progressifs constituent des caractéristiques intrinsèques des trajectoires de développement. Hirschman (1958) a montré que les stratégies de développement réussies reposent rarement sur une planification optimale ex ante, mais sur des processus d’apprentissage déséquilibrés, où l’action précède souvent la cohérence. Exiger une perfection initiale des projets revient, dans cette perspective, à bloquer toute dynamique de transformation structurelle.
Dans le cas de Gara Djebilet, la critique dominante tend à évacuer cette dimension processuelle. Elle privilégie une évaluation instantanée et définitive, fondée moins sur des indicateurs empiriques que sur un diagnostic général de défaillance institutionnelle. Les travaux d’Acemoglu et Robinson (2012) sont fréquemment invoqués pour souligner l’importance des institutions inclusives, mais souvent de manière réductrice : la faiblesse institutionnelle devient un argument de renoncement, et non un point de départ pour une stratégie de renforcement des capacités étatiques.

Cette logique contribue à une dégradation de la fonction critique elle-même. Hirschman (1970) distingue, dans les systèmes politiques et organisationnels, les stratégies d’exit et de voice. Une critique productive relève de la voice : elle vise à infléchir, corriger et améliorer l’action publique. Or, une part significative des réactions au projet Gara Djebilet s’inscrit davantage dans une logique d’exit symbolique, caractérisée par le retrait intellectuel, la disqualification globale et l’absence de propositions alternatives concrètes.
Cette posture est d’autant plus problématique que les expériences historiques d’industrialisation tardive montrent que les projets miniers et sidérurgiques ont joué un rôle central dans la construction des capacités étatiques. Les travaux sur l’État développemental (Evans, 1995 ; Wade, 1990) soulignent que la performance industrielle résulte moins d’une gouvernance initialement parfaite que de la capacité de l’État à coordonner les acteurs, à discipliner les rentes et à apprendre de ses propres échecs. Refuser a priori cette possibilité d’apprentissage revient à nier toute trajectoire de développement autonome.
Par ailleurs, la littérature sur la « malédiction des ressources » (Auty, 1993 ; Karl, 1997) insiste sur le caractère contingent des effets négatifs des ressources naturelles. Ce ne sont pas les ressources en elles-mêmes qui déterminent l’échec ou le succès, mais les arrangements institutionnels, les choix de politique industrielle et la qualité du débat public. Une critique systématiquement disqualifiante peut ainsi produire un effet performatif, en fragilisant la légitimité politique des projets et en limitant les marges de manœuvre nécessaires aux ajustements incrémentaux.

Dans cette perspective, le débat autour de Gara Djebilet révèle un enjeu plus profond que celui d’un projet minier spécifique. Il met en évidence une difficulté collective à articuler lucidité critique et volonté d’action. Comme le souligne Rodrik (2007), les politiques industrielles efficaces reposent sur des dispositifs expérimentaux, réversibles et soumis à une évaluation continue, et non sur des verdicts définitifs émis en amont de l’expérience.

Conclusion
Le cas de Gara Djebilet illustre les tensions fondamentales qui traversent l’économie politique algérienne : entre défiance et engagement, entre critique et paralysie, entre diagnostic institutionnel et résignation. Une critique académiquement fondée ne saurait consister à prédire l’échec ou à célébrer prématurément le succès, mais à analyser les conditions de viabilité, les mécanismes de gouvernance et les capacités d’apprentissage du projet. À défaut de réhabiliter cette fonction exigeante de la critique, le débat public risque de devenir un facteur supplémentaire d’inertie institutionnelle, plutôt qu’un levier de transformation économique.
A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                  « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme https://kadertahri.blogspot.com/
 

 

 

 

 

 

 

 


Algérie : la litanie anti-algérienne, récit automatique et relais médiatique du Makhzen marocain :

 

Derrière la condamnation de Christophe Gleizes, une critique mécanique de l’Algérie se répète. Une tribune dénonçant un rituel idéologique amplifié par la presse marocaine.

Il ne s’agit plus de critique. Il ne s’agit même plus de polémique. Ce que l’on lit, une fois encore, à propos de l’Algérie et de l’affaire Christophe Gleizes relève d’un rituel parfaitement rodé, d’une mécanique idéologique répétitive où la conclusion précède toujours l’analyse. Un texte interchangeable, écrit d’avance, auquel il ne manque que le nom du prétexte du jour. Le journaliste change. Le contexte varie. Le verdict, lui, reste immuable : l’Algérie est coupable par nature.   

Une liturgie médiatique bien huilée
Tout y est. Les mots-clés obligatoires. Les indignations automatiques. Les accusations générales, jamais étayées. La disqualification morale préalable qui dispense d’examiner les faits. Ce n’est pas une pensée, c’est une chorégraphie. Une mise en scène où chacun joue son rôle : le polémiste français, le diplomate recyclé en oracle, et surtout, la presse marocaine, toujours prompte à reprendre, amplifié, surjoué. Non pas pour informer, mais pour savourer.
Car dans cette affaire, la presse marocaine ne joue pas un rôle secondaire. Elle est la chambre d’écho enthousiaste, celle qui transforme une tribune idéologique en vérité régionale supposée. Ce n’est pas un hasard. C’est une ligne éditoriale.

Le droit ? Un détail encombrant
Dans ce texte, le droit est soigneusement évacué. Trop contraignant. Trop précis. Trop susceptible de fissurer le récit.
Or le fait est simple, brut, universel : exercer une activité journalistique sous couvert d’un visa touristique constitue une infraction dans la quasi-totalité des États souverains. En Europe. En Afrique. Au Maroc lui-même.
Mais quand l’Algérie applique sa loi, on ne parle plus de droit. On parle de « despotisme ». Quand d’autres le font, on invoque la sécurité nationale. Ce double standard n’est pas une erreur d’analyse : c’est une posture idéologique assumée.

La Kabylie, réduite à un accessoire narratif
La Kabylie n’est ici ni comprise ni respectée. Elle est instrumentalisée. Réduite à une abstraction commode, à un décor symbolique servant à charger l’acte d’une portée dramatique artificielle.
Le MAK est qualifié de « folklorique » tout en étant présenté comme une menace stratégique majeure. Cette contradiction flagrante n’est jamais interrogée. Pourquoi ? Parce que l’objectif n’est pas de comprendre la réalité kabyle, mais de l’utiliser contre l’État algérien.
C’est une confiscation de parole. Une négation de la pluralité kabyle. Une réduction insultante d’une région complexe à un slogan politique importé.

La justice algérienne : coupable avant jugement
Le mot revient comme un mantra : « justice politique ». Aucune analyse du jugement. Aucun examen des chefs d’accusation. Aucun texte de loi cité. Rien.
On ne critique pas une décision, on nie l’existence même d’un appareil judiciaire légitime. La justice algérienne n’est pas faillible : elle est illégitime par essence. Voilà le postulat. Tout le reste en découle.
C’est une vision profondément paternaliste, héritée d’un imaginaire où seuls certains États auraient le monopole du droit, et où les autres ne feraient que simuler.
La France comme boussole morale universelle
Comme toujours, Paris est convoquée. Le président français. Les anciens ambassadeurs. Les experts auto-proclamés de l’âme algérienne. Le message est clair : l’Algérie est sommée de rendre des comptes non à ses citoyens, mais à l’ancienne puissance coloniale.
C’est là que la critique devient obscène. Car sous couvert de défense des libertés, elle reconduit une hiérarchie implicite des souverainetés. Certaines seraient conditionnelles. D’autres naturelles.

La presse marocaine : relais militant, non observateur
Et pendant ce temps, la presse marocaine applaudit. Relaye. Amplifie. Déforme parfois, mais toujours dans le même sens. Chaque condamnation en Algérie devient preuve du « régime ». Chaque fait divers se transforme en symptôme. Chaque tribune hostile est élevée au rang d’analyse définitive.
Il ne s’agit plus d’information. Il s’agit d’un contentieux politique régional, recyclé en discours médiatique. Le ressentiment géopolitique se travestit en journalisme.
Ce n’est pas un hasard si ces textes y trouvent un tel écho. Ils confirment ce que l’on veut entendre. Ils nourrissent une narration concurrentielle où l’Algérie doit apparaître comme l’échec permanent pour que d’autres puissent se proclamer modèles.

Ce texte n’est pas une critique. C’est une récitation.
Une récitation paresseuse, confortable, sans risque intellectuel. Elle ne cherche pas à comprendre. Elle cherche à confirmer. Elle ne questionne pas. Elle assène.
L’Algérie est critiquable. Profondément. Comme tous les États. Mais la critique suppose un effort : celui de la rigueur, du droit, de la complexité. Ce texte, et ceux qui le relaient avec gourmandise, ont choisi une autre voie : celle du mépris recyclé.

À force de répéter la même litanie, ils ont fini par confondre l’écho avec la vérité. je pense qu’il n’y a rien de surprenant dans cette attitude, à moins nous soyons assez aveugles (intellectuellement, bien entendu) pour voir le monde qui nous entoure, comme une réalité où les intérêts de tout le monde convergent avec les intérêts de tout le monde et où tout le monde recherche le bonheur de tout le monde, bref, un monde des Bisounours.

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Mohamed Ziane : Le Makhzen emprisonne ses propres défenseurs des droits humains :

À 83 ans, malade et détenu à l’isolement, Mohamed Ziane mène une grève de la faim dans les prisons marocaines. Ancien ministre des droits de l’homme, avocat et bâtonnier, il incarne aujourd’hui une vérité dérangeante : au Maroc, la justice est devenue une arme politique au service de la répression des voix critiques.

À 81 ans, Mohamed Ziane, ancien ministre délégué aux droits de l’homme, ancien bâtonnier du barreau de Rabat et figure majeure de la vie politique marocaine, a entamé une grève de la faim. Son état de santé est alarmant. Sa détention, elle, est accablante pour l’image d’un État qui se revendique réformateur tout en piétinant les principes les plus élémentaires de l’État de droit.

Le Comité des droits de l’homme des Nations unies a demandé au Maroc d’aménager sa peine pour des raisons humanitaires et médicales, dans l’attente d’un examen au fond de la plainte déposée en son nom par l’ONG AlKarama. Cette requête, fondée sur les engagements internationaux du Royaume, n’a pas seulement été ignorée : elle a été suivie d’une nouvelle procédure judiciaire, opportunément ressortie, portant sur un supposé détournement de fonds datant de 2015. Une manœuvre révélatrice d’un acharnement judiciaire assumé.

La condamnation à trois ans de prison que purge actuellement Mohamed Ziane ne peut être comprise indépendamment de son parcours et de ses prises de position. Longtemps proche du pouvoir, il devient indésirable lorsqu’il accepte de défendre des figures emblématiques de la contestation et du journalisme indépendant. En 2017, il assure la défense de Nasser Zefzafi, leader du Hirak du Rif, mouvement social violemment réprimé. Il se tient également aux côtés de journalistes poursuivis pour avoir exercé leur métier.

En novembre 2021, Mohamed Ziane accuse publiquement Abdellatif Hammouchi, chef tout-puissant de la police et des services de renseignement marocains, d’être à l’origine d’une campagne de diffamation contre lui. Peu avant, un média proche du pouvoir diffuse une vidéo à caractère sexuel censée l’impliquer. La mécanique est connue : utiliser les accusations dites de mœurs pour salir, humilier et disqualifier les opposants aux yeux de l’opinion.

La riposte institutionnelle est rapide. Le ministère de l’Intérieur porte plainte. Mohamed Ziane est convoqué à de multiples reprises par la Brigade nationale de la police judiciaire, parfois pour des faits sans lien avec la plainte initiale. Une autre accusation, déposée par une ancienne cliente, vient alourdir le dossier. Le 30 novembre 2021, il est inculpé pour onze chefs d’accusation, amalgamant des dossiers hétérogènes dans une même procédure, en violation des principes fondamentaux d’un procès équitable.

La suite judiciaire confirme la dérive. En février 2022, Mohamed Ziane est condamné à trois ans de prison sans motivation claire des faits retenus. En appel, l’affaire est expédiée en une seule audience, sans la présence de l’accusé ni de son avocat, faute de convocation. La condamnation est confirmée le 21 novembre 2022. Mohamed Ziane est arrêté le jour même, sans mandat de dépôt conforme. L’ordonnance d’incarcération ne sera émise que plusieurs jours plus tard, en contradiction flagrante avec le droit marocain et les standards internationaux.

Depuis, Mohamed Ziane est détenu à l’isolement. Une heure de sortie quotidienne, seul, dans une petite cour. Un régime de détention qui, au regard de son âge et de son état de santé — pathologies cardiaques, rénales, vertébrales et prostatiques — s’apparente à un traitement cruel, inhumain et dégradant. Les soins médicaux adaptés lui sont refusés dans des conditions dignes, l’administration pénitentiaire exigeant qu’il soit menotté et revêtu d’une tenue carcérale lors des consultations externes. Sa grève de la faim est devenue un acte de survie autant qu’un acte politique.

Le cas de Mohamed Ziane n’est pas une anomalie : il est un symptôme. Depuis plusieurs années, le Maroc s’enfonce dans une spirale répressive. Après l’illusion d’ouverture née du mouvement du 20 février 2011, l’espace public s’est progressivement refermé. Médias indépendants muselés, journalistes emprisonnés, blogueurs et défenseurs des droits humains poursuivis pour leurs opinions, accusations d’atteinte au roi ou de mœurs instrumentalisées : la dissidence est criminalisée.

Emprisonner Mohamed Ziane, ancien ministre des droits de l’homme, revient à envoyer un message glaçant : nul n’est à l’abri, pas même ceux qui ont servi l’État, dès lors qu’ils refusent de se taire. Ce n’est pas seulement un homme que l’on cherche à briser, mais un avertissement adressé à toute la société.

Aménager sa peine, garantir son accès aux soins et mettre fin à l’acharnement judiciaire ne relèvent pas d’un geste humanitaire, mais d’une obligation légale. À défaut, le Maroc devra assumer pleinement ce qu’incarne désormais Mohamed Ziane : le visage d’un régime qui emprisonne ses propres défenseurs des droits humains pour préserver l’impunité du pouvoir.

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                   « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme https://kadertahri.blogspot.com/

Banque d’Algérie : quand c’est la coercition, c’est l’échec bancaire :

Interdire les dépôts en cash sans alternative bancaire : une décision qui pénalise les commerçants, nourrit l’informel et met le feu aux tensions sociales
Il n’y a plus d’ambiguïté possible.
La décision du 23 décembre 2025 de la Banque d’Algérie, interdisant de fait les dépôts en espèces dans les comptes commerciaux, n’est pas une erreur technique ni un excès de zèle administratif. C’est un acte politique. Un acte de violence institutionnelle assumée. Une déclaration de guerre froide à l’économie réelle.
Sous couvert de « gestion du risque » et de « conformité », l’État financier algérien a choisi de criminaliser une pratique qu’il a lui-même produite. Pendant plus de dix ans, il a laissé l’économie fonctionner presque exclusivement en cash, refusant d’investir sérieusement dans les paiements électroniques, sabotant la bancarisation par la bureaucratie, l’arbitraire et l’humiliation quotidienne des usagers. Aujourd’hui, il transforme cette défaillance systémique en faute sociale, et fait porter le coût de son échec à ceux qui travaillent.
Il faut le dire clairement : ce ne sont pas les commerçants qui ont choisi le cash, c’est l’État qui leur a refusé toute alternative crédible. Dans un pays où l’électronique bancaire est instable, rare, coûteuse et peu fiable, interdire le dépôt d’espèces revient à interdire l’activité économique elle-même. C’est une strangulation administrative.
Cette mesure ne s’attaque pas à l’économie informelle prédatrice, organisée, hors de portée de l’administration. Elle frappe les plus visibles, les plus vulnérables, les plus contrôlables : petits commerçants, artisans, prestataires, micro-entreprises. Ceux qui payent déjà impôts, taxes, amendes, et qui servent de variable d’ajustement permanente à un État incapable de réformer ses propres structures.
En réalité, l’objectif n’est pas la formalisation. C’est la discipline.
Discipliner une société soupçonnée par principe. Discipliner des acteurs économiques considérés non comme des partenaires, mais comme des suspects. Cette décision s’inscrit dans une longue tradition algérienne de gouvernance punitive, où l’État préfère punir les pratiques sociales plutôt que les comprendre, les accompagner et les transformer.
Ibn Khaldûn décrivait déjà ce moment précis de la trajectoire des États : lorsque le pouvoir, coupé de la société réelle, multiplie les interdits et les prélèvements, croyant renforcer son autorité, il accélère en réalité la destruction de la richesse et la désagrégation du lien social. La Banque d’Algérie est aujourd’hui exactement à ce stade : celui où la rigidité remplace l’intelligence, et la contrainte remplace la politique économique.
Mohamed Harbi l’a analysé sans détour : l’État algérien s’est construit dans une méfiance structurelle envers sa propre société. Il gouverne par circulaires, par soupçon, par injonction, jamais par contrat. Cette note bancaire est l’expression chimiquement pure de cette culture : aucun dialogue, aucune phase transitoire, aucune alternative opérationnelle. Juste l’ordre.
Pierre Bourdieu parlerait ici d’une violence symbolique maximale : l’État impose sa domination non par la force physique, mais en redéfinissant la légitimité même de l’activité économique. Le message est brutal : travailler ne suffit plus, il faut être conforme à un système volontairement inadapté. Ceux qui ne peuvent pas s’y plier sont renvoyés à l’illégalité.
Pierre Clastres, lui, rappellerait une vérité que l’État algérien feint d’ignorer : plus le pouvoir cherche à contrôler la société, plus celle-ci se réorganise hors de lui. Cette décision ne supprimera pas le cash. Elle le rendra clandestin. Elle ne réduira pas l’informel. Elle l’étendra. Elle ne restaurera pas la confiance. Elle l’anéantira.
Les conséquences sont parfaitement prévisibles : explosion des circuits parallèles, thésaurisation, recul de la bancarisation, hausse des prix, pression accrue sur le dinar, et, surtout, radicalisation sociale. Dans un contexte déjà marqué par la fatigue économique, la perte de pouvoir d’achat et la colère silencieuse, cette décision agit comme un accélérateur de crise.
Empêcher des citoyens de déposer l’argent qu’ils gagnent légalement, tout en exigeant d’eux qu’ils paient impôts et charges, ce n’est pas gouverner. C’est provoquer. Ce n’est pas réformer. C’est rompre le pacte minimal entre l’État et la société.
La vérité est brutale : la Banque d’Algérie et le ministère des Finances ne luttent pas contre l’informel. Ils tentent de masquer leur faillite stratégique en punissant l’économie vivante. Incapables de moderniser le système bancaire, ils choisissent la solution la plus dangereuse : la répression administrative de la survie sociale.
Un État qui agit ainsi ne se renforce pas. Il s’isole. Il se fragilise et il entraîne avec lui un pays déjà sous tension.
Ibn Khaldûn, Harbi, Bourdieu et Clastres n’y verraient pas une surprise. Ils y reconnaîtraient un symptôme classique : celui d’un pouvoir qui, ayant perdu la capacité de réformer, se contente de contraindre — jusqu’à l’asphyxie

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                  « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme https://kadertahri.blogspot.com/