Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

France-Algérie : Réparations coloniales, pour les 132 années de colonisation française

Les revendications algériennes en matière de réparations pour les 130 années de colonisation française suscitent régulièrement une objection présentée comme symétrique : l’Algérie aurait elle-même participé à la traite et à l’esclavage, notamment sous la Régence d’Alger à l’époque ottomane. Cette objection, fréquemment mobilisée dans le débat public français, repose pourtant sur une confusion conceptuelle et historique majeure. Elle assimile des ordres politiques discontinus, des temporalités hétérogènes et des formes de domination sans rapport structurel, au prix d’une neutralisation politique du passé colonial.

Cet article soutient que cette comparaison relève d’une fausse symétrie, et qu’elle empêche de penser rigoureusement la question des réparations coloniales. En mobilisant les notions de continuité étatique, de structures persistantes et de domination postcoloniale, il s’agit de montrer que la responsabilité historique ne se fonde ni sur une culpabilité abstraite ni sur une analogie morale, mais sur l’existence d’effets présents, mesurables et institutionnellement produits.

Continuité étatique et responsabilité historique

Toute réflexion sur la responsabilité historique suppose une théorie implicite du temps politique. Comme l’ont montré les travaux d’histoire conceptuelle, la simple succession chronologique des régimes ne suffit pas à fonder une imputabilité contemporaine : celle-ci repose sur la continuité des structures de pouvoir, des institutions et des effets sociaux¹.

À cet égard, il n’existe aucune continuité institutionnelle, juridique ou symbolique entre la Régence d’Alger des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles  entité politique intégrée à l’Empire ottoman et l’État algérien issu de la guerre de libération nationale en 1962. Les cadres normatifs, les élites dirigeantes, les bénéficiaires sociaux et les formes de domination propres à cet ordre ancien ne se prolongent pas dans l’Algérie contemporaine.

À l’inverse, la France revendique explicitement une continuité étatique ininterrompue, qui traverse la monarchie restaurée, le Second Empire, les IIIᵉ et IVᵉ Républiques jusqu’à la Ve République actuelle. La colonisation de l’Algérie (1830–1962) s’inscrit pleinement dans cette continuité. L’État qui a mis fin formellement à l’empire est le même que celui qui en a organisé, administré et justifié la domination.

D’un point de vue strictement méthodologique, il serait dès lors plus cohérent d’interroger la responsabilité contemporaine de la France pour les guerres napoléoniennes que d’exiger de l’Algérie actuelle qu’elle réponde d’un ordre politique ancien sans survivance institutionnelle.

Réparations : du crime passé aux structures persistantes

La question des réparations ne saurait être réduite à une logique de compensation morale des crimes passés. Comme l’a formulé la philosophe Magali Bessone,*« ce qui exige d’être réparé, ce ne sont pas les crimes du passé, irréparables, mais les structures persistantes qu’ils ont produites »*². Cette perspective permet de déplacer le débat de la culpabilité vers la responsabilité structurelle.

Dans cette optique, la comparaison entre l’esclavage ancien pratiqué dans la Régence d’Alger et la colonisation française de l’Algérie se révèle conceptuellement inopérante. Si l’esclavage relève d’une histoire condamnable, il ne produit plus aujourd’hui de champ de contraintes sociales, ni d’inégalités systémiques observables dans les sociétés concernées. Aucun État esclavagiste algérien n’existe, aucune institution contemporaine n’en hérite, aucune population identifiable n’en subit les effets structurels.

La colonisation française, en revanche, a engendré des structures durables de dépossession, de hiérarchisation raciale et de domination politique, dont les effets se prolongent bien au-delà de la fin formelle de l’empire.

Domination coloniale et gouvernement postcolonial des populations

La colonisation ne doit pas être comprise comme une simple parenthèse historique, mais comme un laboratoire de la modernité politique, où se sont expérimentées des formes intensifiées de gouvernement, de classification raciale et de violence légitime³. Ces dispositifs n’ont pas disparu avec l’indépendance ; ils se sont recomposés dans l’espace postcolonial.

Les populations issues de l’ex-colonisation se trouvent ainsi prises dans des rapports différenciés à l’État, caractérisés par une exposition accrue à la violence policière, à la discrimination institutionnelle et à la stigmatisation symbolique. Cette situation correspond à ce que l’on peut qualifier, à la suite des travaux postcoloniaux, de gouvernement différentiel des corps et des existences⁴.

La persistance de ces inégalités ne relève pas de comportements individuels déviants, mais de structures incorporées, de routines administratives et d’habitus institutionnels qui orientent durablement les pratiques⁵.

Héritages idéologiques et continuité postcoloniale en France

Les recherches historiques ont montré que la fin de la colonisation algérienne ne s’est pas accompagnée d’une rupture idéologique nette en France. Les réseaux, les discours et les catégories de pensée issus du colonialisme ont continué à structurer le champ politique et médiatique⁶.

L’OAS, organisation terroriste explicitement fondée sur la défense de l’ordre colonial et de la hiérarchie raciale, constitue un point nodal de cette continuité. Si elle a été militairement vaincue, ses héritiers idéologiques ont poursuivi leur action dans l’espace politique, contribuant à la normalisation de discours hostiles aux anciens colonisés, en particulier aux Algériens.

Les violences policières récurrentes visant les populations nord-africaines s’inscrivent dans cette généalogie longue de la violence d’État. Le meurtre de Nahel ne peut être compris comme un fait isolé, mais comme l’un des symptômes d’une économie politique de la violence historiquement située⁷.

Conclusion

Refuser la question des réparations au nom d’une fausse symétrie historique revient à neutraliser politiquement le passé colonial, en le privant de sa capacité à éclairer les inégalités du présent. Il ne s’agit ni de juger l’histoire à l’aune d’une morale anachronique, ni de réduire la réparation à un geste symbolique.

La réparation constitue une exigence démocratique contemporaine, fondée sur la reconnaissance et la transformation de structures postcoloniales toujours opérantes. Tant que ces structures continueront de produire des effets mesurables d’inégalité, la question des réparations demeurera non seulement légitime, mais politiquement incontournable.

Notes

  1. Reinhart Koselleck, Le futur passé, Éditions de l’EHESS.
  2. Magali Bessone, Sans distinction de race ?, Vrin.
  3. Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme.
  4. Achille Mbembe, De la postcolonie.
  5. Pierre Bourdieu, La domination masculine ; Esquisse d’une théorie de la pratique.
  6. Benjamin Stora, La gangrène et l’oubli.
  7. Frantz Fanon, Les damnés de la terre.

Bibliographie sélective

  • Arendt, Hannah. Les origines du totalitarisme.
  • Bessone, Magali. Sans distinction de race ? Une analyse critique du concept de discrimination.
  • Bourdieu, Pierre. Esquisse d’une théorie de la pratique.
  • Fanon, Frantz. Les damnés de la terre.
  • Koselleck, Reinhart. Le futur passé.
  • Mbembe, Achille. De la postcolonie.
  • Stora, Benjamin. La gangrène et l’oubli.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                         Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Propagande, framing et cherry-picking : la machine médiatique du Makhzen marocain à l’œuvre :

Sahara occidental : comment la presse marocaine instrumentalise les propos américains et détourne les résolutions de l’ONU au service d’une propagande politique.

Il arrive un moment où l’on ne peut plus parler de biais, d’erreur d’analyse ou même de militantisme journalistique. Le traitement par une partie de la presse marocaine de l’interview de Massad Boulos accordé à la presse Libanaise, relève désormais d’un dispositif de propagande parfaitement identifiable, mobilisant sans complexe les techniques classiques de manipulation de l’opinion : agenda-setting, framing, cherry-picking et inversion accusatoire.

Nous ne sommes plus face à une information orientée, mais face à une fabrication narrative délibérée, destinée à imposer une vérité politique artificielle là où les faits résistent. Les médias royalistes du Makhzen ne sont qu’une misérable caricature de propagandiste d’une monarchie répugnante qui s’est illustrée régulièrement par la torture de ses opposants. Le régime du Makhzen a annexé par la force un pays pour ses richesses minières et halieutiques et par des attaques, contre ceux que disent non à cette agression, ni le tweet, ni une lettre sioniste ne changeront rien à ce constat de base. Mais pour le Makhzen Marocain, il ne perd jamais une occasion de se ridiculiser

L’agenda-setting : imposer le Sahara comme grille unique de lecture

Première manœuvre : l’agenda-setting. L’interview de Massad Boulos aborde les relations américano-algériennes dans leur globalité, avec un langage diplomatique standard, prudent et volontairement équilibré. La presse marocaine choisit pourtant de réduire l’ensemble de l’entretien à un seul prisme obsessionnel : le Sahara occidental.

Tout est relu, filtré, interprété à travers ce prisme unique, comme si la politique étrangère américaine se résumait à un seul dossier. Cette focalisation artificielle vise à donner l’illusion que : toute relation avec l’Algérie serait subordonnée au Sahara, toute déclaration américaine serait un message codé adressé à Alger. C’est faux, mais c’est efficace sur le plan de la mobilisation interne. C’est l’escroquerie intellectuelle insultante d’un Makhzen à ses sujets non-voyants.

Le framing : transformer un discours diplomatique en menace politique

Deuxième procédé : le framing, ou cadrage narratif. Les propos de Massad Boulos sont neutres, consensuels, classiques. La presse marocaine les reconditionne en : « relance », «avertissement », « rappel à l’ordre » et « absence de gestes concrets de l’Algérie ».

Aucun de ces éléments ne figure dans les propos cités. Ils sont injectés dans le commentaire pour transformer un discours diplomatique banal en ultimatum imaginaire. Le lecteur n’est plus informé, il est guidé émotionnellement vers une conclusion prédéfinie : l’Algérie serait isolée, sous pression, sommée de céder. C’est une mise en scène, pas une analyse.

Le cherry-picking : sélectionné, amplifié, occulté :

Troisième instrument : le cherry-picking. On sélectionne soigneusement : les phrases favorables au plan marocain, les qualificatifs flatteurs (« historique », « partenariat profond »), les références répétées au soutien américain.

Et l’on occulte délibérément : l’absence de toute reconnaissance de souveraineté, le maintien du cadre onusien, la séparation explicite des dossiers algérien et sahraoui, la nature non contraignante des résolutions du Conseil de sécurité.

Cette sélection biaisée permet de fabriquer une continuité fictive : celle d’un alignement total, irréversible et juridiquement décisif des États-Unis sur la position marocaine. Une continuité qui n’existe que dans la narration médiatique du Makhzen

La falsification juridique : une transformée en verdict résolution

Qualifier la résolution 2797 de « consécration » du plan marocain d’autonomie n’est pas une approximation : c’est une falsification. Aucune résolution du Conseil de sécurité ne règle le statut du Sahara occidental. Aucune ne reconnaît une souveraineté. Aucune ne clôt le conflit.

Mais la presse marocaine agit comme si le droit international était une variable d’ajustement narratif. La résolution devient un verdict, le processus devient un résultat, l’attente devient une victoire. C’est une réécriture assumée du réel.

L’inversion accusatoire : criminaliser la constance algérienne

Dernier ressort, et non des moindres : l’inversion accusatoire. L’Algérie est présentée comme : passive, récalcitrante, responsable de l’absence de paix.

Or, l’Algérie n’est liée par aucun engagement juridique l’obligeant à soutenir une solution unilatérale. Elle maintient une position constante, fondée sur le droit international et le principe d’autodétermination. La transformer en faute diplomatique est une opération de culpabilisation politique, destinée à masquer l’impasse réelle du dossier.

C’est le procédé classique du propagandiste : accuser l’autre de bloquer ce que l’on n’a pas su résoudre.

Une presse devenue outil de persuasion, non d’information

Ce texte n’informe pas, il persuade. Il ne décrit pas, il oriente. Il ne rapporte pas, il fabrique. En cela, il s’inscrit pleinement dans une logique de communication politique, où la presse cesse d’être un contre-pouvoir pour devenir un relais discipliné de la narration officielle.

Cette dérive est dangereuse. Non pas pour l’Algérie — qui n’a rien à perdre à la constance — mais pour la crédibilité même du discours marocain, enfermé dans une auto-affirmation permanente, déconnectée des réalités juridiques et diplomatiques.

Conclusion : la réalité résiste à la propagande

La position américaine n’est ni un ultimatum, ni un diktat, ni une pression sur Alger. Elle est favorable au Maroc, certes, mais encadrée, nuancée et non décisive. Tout le reste relève d’un récit construit pour la consommation politique interne.

On peut répéter une narration à l’infini. On peut la durcir, la marteler, la scénariser. Mais à terme, la réalité diplomatique finit toujours par rattraper la propagande. Et aucun procédé médiatique, aussi sophistiqué soit-il, ne peut remplacer une solution politique réelle. Je crois que cette presse n’arrive pas à se rendre compte ni à admettre que le royaume du Maroc n’a jamais existé tel que la propagande du Makhzen l’a façonné à jamais dans les esprits marocains, ceci dans le but de vendre une image qui ne reflète ni la réalité historique ni l’honnêteté morale.

Le Makhzen avec ses théories farfelues se perfectionne à vouloir créer un ennemi permanent afin de se régénérer et endoctriner le peuple. Totalement falsifiée par la propagande mensongère et stupide, l'histoire du Royaume du Maroc actuel demeure méconnue des Marocains, au point de devenir un ensemble de grandes énigmes et de nombres évènements importants de l’histoire du Royaume du Maroc sont restés trop longtemps tabous par un régime du Makhzen féodal. C’est des historiens que le disent

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La France : Etat vassal des USA

 

La diplomatie française sur le cas vénézuélien semble être durement coincée, si encore il n’y avait que celui-là pour ne pas nommer d’autres. Avec sa politique bâtie autour du double standard, selon lequel la Russie qui attaque l’Ukraine c’est mal, mais Israël qui attaque la Palestine c’est bien, elle fait en permanence un grand écart intenable.

Qu’on cesse l’hypocrisie. La France n’est pas impuissante : elle est consentante. Elle n’est pas naïve : elle est complice. À chaque crise internationale majeure, elle répète le même rituel obscène : se draper dans le droit international quand il sert Washington, et l’enterrer discrètement quand il gêne ses alliés.

Le Venezuela n’est qu’un cas parmi d’autres, mais il est exemplaire. Exemplaire de la lâcheté européenne. Exemplaire de cette diplomatie sans colonne vertébrale qui transforme la soumission en vertu et l’alignement en morale.

Quand la Russie envahit l’Ukraine, la France hurle à juste titre. Quand les États-Unis étranglent économiquement un pays souverain, soutiennent des tentatives de renversement, violent ouvertement la Charte de l’ONU, la France regarde ailleurs. Elle appelle cela du « pragmatisme ». En réalité, c’est une reddition.

Le blocus : une arme de guerre, pas une sanction

Les sanctions internationales ne sont pas des outils neutres. Elles constituent aujourd’hui une arme de guerre non déclarée, dont les premières victimes sont toujours les civils : pénuries, effondrement économique, exode forcé. Présenter ces conséquences comme les seuls effets d’un « régime autoritaire » relève de la falsification pure et simple.

Le blocus du Venezuela n’est pas une sanction diplomatique, c’est une arme de destruction sociale massive. Il ne vise pas un gouvernement, il vise une population. Il ne cherche pas à corriger, mais à briser. Appauvrir, affamer, provoquer l’exode, puis brandir cet exode comme preuve de l’échec du pays ciblé : voilà la mécanique cynique, éprouvée, répétée.

Et la France applaudit. Ou se tait, ce qui revient au même.

Les pénuries, la fuite des jeunes, l’effondrement des services publics ne sont jamais reliés aux sanctions dans le discours dominant. Elles sont attribuées à « l’idéologie », au « régime », au « dictateur ». Toujours le même mot. Saddam, Kadhafi, Assad, Maduro. La litanie est connue. Le scénario aussi : diabolisation, asphyxie, intervention, ruines.

Le droit international, version occidentale

Le droit international n’est pas mort. Il a été privatisé. Il fonctionne comme un club fermé, avec ses membres intouchables et ses cibles désignées. Lorsqu’Israël rase Gaza, colonise la Cisjordanie, attaque le Liban, viole toutes les résolutions de l’ONU, la France murmure. Quand Trump piétine ouvertement les règles qu’il prétend défendre, Paris tousse poliment.

Mais que personne ne vienne ensuite jouer les vierges effarouchées. Si la loi du plus fort est la règle, alors qu’on aille au bout du raisonnement. Qu’on reconnaisse explicitement que la Palestine n’a aucun droit, que seuls comptent les rapports de force, que la victoire militaire efface toute illégalité. Qu’on l’écrive noir sur blanc. L’hypocrisie, elle, est insupportable.

Quand la Russie viole ce droit en Ukraine, Paris dégaine sanctions, indignation et posture vertueuse. Quand les États-Unis imposent un blocus économique au Venezuela, étranglant une population entière, la France se tait ou justifie. Ce silence n’est pas une prudence diplomatique : c’est une complicité politique.

Le même mécanisme est à l’œuvre en Palestine. Colonisation illégale, bombardements, violations répétées des résolutions de l’ONU : tout est documenté, tout est connu. Pourtant, la France persiste à parler de « droit à se défendre », vidant le droit international humanitaire de toute substance. Ce qui est interdit aux ennemis devient tolérable pour les alliés.

Une France  vassale, pas un acteur

La France n’existe pas géopolitiquement. Elle administre, elle commente, elle ratifie. Elle ne décide pas. Elle signe des accords commerciaux pendant que le monde s’embrase, s’agite autour du Mercosur pendant que les bombes tombent ailleurs. Elle attend que Washington parle, puis elle s’aligne.

Cette posture n’est pas neutre : elle fabrique le chaos qu’elle prétend déplorer. À force de sanctifier la violence occidentale, elle pousse des pays entiers vers d’autres alliances, d’autres blocs, d’autres protections. Non par amour idéologique, mais par rejet d’un ordre international truqué.

Cette hypocrisie structurelle détruit ce que la France prétend défendre : un ordre mondial fondé sur des règles. En validant la loi du plus fort, elle légitime toutes les violences, y compris celles qu’elle condamnera demain, quand elles viseront ses propres intérêts.

Les États-Unis n’ont ni amis ni partenaires, seulement des subordonnés. L’histoire est limpide. Ceux qui croient à un « partage du monde » négocié sont naïfs ou de mauvaise foi. Washington veut tout, tout de suite, et par la force si nécessaire. La France le sait. Elle feint de l’ignorer.

Mais aucun empire n’est éternel. Tous s’effondrent sous le poids de leur arrogance et de leur violence. Le problème n’est pas que l’empire américain tombera, il tombera. Le problème est qu’en s’arc-boutant à ses basques, l’Europe et la France ont choisis de tomber avec lui.

Et quand le sol se dérobera, il sera trop tard pour invoquer des valeurs qu’on aura soi-même piétinées.

Cette hypocrisie structurelle détruit ce que l’Europe prétend défendre : un ordre mondial fondé sur des règles. En validant la loi du plus fort, elle légitime toutes les violences, y compris celles qu’elle condamnera demain, quand elles viseront ses propres intérêts.

À force d’alignement sur Washington, l’Union européenne accélère la fragmentation du monde et pousse de nombreux États vers des alternatives comme les BRICS, non par adhésion idéologique, mais par rejet d’un système international truqué.

La France dans son Europe croit acheter sa sécurité en sacrifiant le droit international. En réalité, elle achète son effacement. À force de choisir l’empire contre les peuples, elle découvrira trop tard qu’on ne survit pas longtemps comme vassal moral d’une puissance en déclin.

 Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet  "Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça."  https://kadertahri.blogspot.com/


Déchéance de nationalité en Algérie : quand l’indignation caricature le droit


 La loi sur la déchéance de la nationalité algérienne d’origine est dénoncée comme une rupture historique, une première mondiale, voire une dérive fascisante. Ces accusations spectaculaires masquent pourtant l’essentiel : une lecture tronquée du texte, une méconnaissance du droit comparé et une instrumentalisation politique de l’histoire. Critiquer cette loi est légitime. La travestir ne l’est pas.

La loi relative à la déchéance de la nationalité algérienne d’origine a déclenché une indignation d’une rare violence verbale. On parle de « loi antinationale », de « dynamitage de la nation », de « haute trahison », certains allant jusqu’à convoquer l’ombre du nazisme. Ce déferlement d’analogies extrêmes et de raccourcis historiques donne l’illusion d’une radicalité morale, mais affaiblit en réalité toute critique sérieuse du texte.

Car contrairement à ce qui est martelé, cette loi n’instaure ni une déchéance automatique, ni collective, ni fondée sur l’opinion politique. Elle prévoit explicitement que la procédure ne s’applique qu’aux personnes pour lesquelles existent des preuves solides et cohérentes établissant la commission, à l’étranger, d’actes graves définis par la loi, et seulement après un avertissement officiel préalable destiné à permettre à l’intéressé de se rétracter. Ce mécanisme d’avertissement, présenté par ses détracteurs comme une fiction, constitue pourtant une garantie procédurale que nombre d’États ne prévoient même pas.

Affirmer que cette loi engloberait toute forme d’expression critique relève donc de l’exagération militante. Le texte vise des actes qualifiés, pas des opinions. Que ces qualifications puissent être abusivement interprétées dans un contexte politique tendu est une question sérieuse, mais elle ne justifie pas la falsification du contenu même de la loi.

La question de l’apatridie, brandie comme une preuve supplémentaire de l’horreur du texte, est tout aussi instrumentalisée. La loi est claire : nul ne peut être déchu de sa nationalité d’origine s’il ne dispose pas d’une autre nationalité, afin d’éviter toute situation d’apatridie. Les exceptions prévues concernent des crimes d’une gravité extrême — haute trahison, intelligence avec une puissance étrangère, port d’armes contre l’Algérie, terrorisme, atteinte à l’intégrité territoriale. On est loin de la criminalisation de la dissidence politique.

L’argument selon lequel la déchéance de la nationalité d’origine serait partout dans le monde impossible et constituerait une « première mondiale » ne résiste pas à l’examen historique. Même des États souvent cités comme modèles ou contre-exemples ont eu recours à de telles pratiques. Chez le « frère voisin marocain », si souvent idéalisé dans le discours anti-Algérien, le roi Hassan II a bel et bien déchu de la nationalité marocaine le militant marxiste révolutionnaire Abraham Serfaty après dix-sept années de détention, dont une partie au bagne de Tazmamart, avant de l’expulser du pays en prétendant qu’il était en réalité brésilien. Aucun débat juridique, aucune garantie procédurale : une décision purement politique.

De même, l’Union soviétique, souvent invoquée pour affirmer que même les dictatures respectaient l’intangibilité de la nationalité, a déchu Alexandre Soljenytsine de sa nationalité en 1974 avant de l’expulser. Les mêmes appareils répressifs que l’on dénonce aujourd’hui en Russie n’ont jamais hésité à rompre le lien national lorsque le pouvoir le jugeait nécessaire.

Ces rappels ne visent pas à justifier la loi algérienne, mais à démontrer l’inanité de l’argument de l’exception absolue. L’histoire montre que la nationalité a toujours été, dans les États démocratiques comme dans certains États sécuritaires, un instrument politique. La question n’est donc pas de feindre la surprise, mais d’exiger des garanties juridiques effectives.

L’analogie obsessionnelle avec le nazisme et Vichy relève enfin d’une dérive intellectuelle préoccupante. Les lois de dénaturalisation du XXᵉ siècle visaient des catégories entières de population sur des bases raciales ou idéologiques. Assimiler cette logique à une loi qui vise des actes qualifiés, aussi critiquable soit-elle, relève de l’anathème et non de l’analyse. Cette surenchère morale finit par banaliser ce qu’elle prétend dénoncer.

Quant à l’argument du précédent de 1962 et du refus de déchoir les Harkis de leur nationalité, il relève de la mémoire politique, non du droit positif. Cette position, respectable sur le plan symbolique, n’a jamais été constitutionnalisée ni transformée en principe juridique intangible. La brandir comme une norme absolue aujourd’hui revient à confondre histoire, morale et droit.

Le véritable combat ne se situe pas dans les cris d’orfraie ni dans les comparaisons extrêmes. Il se situe dans l’exigence de définitions juridiques précises, de contrôle juridictionnel indépendant, de voies de recours effectives et de limitation stricte de l’arbitraire exécutif. C’est sur ce terrain, et seulement sur celui-là, que la défense des libertés publiques et de la cohésion nationale peut être crédible.

À force de transformer toute critique en procès en fascisme, on ne protège ni le droit ni la nation. On les fragilise.

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L’Intelligence Artificielle a analysé mon Blog :

 

Le blog Ouvrons le Débat (https://kadertahri.blogspot.com/) est un espace d’opinion et d’analyse politique très engagé. Il propose des critiques fortes et tranchées sur des sujets comme :

  • le conflit israélo-palestinien, notamment avec des positions très radicales sur Israël et la situation à Gaza ;
  • les relations internationales (France–Algérie, presse, ONG, etc.) ;
  • des sujets de géopolitique et d’actualité moyen-orientale. Ouvrons le Débat

Les articles sont écrits dans un style polémique et passionné, qui reflète la vision personnelle de l’auteur (Kader Tahri, “chroniqueur engagé”). Ouvrons le Débat

✍️ Points forts

Clair point de vue engagé — si tu cherches des opinions fortes contre certaines politiques ou narratives dominantes, le blog livre ça sans détour. Ouvrons le Débat
Multiples sujets politiques actuels — récits commentés, analyses historiques, débats internationaux… Ouvrons le Débat
Encourage l’interaction, avec des appels à commenter et débattre. Ouvrons le Débat

À prendre en compte

Tonalité très partisane — les articles ne sont pas neutres ou équilibrés, ils expriment des opinions très tranchées, parfois au point de caricaturer l’adversaire ou de présenter des généralisations extrêmes. Ouvrons le Débat
Manque de diversité de sources — beaucoup de conclusions reposent sur des interprétations très personnelles plutôt que sur une synthèse large de faits vérifiables. Ouvrons le Débat
Contenu fort émotionnel — certains passages sont formulés de manière polémique, ce qui peut déplaire si tu préfères une analyse plus calme ou académique. Ouvrons le Débat

En résumé

👉 Oui, ton blog peut être intéressant, surtout pour des lecteurs qui aiment les arguments engagés et critiques vives sur des sujets d’actualité. Ouvrons le Débat
👉 Mais il faut être conscient que ce n’est pas un média neutre ou un espace de débat modéré : l’approche est militante et subjective. Ouvrons le Débat

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CAN 2025 : Et si l’Algérie gagnait… et que le mythe marocain s’effondrait ?


 

CAN 2025 : Et si l’Algérie gagnait… et que le mythe marocain s’effondrait ?

La Coupe d’Afrique des Nations n’est pas qu’un tournoi de football. À Rabat, elle est devenue un enjeu symbolique : identité, rivalité, fierté. Mais que se passe-t-il vraiment quand la réalité du terrain est ignorée par ceux qui préfèrent les récits ?

🏆 L’Algérie, vrai outsider avec de solides raisons d’y croire

Avant même le début de la compétition, l’équipe algérienne affichait une ambition réelle de titres, portée par un groupe talentueux qui veut écrire son histoire. beIN SPORTS
Sur le terrain, les Fennecs ont confirmé : après une qualification assurée en tête du groupe, une victoire nette face au Burkina Faso leur a permis de consolider leur place en 8es de finale. Confédération Africaine de Football

Ce n’est pas un conte de fées : c’est du football, et les faits sportifs parlent d’eux-mêmes.

🤔 Mais alors pourquoi certains médias dressent-ils un récit obsessionnel ?

Au lieu de parler de football, certains éditorialistes semblent se concentrer exclusivement sur l’Algérie, au point de transformer le débat en caricature. Ouvrons le Débat

📌 On imagine des conspirations.
📌 On prête des intentions.
📌 On anticipe des “effondrements” politiques ou économiques.

Le sport devient une métaphore grotesque d’une prétendue haine, au lieu d’être analysé comme… du football.

Ce que disent les faits (et pas les narrations)

✔️ L’Algérie s’est qualifiée pour la phase finale et se bat avec sérieux pour aller loin. Confédération Africaine de Football
✔️ Un collectif soudé capable de surprendre, loin des clichés médiatiques. beIN SPORTS
✔️ Les résultats sur le terrain ne sont pas des imaginations, mais des statistiques et des réalisations concrètes.

👉 Si les supporters marocains ont aussi des raisons de vibrer, pourquoi transformer automatiquement toute réussite algérienne en un “effondrement” du voisin ?

🧠 Le débat réel : rivalité ou respect du sport ?

Il faut se poser la vraie question :
👉 La presse qui parle sans cesse de l’Algérie parle-t-elle du Maroc ?
👉 Ou parle-t-elle surtout de ce qu’elle croit que ses lecteurs veulent entendre ?

Quand on politise l’événement sportif au point de nier l’autre équipe son mérite, on perd de vue l’essentiel : le jeu, le public, l’émotion collective.


🔁 Une victoire algérienne serait-elle une catastrophe ?

Non.
Elle serait simplement la victoire d’une équipe qui a travaillé, joué, marqué et remporté ses matchs avec talent.
La dramatisation outrancière n’est pas une analyse, c’est une stratégie narrative.

Et toi, lecteur :

👉 Penses-tu que le débat autour de la CAN est devenu trop politique ?
👉 La rivalité sportive doit-elle rester dans les stades et non dans les éditoriaux ?

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