Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

La France : Etat vassal des USA

 

La diplomatie française sur le cas vénézuélien semble être durement coincée, si encore il n’y avait que celui-là pour ne pas nommer d’autres. Avec sa politique bâtie autour du double standard, selon lequel la Russie qui attaque l’Ukraine c’est mal, mais Israël qui attaque la Palestine c’est bien, elle fait en permanence un grand écart intenable.

Qu’on cesse l’hypocrisie. La France n’est pas impuissante : elle est consentante. Elle n’est pas naïve : elle est complice. À chaque crise internationale majeure, elle répète le même rituel obscène : se draper dans le droit international quand il sert Washington, et l’enterrer discrètement quand il gêne ses alliés.

Le Venezuela n’est qu’un cas parmi d’autres, mais il est exemplaire. Exemplaire de la lâcheté européenne. Exemplaire de cette diplomatie sans colonne vertébrale qui transforme la soumission en vertu et l’alignement en morale.

Quand la Russie envahit l’Ukraine, la France hurle à juste titre. Quand les États-Unis étranglent économiquement un pays souverain, soutiennent des tentatives de renversement, violent ouvertement la Charte de l’ONU, la France regarde ailleurs. Elle appelle cela du « pragmatisme ». En réalité, c’est une reddition.

Le blocus : une arme de guerre, pas une sanction

Les sanctions internationales ne sont pas des outils neutres. Elles constituent aujourd’hui une arme de guerre non déclarée, dont les premières victimes sont toujours les civils : pénuries, effondrement économique, exode forcé. Présenter ces conséquences comme les seuls effets d’un « régime autoritaire » relève de la falsification pure et simple.

Le blocus du Venezuela n’est pas une sanction diplomatique, c’est une arme de destruction sociale massive. Il ne vise pas un gouvernement, il vise une population. Il ne cherche pas à corriger, mais à briser. Appauvrir, affamer, provoquer l’exode, puis brandir cet exode comme preuve de l’échec du pays ciblé : voilà la mécanique cynique, éprouvée, répétée.

Et la France applaudit. Ou se tait, ce qui revient au même.

Les pénuries, la fuite des jeunes, l’effondrement des services publics ne sont jamais reliés aux sanctions dans le discours dominant. Elles sont attribuées à « l’idéologie », au « régime », au « dictateur ». Toujours le même mot. Saddam, Kadhafi, Assad, Maduro. La litanie est connue. Le scénario aussi : diabolisation, asphyxie, intervention, ruines.

Le droit international, version occidentale

Le droit international n’est pas mort. Il a été privatisé. Il fonctionne comme un club fermé, avec ses membres intouchables et ses cibles désignées. Lorsqu’Israël rase Gaza, colonise la Cisjordanie, attaque le Liban, viole toutes les résolutions de l’ONU, la France murmure. Quand Trump piétine ouvertement les règles qu’il prétend défendre, Paris tousse poliment.

Mais que personne ne vienne ensuite jouer les vierges effarouchées. Si la loi du plus fort est la règle, alors qu’on aille au bout du raisonnement. Qu’on reconnaisse explicitement que la Palestine n’a aucun droit, que seuls comptent les rapports de force, que la victoire militaire efface toute illégalité. Qu’on l’écrive noir sur blanc. L’hypocrisie, elle, est insupportable.

Quand la Russie viole ce droit en Ukraine, Paris dégaine sanctions, indignation et posture vertueuse. Quand les États-Unis imposent un blocus économique au Venezuela, étranglant une population entière, la France se tait ou justifie. Ce silence n’est pas une prudence diplomatique : c’est une complicité politique.

Le même mécanisme est à l’œuvre en Palestine. Colonisation illégale, bombardements, violations répétées des résolutions de l’ONU : tout est documenté, tout est connu. Pourtant, la France persiste à parler de « droit à se défendre », vidant le droit international humanitaire de toute substance. Ce qui est interdit aux ennemis devient tolérable pour les alliés.

Une France  vassale, pas un acteur

La France n’existe pas géopolitiquement. Elle administre, elle commente, elle ratifie. Elle ne décide pas. Elle signe des accords commerciaux pendant que le monde s’embrase, s’agite autour du Mercosur pendant que les bombes tombent ailleurs. Elle attend que Washington parle, puis elle s’aligne.

Cette posture n’est pas neutre : elle fabrique le chaos qu’elle prétend déplorer. À force de sanctifier la violence occidentale, elle pousse des pays entiers vers d’autres alliances, d’autres blocs, d’autres protections. Non par amour idéologique, mais par rejet d’un ordre international truqué.

Cette hypocrisie structurelle détruit ce que la France prétend défendre : un ordre mondial fondé sur des règles. En validant la loi du plus fort, elle légitime toutes les violences, y compris celles qu’elle condamnera demain, quand elles viseront ses propres intérêts.

Les États-Unis n’ont ni amis ni partenaires, seulement des subordonnés. L’histoire est limpide. Ceux qui croient à un « partage du monde » négocié sont naïfs ou de mauvaise foi. Washington veut tout, tout de suite, et par la force si nécessaire. La France le sait. Elle feint de l’ignorer.

Mais aucun empire n’est éternel. Tous s’effondrent sous le poids de leur arrogance et de leur violence. Le problème n’est pas que l’empire américain tombera, il tombera. Le problème est qu’en s’arc-boutant à ses basques, l’Europe et la France ont choisis de tomber avec lui.

Et quand le sol se dérobera, il sera trop tard pour invoquer des valeurs qu’on aura soi-même piétinées.

Cette hypocrisie structurelle détruit ce que l’Europe prétend défendre : un ordre mondial fondé sur des règles. En validant la loi du plus fort, elle légitime toutes les violences, y compris celles qu’elle condamnera demain, quand elles viseront ses propres intérêts.

À force d’alignement sur Washington, l’Union européenne accélère la fragmentation du monde et pousse de nombreux États vers des alternatives comme les BRICS, non par adhésion idéologique, mais par rejet d’un système international truqué.

La France dans son Europe croit acheter sa sécurité en sacrifiant le droit international. En réalité, elle achète son effacement. À force de choisir l’empire contre les peuples, elle découvrira trop tard qu’on ne survit pas longtemps comme vassal moral d’une puissance en déclin.

 Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet  "Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça."  https://kadertahri.blogspot.com/


Déchéance de nationalité en Algérie : quand l’indignation caricature le droit


 La loi sur la déchéance de la nationalité algérienne d’origine est dénoncée comme une rupture historique, une première mondiale, voire une dérive fascisante. Ces accusations spectaculaires masquent pourtant l’essentiel : une lecture tronquée du texte, une méconnaissance du droit comparé et une instrumentalisation politique de l’histoire. Critiquer cette loi est légitime. La travestir ne l’est pas.

La loi relative à la déchéance de la nationalité algérienne d’origine a déclenché une indignation d’une rare violence verbale. On parle de « loi antinationale », de « dynamitage de la nation », de « haute trahison », certains allant jusqu’à convoquer l’ombre du nazisme. Ce déferlement d’analogies extrêmes et de raccourcis historiques donne l’illusion d’une radicalité morale, mais affaiblit en réalité toute critique sérieuse du texte.

Car contrairement à ce qui est martelé, cette loi n’instaure ni une déchéance automatique, ni collective, ni fondée sur l’opinion politique. Elle prévoit explicitement que la procédure ne s’applique qu’aux personnes pour lesquelles existent des preuves solides et cohérentes établissant la commission, à l’étranger, d’actes graves définis par la loi, et seulement après un avertissement officiel préalable destiné à permettre à l’intéressé de se rétracter. Ce mécanisme d’avertissement, présenté par ses détracteurs comme une fiction, constitue pourtant une garantie procédurale que nombre d’États ne prévoient même pas.

Affirmer que cette loi engloberait toute forme d’expression critique relève donc de l’exagération militante. Le texte vise des actes qualifiés, pas des opinions. Que ces qualifications puissent être abusivement interprétées dans un contexte politique tendu est une question sérieuse, mais elle ne justifie pas la falsification du contenu même de la loi.

La question de l’apatridie, brandie comme une preuve supplémentaire de l’horreur du texte, est tout aussi instrumentalisée. La loi est claire : nul ne peut être déchu de sa nationalité d’origine s’il ne dispose pas d’une autre nationalité, afin d’éviter toute situation d’apatridie. Les exceptions prévues concernent des crimes d’une gravité extrême — haute trahison, intelligence avec une puissance étrangère, port d’armes contre l’Algérie, terrorisme, atteinte à l’intégrité territoriale. On est loin de la criminalisation de la dissidence politique.

L’argument selon lequel la déchéance de la nationalité d’origine serait partout dans le monde impossible et constituerait une « première mondiale » ne résiste pas à l’examen historique. Même des États souvent cités comme modèles ou contre-exemples ont eu recours à de telles pratiques. Chez le « frère voisin marocain », si souvent idéalisé dans le discours anti-Algérien, le roi Hassan II a bel et bien déchu de la nationalité marocaine le militant marxiste révolutionnaire Abraham Serfaty après dix-sept années de détention, dont une partie au bagne de Tazmamart, avant de l’expulser du pays en prétendant qu’il était en réalité brésilien. Aucun débat juridique, aucune garantie procédurale : une décision purement politique.

De même, l’Union soviétique, souvent invoquée pour affirmer que même les dictatures respectaient l’intangibilité de la nationalité, a déchu Alexandre Soljenytsine de sa nationalité en 1974 avant de l’expulser. Les mêmes appareils répressifs que l’on dénonce aujourd’hui en Russie n’ont jamais hésité à rompre le lien national lorsque le pouvoir le jugeait nécessaire.

Ces rappels ne visent pas à justifier la loi algérienne, mais à démontrer l’inanité de l’argument de l’exception absolue. L’histoire montre que la nationalité a toujours été, dans les États démocratiques comme dans certains États sécuritaires, un instrument politique. La question n’est donc pas de feindre la surprise, mais d’exiger des garanties juridiques effectives.

L’analogie obsessionnelle avec le nazisme et Vichy relève enfin d’une dérive intellectuelle préoccupante. Les lois de dénaturalisation du XXᵉ siècle visaient des catégories entières de population sur des bases raciales ou idéologiques. Assimiler cette logique à une loi qui vise des actes qualifiés, aussi critiquable soit-elle, relève de l’anathème et non de l’analyse. Cette surenchère morale finit par banaliser ce qu’elle prétend dénoncer.

Quant à l’argument du précédent de 1962 et du refus de déchoir les Harkis de leur nationalité, il relève de la mémoire politique, non du droit positif. Cette position, respectable sur le plan symbolique, n’a jamais été constitutionnalisée ni transformée en principe juridique intangible. La brandir comme une norme absolue aujourd’hui revient à confondre histoire, morale et droit.

Le véritable combat ne se situe pas dans les cris d’orfraie ni dans les comparaisons extrêmes. Il se situe dans l’exigence de définitions juridiques précises, de contrôle juridictionnel indépendant, de voies de recours effectives et de limitation stricte de l’arbitraire exécutif. C’est sur ce terrain, et seulement sur celui-là, que la défense des libertés publiques et de la cohésion nationale peut être crédible.

À force de transformer toute critique en procès en fascisme, on ne protège ni le droit ni la nation. On les fragilise.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                           Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça https://kadertahri.blogspot.com/

 


L’Intelligence Artificielle a analysé mon Blog :

 

Le blog Ouvrons le Débat (https://kadertahri.blogspot.com/) est un espace d’opinion et d’analyse politique très engagé. Il propose des critiques fortes et tranchées sur des sujets comme :

  • le conflit israélo-palestinien, notamment avec des positions très radicales sur Israël et la situation à Gaza ;
  • les relations internationales (France–Algérie, presse, ONG, etc.) ;
  • des sujets de géopolitique et d’actualité moyen-orientale. Ouvrons le Débat

Les articles sont écrits dans un style polémique et passionné, qui reflète la vision personnelle de l’auteur (Kader Tahri, “chroniqueur engagé”). Ouvrons le Débat

✍️ Points forts

Clair point de vue engagé — si tu cherches des opinions fortes contre certaines politiques ou narratives dominantes, le blog livre ça sans détour. Ouvrons le Débat
Multiples sujets politiques actuels — récits commentés, analyses historiques, débats internationaux… Ouvrons le Débat
Encourage l’interaction, avec des appels à commenter et débattre. Ouvrons le Débat

À prendre en compte

Tonalité très partisane — les articles ne sont pas neutres ou équilibrés, ils expriment des opinions très tranchées, parfois au point de caricaturer l’adversaire ou de présenter des généralisations extrêmes. Ouvrons le Débat
Manque de diversité de sources — beaucoup de conclusions reposent sur des interprétations très personnelles plutôt que sur une synthèse large de faits vérifiables. Ouvrons le Débat
Contenu fort émotionnel — certains passages sont formulés de manière polémique, ce qui peut déplaire si tu préfères une analyse plus calme ou académique. Ouvrons le Débat

En résumé

👉 Oui, ton blog peut être intéressant, surtout pour des lecteurs qui aiment les arguments engagés et critiques vives sur des sujets d’actualité. Ouvrons le Débat
👉 Mais il faut être conscient que ce n’est pas un média neutre ou un espace de débat modéré : l’approche est militante et subjective. Ouvrons le Débat

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça
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CAN 2025 : Et si l’Algérie gagnait… et que le mythe marocain s’effondrait ?


 

CAN 2025 : Et si l’Algérie gagnait… et que le mythe marocain s’effondrait ?

La Coupe d’Afrique des Nations n’est pas qu’un tournoi de football. À Rabat, elle est devenue un enjeu symbolique : identité, rivalité, fierté. Mais que se passe-t-il vraiment quand la réalité du terrain est ignorée par ceux qui préfèrent les récits ?

🏆 L’Algérie, vrai outsider avec de solides raisons d’y croire

Avant même le début de la compétition, l’équipe algérienne affichait une ambition réelle de titres, portée par un groupe talentueux qui veut écrire son histoire. beIN SPORTS
Sur le terrain, les Fennecs ont confirmé : après une qualification assurée en tête du groupe, une victoire nette face au Burkina Faso leur a permis de consolider leur place en 8es de finale. Confédération Africaine de Football

Ce n’est pas un conte de fées : c’est du football, et les faits sportifs parlent d’eux-mêmes.

🤔 Mais alors pourquoi certains médias dressent-ils un récit obsessionnel ?

Au lieu de parler de football, certains éditorialistes semblent se concentrer exclusivement sur l’Algérie, au point de transformer le débat en caricature. Ouvrons le Débat

📌 On imagine des conspirations.
📌 On prête des intentions.
📌 On anticipe des “effondrements” politiques ou économiques.

Le sport devient une métaphore grotesque d’une prétendue haine, au lieu d’être analysé comme… du football.

Ce que disent les faits (et pas les narrations)

✔️ L’Algérie s’est qualifiée pour la phase finale et se bat avec sérieux pour aller loin. Confédération Africaine de Football
✔️ Un collectif soudé capable de surprendre, loin des clichés médiatiques. beIN SPORTS
✔️ Les résultats sur le terrain ne sont pas des imaginations, mais des statistiques et des réalisations concrètes.

👉 Si les supporters marocains ont aussi des raisons de vibrer, pourquoi transformer automatiquement toute réussite algérienne en un “effondrement” du voisin ?

🧠 Le débat réel : rivalité ou respect du sport ?

Il faut se poser la vraie question :
👉 La presse qui parle sans cesse de l’Algérie parle-t-elle du Maroc ?
👉 Ou parle-t-elle surtout de ce qu’elle croit que ses lecteurs veulent entendre ?

Quand on politise l’événement sportif au point de nier l’autre équipe son mérite, on perd de vue l’essentiel : le jeu, le public, l’émotion collective.


🔁 Une victoire algérienne serait-elle une catastrophe ?

Non.
Elle serait simplement la victoire d’une équipe qui a travaillé, joué, marqué et remporté ses matchs avec talent.
La dramatisation outrancière n’est pas une analyse, c’est une stratégie narrative.

Et toi, lecteur :

👉 Penses-tu que le débat autour de la CAN est devenu trop politique ?
👉 La rivalité sportive doit-elle rester dans les stades et non dans les éditoriaux ?

Le débat est ouvert → laisse un commentaire ci-dessous 👇

 

 

Algérie–Venezuela : Une comparaison paresseuse et l’Algérie face aux prophètes du déclin !

 


Ce que je trouve personnellement regrettable, c’est la tendance d’une partie non négligeable des intervenants sur les réseaux sociaux à formuler leurs opinions sur un mode purement affirmatif, comme s’ils détenaient des informations irréfutables ou avaient accès aux cercles réels de décision. Or, sauf exception, nous ne sommes ni dans le secret des coulisses ni au cœur des mécanismes de décision stratégique à haut niveau.

Cela ne signifie évidemment pas que le citoyen doive se taire : l’expression d’un avis sur les sujets d’actualité est non seulement légitime, mais nécessaire à la vie sociale et démocratique. Toutefois, lorsqu’il s’agit d’analyses politiques, économiques ou géopolitiques, il serait sans doute plus rigoureux  et plus honnête intellectuellement  de recourir au conditionnel, plutôt que de présenter des hypothèses comme des certitudes.

On ne compare pas l’incomparable

Maduro a été destitué par ses généraux qui l’ont gentiment remis aux autorités américaines. Quant à l’action militaire ayant conclu sa chute, elle n’est qu’un écran de fumée auquel Trump, c’est son aptitude la plus criante "Nous sommes les meilleurs, nous avons les meilleures armes du monde", s’est employé à donner un relief particulier et spectaculaire.

Aussi, faut arrêter d’idéaliser un pays comme le Venezuela, 28 millions d’habitants quasi 10 millions d’expatriés. C’est un signe que ça ne va pas fort... SI on compare à l’Iran qui est aussi sanctionné (même plus, mais qui a réussi à créer une industrie et une économie, sans hémorragie de sa population)

Un pays fort défend ses intérêts par la force si nécessaire, ce n’est pas parce qu’on est devenu des lopettes peureuses en 

Il est devenu presque banal, sur les réseaux sociaux, d’énoncer des certitudes comme s’il s’agissait de vérités révélées. Nombre d’intervenants s’expriment sur l’Algérie avec un aplomb déconcertant, comme s’ils avaient accès aux salles de commandement du pouvoir mondial ou aux circuits réels de décision stratégique. Or, soyons honnêtes : nous commentons, nous interprétons, nous supposons. Nous ne savons pas. Et la première exigence intellectuelle devrait être là.

Que chacun donne son avis est non seulement légitime, mais indispensable à toute société vivante. Encore faut-il distinguer l’opinion de l’expertise, l’hypothèse du fait établi. À défaut, on glisse rapidement de l’analyse à la prophétie, du débat à la manipulation émotionnelle.

Depuis la crise vénézuélienne, une rengaine revient avec une constance suspecte : « l’Algérie suivra le même chemin ». Cette comparaison est non seulement paresseuse, elle est fausse. Le Venezuela et l’Algérie n’évoluent ni dans le même contexte social, ni dans la même architecture économique, ni dans la même configuration géopolitique ou militaire. Assimiler l’un à l’autre relève moins de l’analyse que du slogan anxiogène.

Plus inquiétant encore est ce récit selon lequel tous les maux de l’Algérie commenceraient en 2019, avec l’arrivée d’Abdelmadjid Tebboune. Comme si l’effondrement de pans entiers de l’économie, la corruption systémique, la captation de l’État par des réseaux mafieux et la dépendance structurelle aux hydrocarbures étaient des phénomènes récents. Cette lecture n’est pas seulement erronée : elle est intellectuellement malhonnête.

Le débat est d’autant plus biaisé qu’il se drape souvent d’un vernis idéologique. Or, soyons lucides : l’idéologie ne structure plus réellement le monde. Les exemples des États-Unis sous Trump ou de la France sous Macron démontrent que les grandes doctrines ont cédé la place à des logiques de pouvoir, d’intérêts et de rapports de force. Nous vivons une époque post-idéologique, dominée par des acteurs transnationaux dont l’ambition est moins de convaincre que de contrôler.

Qu’il s’agisse de grandes fortunes, de fonds d’investissement ou de fondations globales, le moteur n’est pas une vision du monde, mais une pulsion de domination. Après la puissance financière, vient le désir de la puissance politique globale. Dans ce cadre, il est permis de s’interroger — sans affirmer — sur certains événements mondiaux récents et sur les intérêts qu’ils ont pu servir.

Dès lors, une question s’impose : que pouvait réellement faire le pouvoir algérien depuis 2019, dans un contexte mondial marqué par la pandémie, les tensions énergétiques et les recompositions géopolitiques ? Annoncer une transition politique indéfinie avant même la stabilisation institutionnelle ? Supprimer les aides sociales alors que la classe moyenne basculait déjà dans la précarité ? Mettre fin aux transferts sociaux après que des réseaux de prédation — incarnés par les affaires Haddad, Tahkout, Kouninef ou Ouyahia — ont vidé les caisses de l’État ?

Cela aurait été offrir sur un plateau l’Algérie à ceux qui rêvent d’un monde sans nations, soumis à un capitalisme global sans frontières ni contre-pouvoirs.

À l’inverse, des choix ont été faits. Des projets structurants ont été engagés ou relancés : Gara Djebilet, les phosphates, l’exploration offshore, l’extension du réseau ferroviaire vers l’extrême sud, les perspectives liées au lithium pour l’industrie des véhicules électriques, sans oublier les partenariats scientifiques et médicaux de haut niveau. Balayer ces dynamiques d’un revers de main en les qualifiant de « rente » ou de « communication » relève soit de l’ignorance, soit de la mauvaise foi.

Aucun projet structurant ne produit de résultats immédiats. L’investissement lourd exige du temps, de la stabilité et de la patience. Exiger des effets instantanés, c’est refuser par principe toute logique de transformation réelle.

Comparer encore l’Algérie au Venezuela en matière de sanctions ou de confrontation avec les États-Unis révèle une incompréhension profonde des équilibres mondiaux. La puissance américaine repose en grande partie sur le système du pétrodollar. Remettre frontalement ce système en cause constitue une ligne rouge stratégique. Or, l’Algérie cherche à diversifier son économie, non à défier le dollar. La nuance est capitale.

Enfin, il faut le dire clairement : les critiques formulées depuis des salons feutrés à Paris, New York ou Los Angeles, aussi brillantes soient-elles, ne remplacent pas une analyse enracinée dans la réalité nationale. L’Algérie n’est ni un laboratoire idéologique, ni un terrain de projection fantasmatique pour experts autoproclamés.

L’économie n’est pas une incantation néolibérale répétée comme un mantra. Elle consiste à organiser la production pour répondre aux besoins réels d’une population, tout en maintenant la cohésion sociale. Sur ce point, l’Algérie présente un fait rarement mentionné : elle figure parmi les pays aux plus faibles inégalités de revenus à l’échelle mondiale.

Quant au « modèle chinois », souvent invoqué à tort, il repose sur une trajectoire historique unique : une puissance démographique massive et la conservation, après 1949, de structures économiques sous contrôle national. L’Algérie, elle, a vu son tissu économique méthodiquement détruit par la colonisation et ses élites entrepreneuriales éliminées. Faire abstraction de cette histoire, c’est refuser de comprendre le présent.

Comparer l’incomparable n’éclaire rien. Cela rassure peut-être, cela choque parfois, mais cela n’explique jamais.

L’Algérie n’est ni le Venezuela, ni un État failli en sursis, ni une variable d’ajustement dans les fantasmes géopolitiques de commentateurs pressés. Elle est un pays en tension, traversé de contradictions, certes, mais aussi engagé dans une lutte silencieuse pour préserver sa souveraineté économique et politique dans un monde devenu brutalement prédateur.

Ceux qui annoncent son effondrement imminent parlent souvent plus de leurs propres obsessions que de la réalité algérienne. Ils confondent analyse et projection, critique et règlement de comptes, lucidité et désir de voir échouer ce qui ne correspond pas à leurs schémas.

L’Histoire ne se répète jamais à l’identique. Elle punit surtout ceux qui refusent de penser la complexité.
Et l’Algérie, qu’on le veuille ou non, ne se pense ni ne se juge à travers des comparaisons faciles. Elle s’impose, lentement, difficilement, mais souverainement.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Le Makhzen dans sa fabrique médiatique d’un ennemi permanent "Algerie" !

 

Dans cette tribune, je fais une  analyse et déconstruit un discours médiatique fondé sur la généralisation et la stigmatisation, qui transforme un différend politique entre États en hostilité supposée entre peuples. Une mise en garde contre la fabrique de la haine et un plaidoyer pour une lucidité politique débarrassée des récits incendiaires. Je constante qu’à force de vouloir dénoncer l’autre, certains éditoriaux finissent par produire exactement ce qu’ils prétendent combattre : la haine. Cet article démonte une rhétorique qui essentialise un peuple, instrumentalise l’histoire et ferme la porte à toute perspective de paix maghrébine.

À force de vouloir dénoncer une hostilité supposée, certains éditoriaux finissent par en devenir l’illustration la plus éloquente. Le texte récemment publié par Assabah, prétendant analyser la relation algéro-marocaine, s’inscrit moins dans une démarche d’éclairage que dans une entreprise de construction d’un ennemi permanent, essentialisé, figé, et privé de toute complexité humaine et politique.

Sous couvert de “dire les choses telles qu’elles sont”, l’édito verse dans une rhétorique de la généralisation, où un régime, des choix diplomatiques, des médias officiels et une société entière se confondent en un seul bloc hostile. Cette confusion n’est ni innocente ni anodine : elle est le carburant classique des discours de rupture, ceux qui transforment les différends politiques en antagonismes civilisationnels.

Du désaccord politique à la stigmatisation d’un peuple

Affirmer qu’« une partie de la société algérienne a grandi dans un imaginaire structuré autour du rejet du Maroc » revient à poser une thèse grave : celle d’une haine transmise culturellement, presque héréditaire. Une telle affirmation, non étayée par des travaux sociologiques sérieux, relève moins de l’analyse que de l’assignation identitaire.

Les sociétés ne sont pas des blocs idéologiques homogènes. L’Algérie, comme le Maroc, est traversée par des courants contradictoires, des mémoires plurielles, des générations en rupture avec les récits officiels. Réduire une population de plus de quarante millions d’habitants à une hostilité “institutionnalisée” est non seulement intellectuellement paresseux, mais moralement dangereux. C’est exactement ce type de discours qui, dans d’autres contextes, a justifié l’exclusion, le mépris et la déshumanisation.

L’histoire comme arme, non comme responsabilité

Le rappel de l’expulsion des Marocains d’Algérie dans les années 1970 constitue un passage central du texte. Ce drame humain est réel, douloureux, et mérite reconnaissance, mémoire et réparation. Mais ici, il est instrumentalisé non pour ouvrir un espace de justice ou de dialogue, mais pour fermer toute possibilité de rapprochement, en assignant une culpabilité collective et transhistorique.

La mémoire n’est pas une massue. Lorsqu’elle est convoquée sans distinction entre les responsabilités politiques d’hier et les sociétés d’aujourd’hui, elle cesse d’être un devoir pour devenir un outil de ressentiment. Aucun peuple ne peut être éternellement tenu pour comptable des décisions d’un pouvoir passé, surtout lorsque ce peuple n’a jamais été consulté.

Le Sahara : la certitude comme stratégie d’exclusion

Le conflit du Sahara est présenté dans l’édito comme une pure fabrication algérienne, un artifice cynique destiné à nuire au Maroc. Une telle lecture, martelée comme une évidence, évacue toute la complexité juridique, historique et internationale de ce dossier, reconnu comme non résolu par les Nations unies.

On peut défendre fermement la position marocaine — et beaucoup le font — sans sombrer dans le déni de toute légitimité de la position adverse. Transformer un conflit politique en preuve absolue de malveillance revient à fermer la porte à toute issue diplomatique et à entretenir un climat de confrontation perpétuelle, au détriment des peuples de la région.

La logique du soupçon permanent : une impasse morale et politique

L’un des aspects les plus inquiétants du texte réside dans sa criminalisation de l’intention. Les gestes de fraternité lors d’événements sportifs seraient feints, les délégations étrangères porteuses d’arrière-pensées, la bonne foi nécessairement naïve. Cette vision paranoïaque du monde n’est pas de la lucidité : c’est une abdication de la raison.

Aucune paix régionale ne peut se construire sur le soupçon généralisé. À ce compte-là, tout échange devient une menace, toute rencontre une manipulation, toute ouverture une faiblesse. Ce discours ne protège pas les intérêts nationaux ; il les enferme dans une forteresse mentale, coupée des sociétés civiles et des dynamiques de rapprochement spontané entre peuples.

Une contradiction fondamentale

L’édito se réclame des valeurs marocaines d’hospitalité, d’ouverture et de fraternité, tout en expliquant qu’il faudrait s’en méfier, les restreindre, les entourer de barrières mentales. On ne peut pas, dans le même souffle, revendiquer des valeurs universelles et considérer qu’un peuple voisin en est par nature indigne.

Les valeurs ne sont pas stratégiques à géométrie variable. Elles perdent toute crédibilité lorsqu’elles sont invoquées uniquement pour se donner le beau rôle, tout en servant de prétexte à la diabolisation de l’autre.

La responsabilité des médias

Dans une région marquée par des décennies de tensions, les médias ont une responsabilité historique. Ils peuvent soit : contribuer à désescalader les récits de haine, soit alimenter une guerre des imaginaires où chaque peuple est sommé de haïr l’autre pour prouver sa loyauté nationale.

Présenter la méfiance comme sagesse et la fermeture comme maturité politique est une erreur grave. La véritable lucidité consiste à distinguer les États des peuples, les régimes des sociétés, les conflits des identités.

Refuser la haine comme horizon

Il est possible et nécessaire de défendre les intérêts du Maroc sans sombrer dans la stigmatisation, sans nourrir une vision essentialiste de l’Algérie et des Algériens. La critique politique gagne en force lorsqu’elle s’accompagne de rigueur intellectuelle et de sens moral.

La haine n’est pas un héritage naturel. Elle est produite, entretenue, rentable pour certains discours. La refuser n’est ni naïf ni faible : c’est un acte de responsabilité.

Alors, un conseil amical au Marocain chroniqueur (bergag sujet) : la prochaine fois qu’il voudra écrire sur l’Algérie, qu’il laisse tomber la morale simpliste et qu’il ouvre un atlas. Cela lui évitera de confondre un conflit géopolitique vieux de 75 ans avec une tragédie de monarchie de poche.

Car l’avenir du Maghreb ne se jouera pas dans la surenchère des éditoriaux incendiaires, mais dans la capacité à briser les récits qui transforment des peuples frères en ennemis héréditaires.

Quelle mascarade, quel gâchis, quelle pitrerie. Il fut un temps ou l’attitude du Makhzen marocain et sa presse locale faisait moins la fière !

A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Le grand mensonge stratégique multipolaire BRICS, Russie, Chine


 Analyse critique de l’illusion du monde multipolaire face à l’hégémonie américaine. Pourquoi les BRICS, la Russie et la Chine échouent à contester l’ordre atlantiste.

Depuis plusieurs années, le discours dominant chez les puissances dites « émergentes » martèle l’avènement d’un monde multipolaire, censé mettre fin à la domination occidentale et à l’ordre atlantiste. Pourtant, l’actualité internationale démontre l’exact inverse : l’hégémonie américaine demeure intacte, non pas par accident, mais par une stratégie cohérente, agressive et assumée.

Les États-Unis restent aujourd’hui la seule puissance capable de combiner projection militaire globale, domination financière, contrôle technologique et guerre informationnelle. Cette supériorité ne repose pas uniquement sur la force armée, mais sur un système impérial complet : dollar comme arme stratégique, sanctions extraterritoriales, OTAN comme bras armé, et alignement politique forcé des alliés européens. Face à cela, les discours sur la fin de l’unipolarité sonnent creux.

Les alliances alternatives — BRICS, partenariats eurasiatiques, coopérations Sud-Sud — sont régulièrement présentées comme des contre-pouvoirs crédibles. Dans les faits, elles ne constituent ni des alliances militaires, ni des blocs politiques unifiés, mais des cadres de coopération économique limités, sans mécanisme de solidarité stratégique. Dès qu’un État entre en confrontation directe avec Washington, ces alliances révèlent leur impuissance.

La Russie, souvent fantasmée comme le principal pôle de résistance à l’ordre atlantiste, agit avant tout selon une logique de réalisme brutal. Elle défend ses intérêts vitaux, pas ceux de ses partenaires idéologiques. Lorsqu’un allié périphérique est menacé, Moscou privilégie l’évitement, la temporisation ou la négociation indirecte. Cette posture, rationnelle militairement, ruine toutefois la crédibilité d’un leadership alternatif capable de fédérer durablement des États souverains face à l’Empire américain.

La Chine, de son côté, incarne une autre forme de renoncement stratégique à court terme. Pékin mise sur la puissance économique, la maîtrise industrielle, la domination technologique et le temps long. Mais en refusant toute confrontation directe avec les États-Unis, elle accepte implicitement les règles du jeu imposées par l’ordre atlantiste. Cette prudence stratégique protège ses intérêts internes, mais sacrifie ses partenaires extérieurs, exposés sans véritable garantie de protection.

Pendant ce temps, Washington applique une ligne constante : empêcher l’émergence de tout bloc souverain capable de remettre en cause son leadership. Cela passe par la fragmentation de l’Europe, la neutralisation des BRICS, la diabolisation systématique des États récalcitrants et la promotion du bilatéralisme contraint, terrain sur lequel les États-Unis écrasent leurs adversaires un par un. Diviser pour régner reste la matrice fondamentale de la géopolitique américaine.

Cette stratégie n’est pas seulement une démonstration de force ; elle révèle aussi une peur profonde : celle de voir, à moyen terme, des puissances continentales transformer leur poids économique en souveraineté stratégique réelle. Mais loin d’adopter une posture défensive, les États-Unis préfèrent frapper en amont, tant que l’asymétrie de puissance leur est favorable.

La leçon est brutale mais claire : la souveraineté ne se délègue pas, elle se construit et se défend. Les États qui misent sur des alliances idéologiques, des promesses multipolaires ou des partenaires prudents se condamnent à l’isolement au moment décisif. Dans l’ordre international réel — et non celui des discours — seuls comptent la dissuasion crédible, l’autonomie stratégique et la capacité à assumer le rapport de force.

Si la Russie et la Chine entendent réellement incarner une alternative crédible à l’ordre atlantiste et défendre l’émergence d’un monde multipolaire, elles ne peuvent plus se contenter d’une posture d’observateurs prudents pendant que leurs partenaires sont attaqués, asphyxiés ou bombardés par les États-Unis et leurs alliés. Washington et l’Europe, eux, ne doutent jamais lorsqu’il s’agit d’intervenir pour protéger leurs intérêts et leurs partenaires stratégiques. Cette différence de comportement envoie un message clair — et profondément dissuasif — à l’ensemble du système international.

Il est évident qu’une aide existe : conseils militaires, soutien stratégique, livraisons de matériel, coopération discrète. Mais cette approche indirecte atteint aujourd’hui ses limites. Elle ne suffit plus à dissuader l’agression. Après l’Iran, c’est le Venezuela qui se retrouve sous pression directe. Demain, quels seront les prochains ? Les États africains de l’AES ? Le Nicaragua ? La Colombie ? D’autres nations jugées trop indépendantes ou trop récalcitrantes ? Jusqu’où cette logique d’intervention unilatérale pourra-t-elle se poursuivre sans rencontrer de réponse claire et assumée ?

La question centrale est simple et brutale : les États-Unis et leur appareil militaire peuvent-ils continuer à frapper les partenaires de la Russie et de la Chine sans jamais faire face à une riposte à la hauteur de l’enjeu ? Si la réponse est oui, alors la multipolarité n’est qu’un slogan vide. Si la réponse est non, alors elle doit se traduire concrètement dans les faits.

Pourquoi la Russie et la Chine, pourtant dotées de capacités militaires majeures et de la dissuasion nucléaire, ne pourraient-elles pas assurer une protection réelle et crédible à leurs partenaires stratégiques ? Peut-on sérieusement imaginer que, si la Chine engageait une action décisive contre Taïwan, les États-Unis resteraient passifs, invoquant la prudence ou le temps long ? L’histoire récente démontre exactement l’inverse.

On ne peut pas revendiquer la multipolarité tout en acceptant que ses alliés soient systématiquement exposés, affaiblis ou détruits. Un monde multipolaire ne se proclame pas, il se défend. Le rapport de force ne changera pas par incantation, mais par des lignes rouges claires, assumées et crédibles.

Il est désormais impératif que la Fédération de Russie et la République populaire de Chine changent de logiciel stratégique. Non pour rechercher l’escalade, mais pour rétablir la dissuasion. L’histoire internationale ne respecte pas les puissances hésitantes. Elle respecte celles qui assument leurs responsabilités lorsque l’agression devient systémique.

Le monde multipolaire n’est donc pas une réalité, mais un champ de bataille idéologique. Tant que ceux qui s’en réclament refuseront d’en payer le prix politique, militaire et économique, il restera un slogan utile pour masquer la persistance d’un empire américain toujours capable d’imposer sa loi.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça
https://kadertahri.blogspot.com/