Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

L’Intelligence Artificielle a analysé mon Blog :

 

Le blog Ouvrons le Débat (https://kadertahri.blogspot.com/) est un espace d’opinion et d’analyse politique très engagé. Il propose des critiques fortes et tranchées sur des sujets comme :

  • le conflit israélo-palestinien, notamment avec des positions très radicales sur Israël et la situation à Gaza ;
  • les relations internationales (France–Algérie, presse, ONG, etc.) ;
  • des sujets de géopolitique et d’actualité moyen-orientale. Ouvrons le Débat

Les articles sont écrits dans un style polémique et passionné, qui reflète la vision personnelle de l’auteur (Kader Tahri, “chroniqueur engagé”). Ouvrons le Débat

✍️ Points forts

Clair point de vue engagé — si tu cherches des opinions fortes contre certaines politiques ou narratives dominantes, le blog livre ça sans détour. Ouvrons le Débat
Multiples sujets politiques actuels — récits commentés, analyses historiques, débats internationaux… Ouvrons le Débat
Encourage l’interaction, avec des appels à commenter et débattre. Ouvrons le Débat

À prendre en compte

Tonalité très partisane — les articles ne sont pas neutres ou équilibrés, ils expriment des opinions très tranchées, parfois au point de caricaturer l’adversaire ou de présenter des généralisations extrêmes. Ouvrons le Débat
Manque de diversité de sources — beaucoup de conclusions reposent sur des interprétations très personnelles plutôt que sur une synthèse large de faits vérifiables. Ouvrons le Débat
Contenu fort émotionnel — certains passages sont formulés de manière polémique, ce qui peut déplaire si tu préfères une analyse plus calme ou académique. Ouvrons le Débat

En résumé

👉 Oui, ton blog peut être intéressant, surtout pour des lecteurs qui aiment les arguments engagés et critiques vives sur des sujets d’actualité. Ouvrons le Débat
👉 Mais il faut être conscient que ce n’est pas un média neutre ou un espace de débat modéré : l’approche est militante et subjective. Ouvrons le Débat

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça
https://kadertahri.blogspot.com/

 


CAN 2025 : Et si l’Algérie gagnait… et que le mythe marocain s’effondrait ?


 

CAN 2025 : Et si l’Algérie gagnait… et que le mythe marocain s’effondrait ?

La Coupe d’Afrique des Nations n’est pas qu’un tournoi de football. À Rabat, elle est devenue un enjeu symbolique : identité, rivalité, fierté. Mais que se passe-t-il vraiment quand la réalité du terrain est ignorée par ceux qui préfèrent les récits ?

🏆 L’Algérie, vrai outsider avec de solides raisons d’y croire

Avant même le début de la compétition, l’équipe algérienne affichait une ambition réelle de titres, portée par un groupe talentueux qui veut écrire son histoire. beIN SPORTS
Sur le terrain, les Fennecs ont confirmé : après une qualification assurée en tête du groupe, une victoire nette face au Burkina Faso leur a permis de consolider leur place en 8es de finale. Confédération Africaine de Football

Ce n’est pas un conte de fées : c’est du football, et les faits sportifs parlent d’eux-mêmes.

🤔 Mais alors pourquoi certains médias dressent-ils un récit obsessionnel ?

Au lieu de parler de football, certains éditorialistes semblent se concentrer exclusivement sur l’Algérie, au point de transformer le débat en caricature. Ouvrons le Débat

📌 On imagine des conspirations.
📌 On prête des intentions.
📌 On anticipe des “effondrements” politiques ou économiques.

Le sport devient une métaphore grotesque d’une prétendue haine, au lieu d’être analysé comme… du football.

Ce que disent les faits (et pas les narrations)

✔️ L’Algérie s’est qualifiée pour la phase finale et se bat avec sérieux pour aller loin. Confédération Africaine de Football
✔️ Un collectif soudé capable de surprendre, loin des clichés médiatiques. beIN SPORTS
✔️ Les résultats sur le terrain ne sont pas des imaginations, mais des statistiques et des réalisations concrètes.

👉 Si les supporters marocains ont aussi des raisons de vibrer, pourquoi transformer automatiquement toute réussite algérienne en un “effondrement” du voisin ?

🧠 Le débat réel : rivalité ou respect du sport ?

Il faut se poser la vraie question :
👉 La presse qui parle sans cesse de l’Algérie parle-t-elle du Maroc ?
👉 Ou parle-t-elle surtout de ce qu’elle croit que ses lecteurs veulent entendre ?

Quand on politise l’événement sportif au point de nier l’autre équipe son mérite, on perd de vue l’essentiel : le jeu, le public, l’émotion collective.


🔁 Une victoire algérienne serait-elle une catastrophe ?

Non.
Elle serait simplement la victoire d’une équipe qui a travaillé, joué, marqué et remporté ses matchs avec talent.
La dramatisation outrancière n’est pas une analyse, c’est une stratégie narrative.

Et toi, lecteur :

👉 Penses-tu que le débat autour de la CAN est devenu trop politique ?
👉 La rivalité sportive doit-elle rester dans les stades et non dans les éditoriaux ?

Le débat est ouvert → laisse un commentaire ci-dessous 👇

 

 

Algérie–Venezuela : Une comparaison paresseuse et l’Algérie face aux prophètes du déclin !

 


Ce que je trouve personnellement regrettable, c’est la tendance d’une partie non négligeable des intervenants sur les réseaux sociaux à formuler leurs opinions sur un mode purement affirmatif, comme s’ils détenaient des informations irréfutables ou avaient accès aux cercles réels de décision. Or, sauf exception, nous ne sommes ni dans le secret des coulisses ni au cœur des mécanismes de décision stratégique à haut niveau.

Cela ne signifie évidemment pas que le citoyen doive se taire : l’expression d’un avis sur les sujets d’actualité est non seulement légitime, mais nécessaire à la vie sociale et démocratique. Toutefois, lorsqu’il s’agit d’analyses politiques, économiques ou géopolitiques, il serait sans doute plus rigoureux  et plus honnête intellectuellement  de recourir au conditionnel, plutôt que de présenter des hypothèses comme des certitudes.

On ne compare pas l’incomparable

Maduro a été destitué par ses généraux qui l’ont gentiment remis aux autorités américaines. Quant à l’action militaire ayant conclu sa chute, elle n’est qu’un écran de fumée auquel Trump, c’est son aptitude la plus criante "Nous sommes les meilleurs, nous avons les meilleures armes du monde", s’est employé à donner un relief particulier et spectaculaire.

Aussi, faut arrêter d’idéaliser un pays comme le Venezuela, 28 millions d’habitants quasi 10 millions d’expatriés. C’est un signe que ça ne va pas fort... SI on compare à l’Iran qui est aussi sanctionné (même plus, mais qui a réussi à créer une industrie et une économie, sans hémorragie de sa population)

Un pays fort défend ses intérêts par la force si nécessaire, ce n’est pas parce qu’on est devenu des lopettes peureuses en 

Il est devenu presque banal, sur les réseaux sociaux, d’énoncer des certitudes comme s’il s’agissait de vérités révélées. Nombre d’intervenants s’expriment sur l’Algérie avec un aplomb déconcertant, comme s’ils avaient accès aux salles de commandement du pouvoir mondial ou aux circuits réels de décision stratégique. Or, soyons honnêtes : nous commentons, nous interprétons, nous supposons. Nous ne savons pas. Et la première exigence intellectuelle devrait être là.

Que chacun donne son avis est non seulement légitime, mais indispensable à toute société vivante. Encore faut-il distinguer l’opinion de l’expertise, l’hypothèse du fait établi. À défaut, on glisse rapidement de l’analyse à la prophétie, du débat à la manipulation émotionnelle.

Depuis la crise vénézuélienne, une rengaine revient avec une constance suspecte : « l’Algérie suivra le même chemin ». Cette comparaison est non seulement paresseuse, elle est fausse. Le Venezuela et l’Algérie n’évoluent ni dans le même contexte social, ni dans la même architecture économique, ni dans la même configuration géopolitique ou militaire. Assimiler l’un à l’autre relève moins de l’analyse que du slogan anxiogène.

Plus inquiétant encore est ce récit selon lequel tous les maux de l’Algérie commenceraient en 2019, avec l’arrivée d’Abdelmadjid Tebboune. Comme si l’effondrement de pans entiers de l’économie, la corruption systémique, la captation de l’État par des réseaux mafieux et la dépendance structurelle aux hydrocarbures étaient des phénomènes récents. Cette lecture n’est pas seulement erronée : elle est intellectuellement malhonnête.

Le débat est d’autant plus biaisé qu’il se drape souvent d’un vernis idéologique. Or, soyons lucides : l’idéologie ne structure plus réellement le monde. Les exemples des États-Unis sous Trump ou de la France sous Macron démontrent que les grandes doctrines ont cédé la place à des logiques de pouvoir, d’intérêts et de rapports de force. Nous vivons une époque post-idéologique, dominée par des acteurs transnationaux dont l’ambition est moins de convaincre que de contrôler.

Qu’il s’agisse de grandes fortunes, de fonds d’investissement ou de fondations globales, le moteur n’est pas une vision du monde, mais une pulsion de domination. Après la puissance financière, vient le désir de la puissance politique globale. Dans ce cadre, il est permis de s’interroger — sans affirmer — sur certains événements mondiaux récents et sur les intérêts qu’ils ont pu servir.

Dès lors, une question s’impose : que pouvait réellement faire le pouvoir algérien depuis 2019, dans un contexte mondial marqué par la pandémie, les tensions énergétiques et les recompositions géopolitiques ? Annoncer une transition politique indéfinie avant même la stabilisation institutionnelle ? Supprimer les aides sociales alors que la classe moyenne basculait déjà dans la précarité ? Mettre fin aux transferts sociaux après que des réseaux de prédation — incarnés par les affaires Haddad, Tahkout, Kouninef ou Ouyahia — ont vidé les caisses de l’État ?

Cela aurait été offrir sur un plateau l’Algérie à ceux qui rêvent d’un monde sans nations, soumis à un capitalisme global sans frontières ni contre-pouvoirs.

À l’inverse, des choix ont été faits. Des projets structurants ont été engagés ou relancés : Gara Djebilet, les phosphates, l’exploration offshore, l’extension du réseau ferroviaire vers l’extrême sud, les perspectives liées au lithium pour l’industrie des véhicules électriques, sans oublier les partenariats scientifiques et médicaux de haut niveau. Balayer ces dynamiques d’un revers de main en les qualifiant de « rente » ou de « communication » relève soit de l’ignorance, soit de la mauvaise foi.

Aucun projet structurant ne produit de résultats immédiats. L’investissement lourd exige du temps, de la stabilité et de la patience. Exiger des effets instantanés, c’est refuser par principe toute logique de transformation réelle.

Comparer encore l’Algérie au Venezuela en matière de sanctions ou de confrontation avec les États-Unis révèle une incompréhension profonde des équilibres mondiaux. La puissance américaine repose en grande partie sur le système du pétrodollar. Remettre frontalement ce système en cause constitue une ligne rouge stratégique. Or, l’Algérie cherche à diversifier son économie, non à défier le dollar. La nuance est capitale.

Enfin, il faut le dire clairement : les critiques formulées depuis des salons feutrés à Paris, New York ou Los Angeles, aussi brillantes soient-elles, ne remplacent pas une analyse enracinée dans la réalité nationale. L’Algérie n’est ni un laboratoire idéologique, ni un terrain de projection fantasmatique pour experts autoproclamés.

L’économie n’est pas une incantation néolibérale répétée comme un mantra. Elle consiste à organiser la production pour répondre aux besoins réels d’une population, tout en maintenant la cohésion sociale. Sur ce point, l’Algérie présente un fait rarement mentionné : elle figure parmi les pays aux plus faibles inégalités de revenus à l’échelle mondiale.

Quant au « modèle chinois », souvent invoqué à tort, il repose sur une trajectoire historique unique : une puissance démographique massive et la conservation, après 1949, de structures économiques sous contrôle national. L’Algérie, elle, a vu son tissu économique méthodiquement détruit par la colonisation et ses élites entrepreneuriales éliminées. Faire abstraction de cette histoire, c’est refuser de comprendre le présent.

Comparer l’incomparable n’éclaire rien. Cela rassure peut-être, cela choque parfois, mais cela n’explique jamais.

L’Algérie n’est ni le Venezuela, ni un État failli en sursis, ni une variable d’ajustement dans les fantasmes géopolitiques de commentateurs pressés. Elle est un pays en tension, traversé de contradictions, certes, mais aussi engagé dans une lutte silencieuse pour préserver sa souveraineté économique et politique dans un monde devenu brutalement prédateur.

Ceux qui annoncent son effondrement imminent parlent souvent plus de leurs propres obsessions que de la réalité algérienne. Ils confondent analyse et projection, critique et règlement de comptes, lucidité et désir de voir échouer ce qui ne correspond pas à leurs schémas.

L’Histoire ne se répète jamais à l’identique. Elle punit surtout ceux qui refusent de penser la complexité.
Et l’Algérie, qu’on le veuille ou non, ne se pense ni ne se juge à travers des comparaisons faciles. Elle s’impose, lentement, difficilement, mais souverainement.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Le Makhzen dans sa fabrique médiatique d’un ennemi permanent "Algerie" !

 

Dans cette tribune, je fais une  analyse et déconstruit un discours médiatique fondé sur la généralisation et la stigmatisation, qui transforme un différend politique entre États en hostilité supposée entre peuples. Une mise en garde contre la fabrique de la haine et un plaidoyer pour une lucidité politique débarrassée des récits incendiaires. Je constante qu’à force de vouloir dénoncer l’autre, certains éditoriaux finissent par produire exactement ce qu’ils prétendent combattre : la haine. Cet article démonte une rhétorique qui essentialise un peuple, instrumentalise l’histoire et ferme la porte à toute perspective de paix maghrébine.

À force de vouloir dénoncer une hostilité supposée, certains éditoriaux finissent par en devenir l’illustration la plus éloquente. Le texte récemment publié par Assabah, prétendant analyser la relation algéro-marocaine, s’inscrit moins dans une démarche d’éclairage que dans une entreprise de construction d’un ennemi permanent, essentialisé, figé, et privé de toute complexité humaine et politique.

Sous couvert de “dire les choses telles qu’elles sont”, l’édito verse dans une rhétorique de la généralisation, où un régime, des choix diplomatiques, des médias officiels et une société entière se confondent en un seul bloc hostile. Cette confusion n’est ni innocente ni anodine : elle est le carburant classique des discours de rupture, ceux qui transforment les différends politiques en antagonismes civilisationnels.

Du désaccord politique à la stigmatisation d’un peuple

Affirmer qu’« une partie de la société algérienne a grandi dans un imaginaire structuré autour du rejet du Maroc » revient à poser une thèse grave : celle d’une haine transmise culturellement, presque héréditaire. Une telle affirmation, non étayée par des travaux sociologiques sérieux, relève moins de l’analyse que de l’assignation identitaire.

Les sociétés ne sont pas des blocs idéologiques homogènes. L’Algérie, comme le Maroc, est traversée par des courants contradictoires, des mémoires plurielles, des générations en rupture avec les récits officiels. Réduire une population de plus de quarante millions d’habitants à une hostilité “institutionnalisée” est non seulement intellectuellement paresseux, mais moralement dangereux. C’est exactement ce type de discours qui, dans d’autres contextes, a justifié l’exclusion, le mépris et la déshumanisation.

L’histoire comme arme, non comme responsabilité

Le rappel de l’expulsion des Marocains d’Algérie dans les années 1970 constitue un passage central du texte. Ce drame humain est réel, douloureux, et mérite reconnaissance, mémoire et réparation. Mais ici, il est instrumentalisé non pour ouvrir un espace de justice ou de dialogue, mais pour fermer toute possibilité de rapprochement, en assignant une culpabilité collective et transhistorique.

La mémoire n’est pas une massue. Lorsqu’elle est convoquée sans distinction entre les responsabilités politiques d’hier et les sociétés d’aujourd’hui, elle cesse d’être un devoir pour devenir un outil de ressentiment. Aucun peuple ne peut être éternellement tenu pour comptable des décisions d’un pouvoir passé, surtout lorsque ce peuple n’a jamais été consulté.

Le Sahara : la certitude comme stratégie d’exclusion

Le conflit du Sahara est présenté dans l’édito comme une pure fabrication algérienne, un artifice cynique destiné à nuire au Maroc. Une telle lecture, martelée comme une évidence, évacue toute la complexité juridique, historique et internationale de ce dossier, reconnu comme non résolu par les Nations unies.

On peut défendre fermement la position marocaine — et beaucoup le font — sans sombrer dans le déni de toute légitimité de la position adverse. Transformer un conflit politique en preuve absolue de malveillance revient à fermer la porte à toute issue diplomatique et à entretenir un climat de confrontation perpétuelle, au détriment des peuples de la région.

La logique du soupçon permanent : une impasse morale et politique

L’un des aspects les plus inquiétants du texte réside dans sa criminalisation de l’intention. Les gestes de fraternité lors d’événements sportifs seraient feints, les délégations étrangères porteuses d’arrière-pensées, la bonne foi nécessairement naïve. Cette vision paranoïaque du monde n’est pas de la lucidité : c’est une abdication de la raison.

Aucune paix régionale ne peut se construire sur le soupçon généralisé. À ce compte-là, tout échange devient une menace, toute rencontre une manipulation, toute ouverture une faiblesse. Ce discours ne protège pas les intérêts nationaux ; il les enferme dans une forteresse mentale, coupée des sociétés civiles et des dynamiques de rapprochement spontané entre peuples.

Une contradiction fondamentale

L’édito se réclame des valeurs marocaines d’hospitalité, d’ouverture et de fraternité, tout en expliquant qu’il faudrait s’en méfier, les restreindre, les entourer de barrières mentales. On ne peut pas, dans le même souffle, revendiquer des valeurs universelles et considérer qu’un peuple voisin en est par nature indigne.

Les valeurs ne sont pas stratégiques à géométrie variable. Elles perdent toute crédibilité lorsqu’elles sont invoquées uniquement pour se donner le beau rôle, tout en servant de prétexte à la diabolisation de l’autre.

La responsabilité des médias

Dans une région marquée par des décennies de tensions, les médias ont une responsabilité historique. Ils peuvent soit : contribuer à désescalader les récits de haine, soit alimenter une guerre des imaginaires où chaque peuple est sommé de haïr l’autre pour prouver sa loyauté nationale.

Présenter la méfiance comme sagesse et la fermeture comme maturité politique est une erreur grave. La véritable lucidité consiste à distinguer les États des peuples, les régimes des sociétés, les conflits des identités.

Refuser la haine comme horizon

Il est possible et nécessaire de défendre les intérêts du Maroc sans sombrer dans la stigmatisation, sans nourrir une vision essentialiste de l’Algérie et des Algériens. La critique politique gagne en force lorsqu’elle s’accompagne de rigueur intellectuelle et de sens moral.

La haine n’est pas un héritage naturel. Elle est produite, entretenue, rentable pour certains discours. La refuser n’est ni naïf ni faible : c’est un acte de responsabilité.

Alors, un conseil amical au Marocain chroniqueur (bergag sujet) : la prochaine fois qu’il voudra écrire sur l’Algérie, qu’il laisse tomber la morale simpliste et qu’il ouvre un atlas. Cela lui évitera de confondre un conflit géopolitique vieux de 75 ans avec une tragédie de monarchie de poche.

Car l’avenir du Maghreb ne se jouera pas dans la surenchère des éditoriaux incendiaires, mais dans la capacité à briser les récits qui transforment des peuples frères en ennemis héréditaires.

Quelle mascarade, quel gâchis, quelle pitrerie. Il fut un temps ou l’attitude du Makhzen marocain et sa presse locale faisait moins la fière !

A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Le grand mensonge stratégique multipolaire BRICS, Russie, Chine


 Analyse critique de l’illusion du monde multipolaire face à l’hégémonie américaine. Pourquoi les BRICS, la Russie et la Chine échouent à contester l’ordre atlantiste.

Depuis plusieurs années, le discours dominant chez les puissances dites « émergentes » martèle l’avènement d’un monde multipolaire, censé mettre fin à la domination occidentale et à l’ordre atlantiste. Pourtant, l’actualité internationale démontre l’exact inverse : l’hégémonie américaine demeure intacte, non pas par accident, mais par une stratégie cohérente, agressive et assumée.

Les États-Unis restent aujourd’hui la seule puissance capable de combiner projection militaire globale, domination financière, contrôle technologique et guerre informationnelle. Cette supériorité ne repose pas uniquement sur la force armée, mais sur un système impérial complet : dollar comme arme stratégique, sanctions extraterritoriales, OTAN comme bras armé, et alignement politique forcé des alliés européens. Face à cela, les discours sur la fin de l’unipolarité sonnent creux.

Les alliances alternatives — BRICS, partenariats eurasiatiques, coopérations Sud-Sud — sont régulièrement présentées comme des contre-pouvoirs crédibles. Dans les faits, elles ne constituent ni des alliances militaires, ni des blocs politiques unifiés, mais des cadres de coopération économique limités, sans mécanisme de solidarité stratégique. Dès qu’un État entre en confrontation directe avec Washington, ces alliances révèlent leur impuissance.

La Russie, souvent fantasmée comme le principal pôle de résistance à l’ordre atlantiste, agit avant tout selon une logique de réalisme brutal. Elle défend ses intérêts vitaux, pas ceux de ses partenaires idéologiques. Lorsqu’un allié périphérique est menacé, Moscou privilégie l’évitement, la temporisation ou la négociation indirecte. Cette posture, rationnelle militairement, ruine toutefois la crédibilité d’un leadership alternatif capable de fédérer durablement des États souverains face à l’Empire américain.

La Chine, de son côté, incarne une autre forme de renoncement stratégique à court terme. Pékin mise sur la puissance économique, la maîtrise industrielle, la domination technologique et le temps long. Mais en refusant toute confrontation directe avec les États-Unis, elle accepte implicitement les règles du jeu imposées par l’ordre atlantiste. Cette prudence stratégique protège ses intérêts internes, mais sacrifie ses partenaires extérieurs, exposés sans véritable garantie de protection.

Pendant ce temps, Washington applique une ligne constante : empêcher l’émergence de tout bloc souverain capable de remettre en cause son leadership. Cela passe par la fragmentation de l’Europe, la neutralisation des BRICS, la diabolisation systématique des États récalcitrants et la promotion du bilatéralisme contraint, terrain sur lequel les États-Unis écrasent leurs adversaires un par un. Diviser pour régner reste la matrice fondamentale de la géopolitique américaine.

Cette stratégie n’est pas seulement une démonstration de force ; elle révèle aussi une peur profonde : celle de voir, à moyen terme, des puissances continentales transformer leur poids économique en souveraineté stratégique réelle. Mais loin d’adopter une posture défensive, les États-Unis préfèrent frapper en amont, tant que l’asymétrie de puissance leur est favorable.

La leçon est brutale mais claire : la souveraineté ne se délègue pas, elle se construit et se défend. Les États qui misent sur des alliances idéologiques, des promesses multipolaires ou des partenaires prudents se condamnent à l’isolement au moment décisif. Dans l’ordre international réel — et non celui des discours — seuls comptent la dissuasion crédible, l’autonomie stratégique et la capacité à assumer le rapport de force.

Si la Russie et la Chine entendent réellement incarner une alternative crédible à l’ordre atlantiste et défendre l’émergence d’un monde multipolaire, elles ne peuvent plus se contenter d’une posture d’observateurs prudents pendant que leurs partenaires sont attaqués, asphyxiés ou bombardés par les États-Unis et leurs alliés. Washington et l’Europe, eux, ne doutent jamais lorsqu’il s’agit d’intervenir pour protéger leurs intérêts et leurs partenaires stratégiques. Cette différence de comportement envoie un message clair — et profondément dissuasif — à l’ensemble du système international.

Il est évident qu’une aide existe : conseils militaires, soutien stratégique, livraisons de matériel, coopération discrète. Mais cette approche indirecte atteint aujourd’hui ses limites. Elle ne suffit plus à dissuader l’agression. Après l’Iran, c’est le Venezuela qui se retrouve sous pression directe. Demain, quels seront les prochains ? Les États africains de l’AES ? Le Nicaragua ? La Colombie ? D’autres nations jugées trop indépendantes ou trop récalcitrantes ? Jusqu’où cette logique d’intervention unilatérale pourra-t-elle se poursuivre sans rencontrer de réponse claire et assumée ?

La question centrale est simple et brutale : les États-Unis et leur appareil militaire peuvent-ils continuer à frapper les partenaires de la Russie et de la Chine sans jamais faire face à une riposte à la hauteur de l’enjeu ? Si la réponse est oui, alors la multipolarité n’est qu’un slogan vide. Si la réponse est non, alors elle doit se traduire concrètement dans les faits.

Pourquoi la Russie et la Chine, pourtant dotées de capacités militaires majeures et de la dissuasion nucléaire, ne pourraient-elles pas assurer une protection réelle et crédible à leurs partenaires stratégiques ? Peut-on sérieusement imaginer que, si la Chine engageait une action décisive contre Taïwan, les États-Unis resteraient passifs, invoquant la prudence ou le temps long ? L’histoire récente démontre exactement l’inverse.

On ne peut pas revendiquer la multipolarité tout en acceptant que ses alliés soient systématiquement exposés, affaiblis ou détruits. Un monde multipolaire ne se proclame pas, il se défend. Le rapport de force ne changera pas par incantation, mais par des lignes rouges claires, assumées et crédibles.

Il est désormais impératif que la Fédération de Russie et la République populaire de Chine changent de logiciel stratégique. Non pour rechercher l’escalade, mais pour rétablir la dissuasion. L’histoire internationale ne respecte pas les puissances hésitantes. Elle respecte celles qui assument leurs responsabilités lorsque l’agression devient systémique.

Le monde multipolaire n’est donc pas une réalité, mais un champ de bataille idéologique. Tant que ceux qui s’en réclament refuseront d’en payer le prix politique, militaire et économique, il restera un slogan utile pour masquer la persistance d’un empire américain toujours capable d’imposer sa loi.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Maduro arrêté : une façade tombée, un pouvoir intact

La capture de Nicolas Maduro est présentée comme un succès militaire et judiciaire. Mais derrière la façade, les structures de pouvoir vénézuéliennes restent intactes. Une analyse qui explore la continuité du pouvoir, le silence des alliés stratégiques, et les implications pour la souveraineté économique des États.

La capture de Nicolas Maduro a été présentée comme une victoire spectaculaire contre le narco terrorisme. Une « opération brillante », selon Donald Trump. Pourtant, l’absence de combats, la continuité des appareils de pouvoir et le maintien intact de la hiérarchie militaire vénézuélienne invitent à une autre lecture : celle d’un arrangement politique entre élites, mis en scène comme une opération militaire.
Car ce qui frappe, au-delà des images et des déclarations, c’est moins la chute d’un homme que la remarquable stabilité du système qui l’entourait.

Le mythe commode du « Cartel de los Soles »
Au cœur du récit officiel figure le « Cartel de los Soles », présenté comme une organisation criminelle structurée, responsable du narcotrafic vénézuélien et incarnée par Nicolás Maduro. Or, ce cartel n’existe pas en tant qu’entité organisée. Le terme apparaît au début des années 1990 dans la presse, à la suite de l’arrestation de deux généraux de la Garde nationale impliqués dans un trafic de cocaïne. Le jeu de mots fait référence aux « soleils », insignes portés par les officiers supérieurs.
Depuis, les spécialistes du crime organisé n’ont cessé de le rappeler : il ne s’agit ni d’un cartel hiérarchisé, ni d’une organisation centralisée.
InSight Crime parle d’un réseau lâche, fragmenté, traversant certaines unités de sécurité.               

Adam Isacson, du Washington Office on Latin America, souligne l’absence de structure, de commandement unifié et même d’identité collective.                                                                                     
Phil Gunson, de l’International Crisis Group, évoque une expression journalistique devenue catégorie politique.
Or, Nicolas Maduro n’est pas un militaire. Ancien chauffeur de bus et syndicaliste, il n’a jamais porté d’uniforme, ni de galons, ni de « soleils ». Les véritables détenteurs de ces insignes se trouvent ailleurs : au sommet de l’armée, dans les services de renseignement, au cœur de l’appareil sécuritaire qui a survécu intact à son arrestation.

Une opération sans résistance
La manière dont s’est déroulée l’opération renforce cette hypothèse. Des hélicoptères lourds ont survolé Caracas de nuit, en pleine lune, dans des conditions théoriquement défavorables à toute opération spéciale. La capitale vénézuélienne dispose de défenses antiaériennes, de missiles portables, de canons, d’unités loyales au régime.
Pourtant, aucun tir. Aucun affrontement. Aucune tentative de résistance notable.
 
Quelques heures plus tard, le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, apparaît dans une allocution télévisée. Il appelle au calme, met en garde contre le désordre, rassure la population. Il n’est ni arrêté, ni inquiété, ni même marginalisé. Le message est limpide : l’ordre sécuritaire est préservé.
Dans la rue, la réaction est à l’image de cette continuité. Pas de panique, pas de mobilisation massive, pas d’effondrement de l’État. L’arrestation du président ressemble davantage à un changement de façade qu’à une rupture politique.

La continuité de l’appareil militaire
C’est là que se joue l’essentiel. Si l’objectif avait été de démanteler un système criminel enraciné dans l’État, l’armée aurait été la cible principale. Or, elle demeure le pilier du nouvel équilibre. Les figures centrales du pouvoir sécuritaire restent en place. Les structures de contrôle, elles, ne sont pas démantelées.
L’arrestation de Maduro fonctionne alors comme un transfert de responsabilité. Toute la culpabilité est concentrée sur un homme, pendant que l’appareil qui a permis, toléré ou organisé les trafics conserve sa légitimité institutionnelle. Une amnistie de fait, en échange de la stabilité.

Le silence des alliés stratégiques
Un élément frappant de cette séquence est l’absence de réaction publique de partenaires stratégiques de longue date, comme la Russie et la Chine. Si le pétrole continue de circuler, si les contrats tiennent, le reste est secondaire.
On n’est plus en guerre froide. Aujourd’hui : les grandes puissances se concurrencent, mais cohabitent dans des compromis tacites. La capture de Maduro, si elle est bien une opération négociée, s’inscrit dans ce monde-là : pas d’invasion, pas de changement brutal d’alignement, pas de remise en cause globale de l’équilibre. Dans ce contexte, le silence est une forme d’acceptation prudente.
Ce silence n’est ni une passivité ni un soutien explicite à l’intervention américaine. Il reflète plutôt une lecture réaliste de la situation : l’opération visait Maduro, mais n’a pas remis en cause les structures essentielles du pouvoir, ni les accords énergétiques et financiers déjà établis.
Pour Moscou et Pékin, protester bruyamment aurait été coûteux et inutile, tandis qu’observer et conserver les canaux de coopération existants permet de protéger leurs intérêts stratégiques à long terme. Ce calcul pragmatique souligne que la survie des régimes étrangers, même alliés, dépend désormais moins du maintien d’un dirigeant que de la continuité des structures de pouvoir et de la stabilité des flux économiques. Le silence des grandes puissances sert donc à normaliser une transition négociée, tout en préservant leurs positions dans un monde gouverné par les arrangements plutôt que par les confrontations frontales.

Une victoire politique à faible coût pour Washington
Du point de vue des États-Unis, l’opération est efficace. Pas de guerre prolongée. Pas de pertes militaires significatives. Pas de chaos régional immédiat. Un procès à venir, présenté comme une victoire contre le narco terrorisme. Et, à terme, une influence accrue sur un pays possédant les plus importantes réserves pétrolières au monde.
Trois heures après le début de l’opération, Washington annonce qu’aucune autre action n’est prévue. La séquence est close. La guerre, si guerre il y a eu, est terminée avant même d’avoir commencé.
Mais cette efficacité a un prix : celui de la normalisation des arrangements entre élites sécuritaires, au détriment de toute transformation démocratique réelle. L’opposition vénézuélienne hérite d’un État dont les leviers essentiels, armée, renseignement, coercition, échappent toujours au contrôle civil.

Conclusion : la guerre contre la souveraineté
Ce qui se joue aujourd’hui au Venezuela ne peut être réduit à une crise politique interne ni à une simple affaire de droits humains. L’événement s’inscrit dans une dynamique plus large, plus ancienne, qui traverse les relations internationales contemporaines : la tension permanente entre souveraineté économique et intégration forcée aux circuits dominants de la mondialisation.
L’histoire récente fournit des précédents éclairants. Irak, Libye, Syrie : chaque pays qui a tenté de contourner les règles monétaires imposées par le système financier occidental a subi sanctions, chaos interne et interventions militaires, souvent sous des prétextes humanitaires ou sécuritaires. Le Venezuela, détenteur des plus importantes réserves de pétrole au monde, suit une trajectoire similaire en diversifiant ses ventes hors du dollar.

La séquence est souvent la même : sanctions économiques, isolement financier, soutien à des forces politiques internes, puis intervention directe ou indirecte. À l’issue du processus, les ressources réintègrent les marchés mondiaux selon les normes dominantes, tandis que les structures de pouvoir locales sont recomposées plutôt que démantelées.
L’arrestation de Nicolás Maduro n’est donc pas un événement isolé. Elle constitue un épisode supplémentaire d’une guerre discrète contre la souveraineté économique, menée moins par des invasions frontales que par des arrangements, des sanctions et des mises en scène sécuritaires. Une guerre où les peuples paient le prix fort, tandis que les appareils de pouvoir, eux, négocient leur survie.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça https://kadertahri.blogspot.com/
 

CAN 2025 : Si l’Algérie emporte la Coupe, le royaume du Makhzen s’effondre

 


À défaut de produire de l’information, une certaine presse militante marocaine a choisi de produire de l’Algérie. Beaucoup d’Algérie. Trop d’Algérie. À tel point qu’on en vient à se demander si la CAN 2025 se joue réellement sur les terrains marocains ou dans les colonnes fébriles d’éditorialistes obsédés par ce voisin qu’ils prétendent mépriser.
Car le texte qui circule actuellement n’est pas un article. C’est un symptôme. Celui d’un journalisme qui a renoncé aux faits, à la preuve, à la décence, pour se réfugier dans l’invention compulsive et l’insulte répétitive.

L’Algérie imaginaire : mode d’emploi pour éditorialistes en panne : La méthode est simple, presque scolaire :
  1. Imaginer une intention algérienne.
  1. La présenter comme un fait établi.
  1. Répéter l’accusation jusqu’à saturation.
  1. Conclure triomphalement que l’Algérie est obsédée.
Tout commence par une phrase devenue culte : « Il est tout à fait aisé d’imaginer »  Effectivement. Imaginer est facile. Informer, manifestement, beaucoup moins.
Réunions secrètes, consignes occultes, guerre médiatique mondiale dirigée depuis Alger : on ne prouve rien, mais on affirme tout. Le lecteur est invité à applaudir l’imagination, pas à vérifier la réalité.
Ce n’est pas une enquête. Ce n’est pas une analyse. C’est une fan-fiction géopolitique, écrite pour calmer des angoisses internes.

Le Président Tebboune vu par Doctissimo ; Moment d’anthologie : le portrait du président algérien. Non pas analysé politiquement, mais diagnostiqué cliniquement. Obsession, pathologie, folie, haine maladive. Le tout sans source, sans fait, sans honte.
L’éditorialiste ne débat pas : il diagnostique.
Il ne critique pas : il psychiatrise.
Il ne démontre pas : il insulte.
Quand un média en arrive à médicaliser un désaccord politique, c’est qu’il n’a plus aucun argument rationnel à proposer. Ce n’est pas une attaque contre le Président Tebboune. C’est une confession d’impuissance intellectuelle.

L’Algérie, ce pays qui obsède surtout ceux qui en parlent sans arrêt : Le sommet de l’ironie est atteint lorsque le texte accuse l’Algérie d’obsession… tout en ne parlant pratiquement que d’elle. Le Maroc est censé être le héros du récit, mais l’Algérie en est le personnage principal, omniprésent, envahissant, obsessionnellement convoqué.
À ce niveau de fixation, il faudrait peut-être inverser le diagnostic. Une CAN Marocaine réussie n’a pas besoin de passer son temps à expliquer pourquoi son voisin est mauvais. Une confiance réelle n’a pas besoin d’un ennemi imaginaire permanent.

Mépris d'Etat et arrogance coloniale recyclée
   
Le vocabulaire employé à l’égard de l’Algérie est d’une violence rare : pays « handicapé », médias grotesques, État pathologique, régime fou. Ce n’est plus de la critique, c’est du mépris structurel, assumé, revendiqué.
Ce discours ne vise pas une politique précise. Il vise l’existence même de l’Algérie comme État souverain. Quand un média rabaisse un peuple entier pour se rassurer, il révèle surtout sa propre fragilité idéologique.

La CAN prise en otage par la propagande
Le sport africain, censé unir, est ici transformé en outil de règlement de comptes. La CAN devient une scène de théâtre idéologique où l’on joue la pièce habituelle : le Maroc vertueux contre l’Algérie maléfique.
Mais la vérité est brutale : les succès authentiques n’ont pas besoin d’insulter leur voisin pour exister.
À force de politiser jusqu’au ridicule un événement sportif, certains médias finissent par prouver qu’ils n’ont confiance ni dans le sport, ni dans leur propre récit.

Une propagande tellement grossière qu’elle s’auto-détruit
Tout y est : manichéisme, émotion permanente, glorification de soi, diabolisation de l’autre, absence totale de nuance. Une propagande si épaisse qu’elle en devient comique.
Elle ne convainc personne de sérieux.
Elle radicalise les convaincus.
Elle ridiculise ses auteurs.
À force de dénoncer la propagande algérienne, ce texte offre surtout une démonstration éclatante de propagande ratée et surtout expose la peur de l’Algérie de revenir avec le Trophée Africain à partir de Rabat, ce qui engendre sans équivoque la chute du royaume du Makhzen  Voilà la grande peur royale du Maroc.

Conclusion : l’Algérie comme alibi narratif
La presse ne parle pas du Maroc. Elle parle de ce que certains voudraient que l’Algérie soit. Elle ne démontre rien. Elle projette tout. Elle n’affaiblit pas l’Algérie.
Elle expose la faillite d’un journalisme militant en roue libre. L’Algérie n’a pas besoin de l’imagination maladive de quelques éditorialistes pour définir sa politique.

Le Maghreb n’a pas besoin de médias qui transforment la haine en ligne éditoriale.
Et le Marocain mérite infiniment mieux que cette caricature hystérisée du soutien et de la danse Congolaise.

Alors Bonne Année à Tous  mêmes nos voisins proches …

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça https://kadertahri.blogspot.com/
 

1975 : quand le Makhzen confisque la mémoire, la justice recule

 

Les événements de 1975 continuent d’être invoqués comme un levier diplomatique, au détriment de la vérité historique et des victimes réelles. À partir d’une mémoire vécue à Oran, cette tribune        dénonce l’usage sélectif de l’histoire, rappelle les spoliations oubliées et plaide pour une justice                                            fondée sur la réciprocité et la dignité humaine.                                                                                                     
Je lis avec indignation, mais aussi avec responsabilité, certains textes parus récemment dans la presse marocaine au sujet des événements de 1975, présentés sous l’appellation de « Marche noire ». Indignation, parce que la souffrance de familles marocaines arrachées à leur quotidien en Algérie est réelle et ne saurait être niée. Responsabilité, parce que l’instrumentalisation politique de cette tragédie humaine, déconnectée de toute réciprocité historique, ne peut mener ni à la vérité ni à la justice.
Les événements de 1975 sont présentés comme une faute morale unilatérale, une transgression religieuse, voire un crime historique dont l’Algérie porterait seule la responsabilité. Cette lecture, martelée avec insistance, appelle une réponse claire, ferme et engagée. Non pour nier les souffrances réelles vécues par des familles marocaines, mais pour refuser que la mémoire soit instrumentalisée au service d’agendas politiques contemporains.
Je parle ici depuis une mémoire vécue. Mes parents résidaient à Oran en 1975. Ils ont vu des Marocains quitter précipitamment leurs logements, parfois dans la peur et l’incompréhension. Mais ils ont aussi vu — et cela ne figure dans aucun communiqué officiel — des Algériens ordinaires ouvrir leurs portes, partager le peu qu’ils avaient, protéger des voisins devenus soudainement vulnérables. Cette solidarité populaire, spontanée, profondément humaine, contredit frontalement le récit d’une hostilité généralisée et d’une haine d’État transposée mécaniquement aux peuples.
Reconnaître la douleur des Marocains expulsés est une exigence morale. La nier serait indigne. Mais refuser de rappeler l’ensemble des injustices commises dans cette période relève d’une falsification de l’histoire. Car durant ces mêmes années, des centaines de ressortissants algériens ont été expulsés du Maroc, leurs terres et leurs biens confisqués sans indemnisation. Dès le 2 mars 1973, un dahir marocain a nationalisé les terres agricoles et les immeubles appartenant à des personnes étrangères. Les ressortissants européens ou d’autres nationalités ont été indemnisés. Les Algériens, eux, en ont été exclus. Cette discrimination, documentée et persistante, demeure à ce jour sans réparation.
Près de 19 000 hectares de terres agricoles parmi les plus fertiles du Maroc oriental — à Berkane, Ahfir, Oujda, Saïdia, Taourirt, Taza — ont été saisis. Des familles algériennes ont été chassées manu militari, sans procédure contradictoire, sans récépissé, sans possibilité de recours effectif. Certaines ont quitté le Maroc avec pour seuls bagages les vêtements qu’elles portaient. Des cimetières algériens ancestraux, comme celui de Sidi Boubena, subsistent encore de l’autre côté de la frontière, témoins muets d’une présence historique que nul discours officiel ne peut effacer.
Ces faits ne relèvent pas de la rumeur ou de la mémoire orale seule. Ils ont été portés sur la scène officielle. Lors des réunions de la commission consulaire et sociale tenues à Alger en 2003 et à Rabat en 2004, les deux États avaient convenu d’assainir les contentieux liés aux biens spoliés sur la base de la réciprocité. Ces engagements n’ont jamais été honorés. Des démarches officielles algériennes, y compris au niveau ministériel, sont restées sans réponse. Le silence est devenu une politique.
Il faut également rappeler un point systématiquement occulté par les récits dominants : la majorité des Marocains ayant quitté l’Algérie fin 1975 n’étaient pas propriétaires de biens immobiliers, mais locataires de logements appartenant à l’État ou à des tiers. Cela n’ôte rien à la violence psychologique du départ, ni à la brutalité de la décision, mais cela rend abusif le discours généralisé de spoliation patrimoniale présenté comme homogène et juridiquement indiscutable.
Plus grave encore est l’usage cynique du registre religieux. Affirmer que l’expulsion aurait « piétiné l’Islam » parce qu’elle s’est produite le jour de l’Aïd al-Adha relève d’une manipulation émotionnelle assumée. Les États n’agissent pas au nom de la foi, mais au nom du pouvoir. L’histoire du monde musulman, comme celle de toutes les régions du monde, est jalonnée de décisions politiques injustes prises entre coreligionnaires. Sacraliser un événement politique, c’est le soustraire à toute analyse critique et enfermer la mémoire dans une logique de confrontation morale stérile.
La mémoire ne peut être à géométrie variable. Car au-delà des biens des particuliers algériens spoliés entre 1973 et 1975, il existe un autre dossier, encore plus sensible : celui des biens acquis par le FLN et l’ALN durant la guerre de libération nationale. Fermes, maisons, ateliers, infrastructures achetés avec l’argent des Algériens pour soutenir la lutte anticoloniale sur le sol marocain restent aujourd’hui sans statut clair. Leur valeur se chiffre en milliards. Leur sort demeure occulté. Leur évocation dérange, car elle révèle combien le contentieux entre les deux pays est ancien, profond et multiforme — et ne se résume pas à la seule question du Sahara occidental.
Refuser cette complexité, c’est refuser la vérité. Refuser la réciprocité, c’est refuser la justice. Les peuples algérien et marocain n’ont rien à gagner dans une concurrence victimaire orchestrée par des appareils d’État. Ils ont tout à perdre dans la confiscation de la mémoire par des récits nationaux exclusifs.
La réconciliation ne viendra ni des slogans ni des commémorations sélectives. Elle viendra d’un travail historique indépendant, d’une reconnaissance croisée des torts, de la restitution ou de l’indemnisation équitable des biens spoliés, et du respect de toutes les victimes, quelles que soient leur nationalité ou leurs origines.
Les solidarités vécues à Oran, à Oujda, à Roubane ou à Tlemcen existent encore dans les mémoires populaires. Elles démentent les récits de haine. Elles rappellent que les peuples ont souvent été plus lucides, plus justes et plus fraternels que leurs dirigeants. La mémoire doit être une passerelle, pas une arme. Tant qu’elle sera utilisée comme un instrument de pression politique, la vérité restera fragmentée, et l’injustice intacte.

« Par un citoyen algérien, fils de témoins de 1975 »

A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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