Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Petit manuel de l’obsession identitaire: L’Algérien comme alibi de la décadence française:

Soyons rassurés : ce texte tiré de la presse extrémiste de France n’est absolument pas essentialiste. La preuve ? Il commence, continue et se termine en expliquant qu’il ne faut surtout pas généraliser. Et comme chacun sait, dire “je ne fais pas d’amalgame” suffit à annuler immédiatement tous les amalgames qui suivent.

Car enfin, soyons sérieux : quand on parle de « racaille algérienne », de « sous-communauté franco-algérienne », de population entretenue par le pouvoir pour semer le chaos, il ne s’agit évidemment pas de stigmatisation. Non. C’est de la lucidité courageuse. De la sociologie de comptoir, mais avec de grandes phrases.

Le bon Algérien, le mauvais Algérien… et la presse au-dessus de tout ça

Le texte propose une distinction fondamentale, presque humaniste : le bon Algérien travaille, se tait, ne fait pas de vagues et remercie la France, le mauvais Algérien crache sur la France, vit à ses crochets et, cerise sur le gâteau, ferait office de milicien officieux du « pouvoir profond ».

Et l’auteur de ce texte  lui, plane au-dessus de la mêlée. Il voit clair là où les autres sont dupes. Il ne hait pas, il diagnostique. Il ne stigmatise pas, il observe. Admirable.

Le complot : quand tout s’explique sans jamais rien expliquer

Heureusement, le texte nous fournit une grille de lecture simple. Trop simple, peut-être. Mondialisme, oligarchie, 1%, pouvoir profond, guerre civile programmée : inutile de se fatiguer avec des données, des politiques publiques ou des réalités sociales complexes. Tout est déjà écrit, tout est manipulé, tout est voulu.

Et dans ce grand scénario, les Algériens de France occupent une place de choix : à la fois dominés, instrumentalisés, protégés par la justice et autorisés à maintenir le chaos. C’est pratique. Cela permet de dire qu’ils sont victimes… tout en leur reprochant exactement les conséquences de cette prétendue manipulation.

Le système est pervers, certes, mais curieusement, il fait toujours très bien son travail.

L’histoire coloniale : on en parle, mais pas trop longtemps

Attention, le texte n’est pas insensible. Il reconnaît l’histoire douloureuse, les humiliations, les violences. Mais à petites doses. Juste assez pour montrer qu’on est de bonne foi. Pas question toutefois d’en tirer des conclusions gênantes.

Comprenez bien : il faut connaître l’histoire, mais surtout ne pas s’en souvenir. L’évoquer, passe encore. La prendre au sérieux, surtout pas. Ce serait du « pleurnichage ». Et ça, c’est mal.

Une France non arabe, non musulmane,  mais très universelle

Autre moment de bravoure : l’auteur affirme vouloir une France «non arabe, non musulmane   ». Évidemment, ce n’est pas identitaire. C’est juste une France débarrassée des identités visibles. Une France abstraite, idéale, fantasmée, où certains citoyens devront faire un effort supplémentaire pour exister sans déranger.

Mais rassurez-vous : ce n’est pas de l’exclusion. C’est de l’amour exigeant.

La guerre civile qu’on redoute… tout en la racontant déjà

Le texte s’inquiète gravement d’une guerre civile imminente. Et pour éviter qu’elle n’arrive, il adopte exactement le vocabulaire qui la prépare : ennemis intérieurs, milices, chaos, trahisons, communautés dangereuses.

C’est un peu comme jeter de l’essence sur un feu en expliquant qu’on fait ça pour éviter l’incendie.

Conclusion

Ce texte veut passer pour courageux, lucide et anti-système. Il n’est en réalité qu’un catalogue d’obsessions recyclées, emballées dans une rhétorique faussement nuancée. Sous couvert de refuser l’amalgame, il en fait une méthode.

À la fin, le message est limpide :

« Le problème, ce ne sont pas tous les Algériens… mais quand même un peu. »

Et c’est précisément ce genre de discours, prétendument subtil, qui fait tant de dégâts : parce qu’il permet de discriminer sans jamais assumer, de soupçonner sans jamais prouver, et de diviser en se croyant au-dessus de la mêlée.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

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