Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...

Pages

Davos : le théâtre des élites, la France en scène ?

                           

À Davos, la France n’est pas absente. Elle exhibe sa mise en scène comme un animal en cage : discours parfait, costumes impeccables, sourire figé. Mais derrière le décor, le vide est abyssal. La France parle beaucoup, mais pèse de moins en moins.

Les grandes déclarations sur l’autonomie européenne et la puissance française sonnent creuses. Trop visible pour tromper personne, trop calculée pour émouvoir. Davos n’a pas été un sommet, mais un théâtre de pacotille où la France joue sa propre disparition.

Souveraineté, ce mot magique qui brille dans tous les discours mais ne coûte rien, car la réalité est cruelle : chaînes industrielles étrangères, dépendances énergétiques, dépendances numériques, alignement économique quasi servile.

La France de Macron s’est montré ferme et a multiplié les piques à l’encontre de Donald Trump, sans jamais le citer. Il a jugé inacceptable l’utilisation des droits de douane comme un moyen de chantage et a dénoncé un monde désormais régi par la loi du plus fort.

"Ne nous divisons pas, n’acceptons pas un ordre mondial qui serait dicté par ceux qui ont la plus grosse voix, le plus gros bâton", a-t-il déclaré, appelant à ne pas "ouvrir les boîtes de Pandore". Emmanuel Macron a également mis en garde contre "un nouvel impérialisme" et "un nouveau colonialisme", des mots qui devraient parvenir au président américain.

La France parle d’indépendance tout en courbant l’échine devant chaque directive venue d’ailleurs. Les déclarations sur la souveraineté ne sont plus que des illusions décoratives, un artifice pour briller sur scène sans rien changer dans les coulisses.

Duplication et hypocrisie : le génie français : La France à Davos pratique l’art consommé du double discours : Pour les investisseurs : «nous sommes compétitifs, stables, ouverts» « nous sommes éthiques, écologiques, solidaires ». Cette gymnastique verbale n’est pas un paradoxe, c’est un système d’auto-séduction. On applaudit la France pour ses promesses tout en fermant les yeux sur les dégâts réels qu’elle provoque.

Davos est devenu la scène où l’on fait semblant de gouverner, là où l’on vend des illusions au prix fort.

Élites mondialisées : Davos révèle le décalage abyssal entre les élites françaises et le reste du pays. Là-haut, la France est brillante, ambitieuse, résiliente. Ici-bas, elle est fracturée, inquiète, essoufflée.

Le sommet suisse n’est pas une rencontre diplomatique : c’est un miroir grossissant de la France hors-sol, un pays dirigé par des apparatchiks qui confondent prestige international et efficacité nationale.

À Davos, certaines questions ne se posent jamais, un cas de figure : Combien de dépendances stratégiques peut-on accumuler avant de renoncer à toute autonomie ?

Ces questions sont taboues, car elles feraient éclater le récit soigneusement entretenu : la France est souveraine, influente et respectée. En réalité, c’est un fantôme diplomatique applaudi pour son costume.

Davos comme miroir du déni français

La présence française à Davos n’est pas un succès diplomatique. C’est un exercice de déni collectif. On y célèbre un modèle qui ne convainc plus, on y défend un cap qui fragilise le pays, on y applaudit une élite qui se félicite d’elle-même.

La France ne vient plus à Davos pour défendre une vision. Elle vient pour prouver qu’elle en fait encore partie.

Jusqu’à quand ?

À force de confondre visibilité et influence, posture et puissance, discours et souveraineté, la France risque de se réveiller avec une certitude brutale : on peut être partout invité, et nulle ne part décisif.

Davos n’est pas la cause du problème. Davos en est le révélateur. Un révélateur cruel, mais fidèle, d’un pays qui préfère encore les applaudissements internationaux à la confrontation avec sa propre réalité.

Conclusion : jusqu’à quand cette mascarade ?

À force de confondre visibilité et influence, posture et pouvoir, discours et réalité, la France risque de se réveiller avec une évidence brutale : on peut être invité partout, applaudi partout, mais ne jamais être entendu nulle part.

Davos n’est pas le problème : c’est le révélateur impitoyable d’une France qui s’illusionne, tout en se délabrant. Et plus elle applaudit son propre spectacle, plus le monde, et surtout ses citoyens, s’éloignent.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/