France 2026 : les diasporas ont remplacé Dupont-Lajoie et Zemmour le très Français :

On croyait que le racisme était l’affaire exclusive de l’oncle franchouillard et du béret basque ? Surprise : il a changé de visage. Il est né avec les diasporas, il circule sur les réseaux, il se dispute sur les terrains de foot, et il se nourrit de l’histoire qu’on lui sert pour le rendre spectaculaire.

Ah ! La France contemporaine : pays des Lumières, des droits de l’homme et… de la panique multiraciale dès qu’un ballon touche le filet. La finale de la CAN 2026, Maroc contre Sénégal, a été la petite étincelle, et voilà que les réseaux sociaux se transforment en arène de gladiateurs numériques : insultes, menaces, invectives raciales. « Animaux », « macaques », « bougnoules », « esclaves »… Et tout cela en France, pays qui, officiellement, n’a rien à voir avec ce match. Démonstration : le racisme n’a plus de frontières, ni de logique, ni de chronologie.

Le texte français nous explique doctement que les diasporas ont importé le racisme. L’argument est charmant : l’Europe aurait accueilli des populations diverses, et voilà que la société française se transforme en Théâtre de la haine universelle. Les mauvais coupables sont déjà identifiés : pas Dupont-Lajoie, pas le petit Blanc de province, pas le Zemmour de souche non, c’est le jeune Maghrébin, l’Africain francophone, le descendant de l’Afrique subsaharienne. Tout un monde à criminaliser, un écosystème d’ethnies et de croyances à cataloguer, classer, punir… pour l’exemple.

Et puis, bien sûr, il faut sortir l’artillerie lourde de la morale historique. Treize siècles de traite arabo-musulmane, 17 millions de victimes noires, Zanzibar en flammes, esclavage, mutilations. On sert ça aux adolescents marocains et sénégalais nés en France comme un menu dégustation de culpabilité. Histoire, sociologie, football et réseaux sociaux fusionnent dans un cocktail explosif, que la France bien-pensante avale comme du petit lait. Les jeunes insulaires du web ne font que reproduire… mais attention : ce n’est jamais de la responsabilité occidentale, oh non. La faute est toujours ailleurs.

Le pompon arrive avec l’islam, censé transcender tout. Le roi du Maroc, descendant du Prophète, et les soufis sénégalais sont là pour rappeler que la spiritualité existe… mais la magie échoue : l’unité des croyants n’a jamais suffi à contenir la haine raciale. Étonnant, non ? Peut-être que la religion n’a jamais été un manuel de bonnes manières pour le football, ni un antidote aux frustrations sportives.

Le festival continue : les médias français dénoncent les insultes comme si elles étaient des catastrophes nationales, mais passent sous silence le fait que la société a toujours été un chaos organisé. Turcs contre Arméniens, Maghrébins contre Africains, Roms contre tout le monde… La France multiraciale n’a pas inventé le racisme ; elle l’a importé, remixé, digitalisé et décoré avec des hashtags.

Et la touche finale : Emmanuel Macron et ses diasporas heureuses. France 2026 : première diaspora subsaharienne d’Europe, première diaspora maghrébine, première diaspora musulmane… Bravo ! Et maintenant ? On se félicite des records, on distribue des prix moraux et on s’étonne que les jeunes se répondent avec des insultes vieilles de plusieurs siècles. Bienvenue dans la France de l’ironie historique : pays qui accueille et condamne, félicite et accuse, admet et nie, tout à la fois.

Le résultat est limpide : la France contemporaine, celle de la bien-pensance et de l’indignation calibrée, a créé son propre monstre. Le racisme n’est plus ce vieux blanc grognon au repas de Noël ; il a migré, il a appris à tweeter, il connaît les dérives historiques et s’exprime avec style. Il est devenu un feu diffus, multiforme, implacable, qui consume le texte officiel français lui-même avant que vous n’ayez le temps de lever le doigt.

Alors rions, jaune, bien sûr. Rions de ces moralistes qui nous expliquent que la haine est importée, calibrée et visible seulement quand elle touche des communautés qu’ils peuvent pointer du doigt. Rions de cette France qui veut être universelle tout en enfermant ses habitants dans des cages ethniques. Rions… mais brûlons en silence, car le feu est bien réel. Il couve dans les diasporas, dans l’histoire et dans le regard de ceux qui, chaque jour, doivent naviguer entre la réalité sociale et le fantasme moralisateur.

Bienvenue dans la France 2026 : multiraciale, multiraciste et magistralement absurde.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet

« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »   https://kadertahri.blogspot.com/

 

 



 

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